Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Brasseries du Cameroun : Le nouveau Directeur Général et les défis qui l’attendent

Brasseries du Cameroun : Le nouveau Directeur Général et les défis qui l’attendent

Il n’aura pas un seul instant de répit. L’univers brassicole au Cameroun connait une concurrence qui mousse au jour le jour, tandis que la montée des eaux minérales donne du tournis.

Emmanuel Darodes de Tailly

Emmanuel Darodes de Tailly

Sur son profile LinkedIn, Emmanuel Darodes de Tailly se présente encore comme Directeur régional Océan Indien chez Brasseries Star (Groupe Castel). Sans doute, la pression du temps au regard du challenge qui l’attend au Cameroun l’éloigne de ce nouveau moyen de communication, pour qu’il le mette à jour car, son statut a changé entre temps. Et c’est un communiqué rendu public par les Brasseries du Cameroun qui l’annonce. On y apprend  que le conseil d’administration de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) qui s’est tenu aux Brasseries et Glacières Internationales à Paris le 7 décembre 2016 a nommé Emmanuel De Tailly au poste de Directeur général de la SABC. Le nouveau promu prend fonction le 1er janvier 2017.

Ce patron de la SABC remplace Francis Batista, qui est arrivé au Cameroun en 2013 et que l’on a vu pour la dernière fois, lors de la finale du concours Mützig Star, c’était en mi-novembre 2016. Ce jour-là, le Directeur général sortant a donné des informations précieuses : Les Brasseries du Cameroun  et ses filiales constituent le troisième contributeur aux recettes fiscales du Cameroun, juste après la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et la Société nationale de raffinage (SONARA). La SABC occupe la troisième place parce qu’elle verse par an plus de 300 milliards de FCFA dans les caisses de l’Etat. Le Directeur général sortant détaillait également que sur chaque bouteille de Castel de 65 Cl vendue à 600 FCFA à un consommateur, 291 FCFA vont dans les caisses de l’Etat sous forme des droits d’accises, impôts de société, droits de douanes.

Concurrence féroce

Selon les chiffres publiés en 2015 et qui demeurent d’actualité, la SABC contrôle 78 % de l’industrie brassicole au Cameroun. En 2015, cette entreprise a écoulé 510,43 millions de litres. Ses challengers Union camerounaise des brasseries (UCB) et Guinness Cameroun enregistrent respectivement sur la même période  7,2 % et 14,4 %. Les performances de la SABC, reconnait-on dans cette entreprise, sont en baisse de 5,7 % par rapport à 2014. Et pendant ce temps, il est expliqué que les performances de Guinness Cameroun sont passées de 12 % à 94,3 millions de litres, pendant qu’UCB présente 8, 6 %.La concurrence est donc rude entre les trois grandes entreprises de l’industrie brassicole au Cameroun. Cette concurrence a causé en 2015 une perte de 40 % à la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC) – filiale de la SABC –ce qui représente un montant de 164 millions de FCFA, contre 261, 9 millions de FCFA en 2014. Il faut souligner que le segment eau minérale est littéralement envahi par de nouveaux investisseurs presque de même calibre que la SEMC, sans perdre de vue la prolifération de l’eau en sachet. Chaque entreprise brassicole multiplie les stratégies pour mieux se positionner. Emmanuel de Tailly devra donc remuer ses méninges, certes son entreprise a une longueur d’avance : elle contrôle 78 % des parts de marché de la bière. Pratiquement 59, 1 % du marché des boissons gazeuse sont dans son escarcelle et, malgré leur nombre croissant, 56, 9 % du marché des eaux minérales est géré par l’entreprise que dirige Emmanuel de Tailly.

Défi relevable

Présenté comme un spécialiste du continent africain au travers des postes de directions générale et régionale principalement dans le domaine de la logistique et de l’industrie agroalimentaire, Emmanuel de Tailly, la cinquantaine, a déjà eu des challenges bien plus considérables. A son actif, le redressement et développement de l’activité du Groupe Castel sur la RDC, tableau de bord prospectif sur 3 ans avec retour à l’équilibre, le développement des volumes et des parts de marché de 20% par an, l’amélioration de la productivité de 30% et l’établissement de la rentabilité nette à 12 % lors de sa troisième année en RDC. Le Cameroun est un pays qu’il connait, pour y avoir été de 2000 à 2003, lorsqu’il opérait encore dans la logistique. Il est à sa 12e année au sein du Groupe qui l’emploie au Cameroun.

Emmanuel Darodes de Tailly SABC

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*