Dernières nouvelles
Accueil » Chroniques » M. Sneiba » Dialogue Rebelote

Dialogue Rebelote

Dialogue, dialogue, dialogue. On croyait en avoir fini avec ce refrain pour passer à autre chose mais voilà que l’actualité nous ramène vers ce vocable qui, à la longue, ne signifie plus rien pour nous. Nouveauté tout de même : on lie ce dialogue, plus qu’avant, à la volonté du président Aziz de “caresser” le rêve d’un troisième mandat. Certes, son quinquennat en cours ne finit qu’en 2019 mais ne dit-on pas que les ambitieux doivent se lever tôt ?

Messaoud OuldBoulkheirCette histoire de tripatouillage de la constitution était une histoire de guerre (des tranchées) entre la majorité et ce qu’on appelle communément “l’opposition radicale (FNDU et RFD) mais l’entrée en scène de Messaoud OuldBoulkheir, président de l’Alliance populaire progressiste (APP) a, encore une fois, brouillé les cartes. D’aucuns se demandent quelle carte le vieux leader harratine, que l’on disait pourtant en froid avec Aziz, va sortir de sa “tassoufra” (sac) pour redessiner une scène politique très agitée à agiter.

La rencontre de Messaoud avec Aziz a sans doute permis aux deux hommes de trouver un nouveau compromis (leurs adversaires politiques parlent de compromission) pour reparler d’une même voix. Mais quelle nouvelle «voie» au juste ? Celle qui avait conduit au soutien de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (donc des généraux Aziz et Ghazouani) contre un poste de président de l’Assemblée nationale ou au dialogue de 2011 avec les résultats que l’on sait ?

On disait Messaoud incorruptible et pourtant ses revirements spectaculaires de ces dernières années en faveur du pouvoir (quand il avait soutenu Sidioca contre Ahmed et lorsqu’il renonçait à la lutte pour le “rahil” (départ) soulèvent des interrogations. Des attitudes qui mettent aux prises partisans de la realpolitik et ceux qui accusent Messaoud de faire à chaque fois le jeu du pouvoir.

Seulement, et comme le soulignent fort justement certains observateurs, la donne politique a considérablement changé. Elle manque surtout de visibilité et de…lisibilité. Entre 2008 et 2016, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Les soutiens du pouvoir dans le grand “Charg” (les deux Hodh et l’Assaba) sont difficilement quantifiables aujourd’hui. Les meetings organisés par le FNDU dans ces wilayas “réserves” électorales ont montré que l’opposition a effectué une véritable percée due sans doute aux promesses non tenues du pouvoir mais également à une majorité à l’activité saisonnière, comme le montre la mobilisation en cours pour la visite présidentielle de début mai prochain.

Une visite qui pourrait permettre à Aziz de reprendre la main et de voir si oui ou non il peut réaliser le dessein qu’on lui prête de temps en temps, malgré ses dénégations : forcer la porte du troisième mandat.

Messaoud OuldBoulkheir Mohamed Ould Abdel Aziz Politique

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

error: