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Afrique : l’Italie en première ligne dans l’investissement

L’Italie est devenue en 2016 le premier investisseur européen en Afrique et troisième à l’échelle mondiale. Dopée par cette performance, Rome a inscrit dans son budget 2017 l’AfricaAct., un fonds de 200 millions d’euros distinct de sa traditionnelle aide au développement. Objectif : substituer une logique d’investissement à celle du don pour favoriser la croissance des pays africains via le triplement des investissements italiens.

Paolo Gentiloni, Premier ministre d'Italie

Paolo Gentiloni, Premier ministre d’Italie

Selon l’OCDE, avec 11,6 milliards d’euros en 2016, l’Italie est le premier investisseur européen sur le continent. Au niveau mondial, la Péninsule est seulement devancée par l’indéboulonnable Chine (38,4 milliards dollars US), et les Emirats arabes unis (14,9 milliards dollars US).

La péninsule doit en grande partie cet excellent classement à l’ENI, sa compagnie d’hydrocarbures, qui a effectué à elle seule 70% de ces investissements. Il faut dire qu’après la découverte d’immenses réserves de gaz naturel au large du Mozambique, ENI a redoublé de chance en Egypte, en découvrant le gigantesque champ gazier méditerranéen de Zohr. Elle est l’entreprise italienne qui a le plus investi en Afrique sur la période, avec plus de 8,1 milliards d’euros. Cette multinationale est présente dans 73 pays à travers le monde dont 14 pays en Afrique : Algérie, Angola, Egypte, Gabon, Ghana, Côte d’ivoire, Kenya, Liberia, Libye, Mozambique, Nigeria, République du Congo, Afrique du Sud et Tunisie. Le groupe italien prévoit d’investir 20 milliards d’euros sur le continent d’ici 2020, ce qui représente environ 60% des investissements prévus durant cette période.

Mais au-delà du secteur pétrolier, l’Italie compte également d’autres groupes sur le continent, notamment dans l’agroalimentaire comme Ferrero. Ce dernier, avec ses marques phares «Nutella» et «Kinder» notamment, vend ses produits dans la quasi-totalité des pays africains et dispose d’entreprises en Afrique du Sud et au Cameroun. Bien plus, le groupe SaliniImpregilo, spécialisé dans le BTP concentre ses activités à l’international en Afrique, principalement en Ethiopie. L’entreprise réalise presque 20% de son chiffre d’affaires en Afrique. La liste des pays destinataires des investissements italiens reste globalement inchangée depuis 2003. Les bénéficiaires sont principalement le Mozambique, le Nigeria, l’Égypte, la Tunisie et l’Afrique du Sud. Les investissements italiens sont principalement destinés au secteur-clé de l’exploitation des ressources naturelles, comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel.

Un fonds doté de 200 millions d’euros

Aujourd’hui, le renforcement de la présence économique italienne sur le continent traduit la volonté manifestée par les dirigeants de la 7ème économie mondiale d’établir un partenariat “gagnant-gagnant” en dehors du schéma souvent décrié de l’aide au développement. Une logique de l’investissement qui se substitue à celle du don pour favoriser la croissance des pays africains. Ainsi, l’Italie a inscrit dans son budget 2017 l’AfricaAct., un fonds de 200 millions d’euros distinct de sa traditionnelle aide au développement qui est passée de 0,19 à 0,21% de son PIB entre 2014 et 2015. La Caisse des dépôts et le ministère des Affaires étrangères espèrent ainsi, par un effet de levier, mobiliser à terme plusieurs dizaines de milliards d’euros pour tripler les investissements italiens et faire de l’Italie un hub pour les investissements en Afrique aussi bien pour ses propres entreprises que pour celles étrangères. L’objectif étant également de mobiliser 10 à 20 fois plus de capitaux afin de propulser les entreprises italiennes, et notamment sa multitude de PME, sur le marché africain.

L’Africa Act. se développe ainsi dans trois directions : des avantages fiscaux pour ceux, Italiens ou non, qui investissent sur le continent en priorité dans les domaines des transports, des infrastructures, de l’énergie et de l’agriculture ; un accès facilité aux crédits pour les investisseurs privés ; et enfin un soutien à la formation, avec notamment un renforcement des échanges universitaires.

Aujourd’hui, Rome ne s’en cache pas : elle veut également être en première ligne dans l’aide au développement sur le continent. L’an dernier, elle a ainsi été à l’origine du Migration Compact., un plan européen qui prévoit jusqu’à 60 milliards d’euros d’investissements à long terme en particulier au Nigeria, en Ethiopie, au Soudan et au Sénégal. « Nous n’avons pas le devoir moral de les accueillir, mais nous avons le devoir moral de les aider. Et de les aider vraiment chez eux. » Cette réponse de Matteo Renzi, l’ancien Premier ministre italien, à la crise migratoire qui voit l’Italie en première ligne avec des prévisions de 200.000 arrivées sur ses côtes d’ici la fin de l’année, dans la très grande majorité des migrants économiques en provenance d’Afrique.

Investissements internationaux OCDE Paolo Gentiloni

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