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Burkina Faso : Ce qui attend Roch

En transition depuis un an après la démission de Blaise Compaoré suite à l’insurrection de fin octobre 2014, le Burkina Faso a enfin pu se trouver un président légitime à l’issue du scrutin du 29 novembre 2015. Le choix des Burkinabè s’est porté sur Roch Marc Christian Kaboré du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui remporte cette élection au premier tour avec un taux de 53,49%. Et nul besoin de dire qu’il s’agit d’une victoire aux multiples défis au regard de la récente évolution sociopolitique du pays.

Roch Marc Christian KaboreC’est un homme au destin hors du commun à qui les Burkinabè ont décidé de confier la gestion du pays pour cinq ans. Roch Marc Christian Kaboré dont il s’agit a eu un parcours exceptionnel. Directeur de banque, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale et aujourd’hui chef de l’Etat. Ce qui traduit qu’il capitalise une grande expérience de la gestion du pouvoir d’Etat. Mais comme on a coutume de le dire, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Et le nouvel homme fort du pays sait bien qu’il hérite d’un Burkina avec de nombreuses attentes aux plans politique, social et économique. Après 27 ans de stabilité sous le règne de Blaise Compaoré, l’histoire sociopolitique a connu de nombreux soubresauts après son départ sous la poussée insurrectionnelle. Ce tournant de l’histoire a non seulement ébranlé les institutions mais aussi et surtout désarticulé la concorde sociale sans oublier l’affaiblissement du tissu économique.

Le premier grand défi du nouveau président sera donc de rassembler tous les fils du Burkina en cherchant à faire taire les rancœurs à travers une véritable réconciliation nationale. Ce qui suppose pour le nouvel homme fort une grande élévation d’esprit pour savoir concilier les insurgés d’octobre 2014 et les proches de Blaise Compaoré qui sont les frustrés de l’exclusion sous la transition. En ne bénéficiant pas d’une majorité confortable au parlement, le président Roch Marc Christian Kaboré n’aura même pas d’autre choix que de travailler dans le sens de la cohésion sociale sans afficher une quelconque intention d’une justice des vainqueurs. La relance économique et les réponses aux préoccupations sociales des Burkinabè sont aussi des défis immenses à relever au plus vite. Ces derniers temps, ça grogne dans presque tous les secteurs socioéconomiques pour de meilleures conditions de travail et de vie.

C’est dire que le président Kaboré entamera son quinquennat dans un contexte assez difficile. Le fait que le pays ne soit pas plongé dans une crise postélectorale est un véritable gage pour le nouveau chef de l’Etat, déjà adoubé par ses challengers, de démarrer son mandat sereinement après son investiture officielle.

Un autre défi, éviter la guerre des égos

Toutefois, il est tout de même important de souligner que Roch Marc Christian Kaboré a été pendant longtemps un compagnon de lutte de Blaise Compaoré. Un des piliers du régime Compaoré depuis les années 1987, et longtemps considéré comme dauphin, il avait fini par rompre les amarres quand il s’est rendu à l’évidence que tout était mis en œuvre pour sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel devant permettre à Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir. C’est ainsi qu’il démissionne en janvier 2014 du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), l’ex-parti présidentiel qu’il a dirigé pendant plus d’une dizaine d’années pour créer sa propre formation politique. Il faut rappeler que cette démission avait provoqué une onde de choc jusqu’en Côte d’Ivoire voisine qui a tenté, en vain, d’arrondir les angles. C’est avec deux anciens caciques du CDP, Salif Diallo et Simon Compaoré, eux démissionnaires, qu’il crée le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Mais tout le monde est unanime à reconnaitre qu’aucun des trois ne pouvait individuellement résister politiquement à la colère du camp Compaoré qui avait considéré leur départ comme étant une trahison. Maintenant, l’on a en droit de se demander si ce trio qui se livrait régulièrement un combat de clan au sein de leur ancienne formation politique pourra se passer de la guerre des égos pour bien conduire ce quinquennat.

Politique Roch Marc Christian Kaboré

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