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Flexibilité : Le dirham marocain entame la toute dernière ligne droite

Le Maroc s’apprête à entrer définitivement dans l’ère de la flexibilité de son système de change. Ce changement est synonyme de défis pour les entreprises qui doivent s’adapter par rapport à une gestion dynamique du risque de change. Le Groupe Banque Populaire (GBP) a organisé des conférences dans toutes les grandes villes du Maroc pour informer et former les chefs d’entreprise et autres directeurs financiers.

BCP Dirham-marocainDurant la deuxième semaine du mois de mai, le Groupe Banque Populaire (GBP) a mené, tambour battant, une tournée d’Agadir à Tanger, en passant par les principales grandes villes du Royaume. L’objectif était d’échanger avec les opérateurs économiques sur la mise en place d’un système de change flottant pour le dirham.

Au cours de ce cycle de conférences baptisé Cap Market, les experts de la Banque des Marchés des Capitaux (BMC), filiale de la BP, ont pu rassurer les opérateurs sur l’impact qu’aura l’entrée en vigueur du nouveau système probablement en juillet. Pour Nasreddine Lazrak, directeur analyse et recherche de la BMC, les études ont montré que “la probabilité de voir la devise marocaine se déprécier après le flottement est extrêmement faible”. Par conséquent, il n’y a aucune inquiétude à avoir, même si les entreprises sortiront de leur zone de confort pour expérimenter la nouvelle réalité qui suggère une gestion plus active du risque de change. En effet, il est clair qu’il y aura une plus grande volatilité, car le cours du dirham par rapport aux autres devises internationales sera désormais fixé par l’offre et la demande.

Il y aura bien sûr la tendance de fond qui est donnée essentiellement par l’évolution de la balance des paiements, notamment les importations et exportations de marchandises, les recettes touristiques, les transferts des MRE (Marocains résidant à l’étranger), etc. Il s’agit d’autant d’éléments qu’il est possible de prévoir. En revanche, cette flexibilité fait du dirham un instrument d’investissement, voire de spéculation et d’arbitrage. Les spéculateurs et autres arbitragistes ne rateront pas l’occasion de profiter des possibles variations. Par conséquent, il faut s’attendre à ce que des éléments nouveaux viennent perturber la tranquillité du marché de change.

Et c’est pour cela d’ailleurs que “la Banque a mis en place des instruments de couverture adaptés au nouveau contexte qui suggère une gestion dynamique du risque de change”, souligne-t-il.

Après Agadir, d’autres conférences ont eu lieu à Marrakech, Casablanca, Rabat avant d’atterrir à Tanger le 17 mai dernier pour clore ce cycle. Il faut noter que plusieurs dizaines de chefs d’entreprise ont pris part aux séances d’information et de formation sur le nouveau système et les instruments mis en place. Pour beaucoup, c’était l’occasion de calmer leurs nombreuses craintes et appréhensions quant à cette flexibilité qui fait tellement peur.

Car, il est vrai qu’elle constitue une formidable opportunité pour les opérateurs et pour les nombreux intermédiaires, comme elle constitue également un facteur de risques. Certains se rappellent encore des chocs qui ont eu lieu dans les pays asiatiques comme la Thaïlande, mais également la Turquie, le Mexique ou l’Argentine. Cela a mené dans certains cas à l’effondrement d’économies entières à cause de spéculateurs sans scrupule. Parmi ceux qu’on accuse le plus, il y a notamment le milliardaire George Soros qui a eu à faire chuter le baht thaïlandais et occasionner l’une des plus graves crises économiques du siècle dernier.

Plus récemment, l’Egypte a vu sa monnaie chuter de plus de 60% depuis l’entrée en vigueur du nouveau système de change flottant. Ainsi, le dollar qui s’échangeait officiellement à 8 livres est passé à près de 18 livres en l’espace de six mois. Evidemment, le cas égyptien est bien particulier, puisque le cours sur le marché noir au moment de l’adoption du change flottant était déjà de 14 livres pour un dollar.

Juste avant l’Egypte, le Nigeria a également adopté le flottement du naira avec les mêmes conséquences. Le 19 juin, date de l’entrée en vigueur du nouveau système, le naira a perdu 30% de sa valeur. Les autorités monétaires nigérianes ont d’ailleurs été obligées de faire du rétropédalage. Sans le dire officiellement, ils ont maintenu le taux de change à un niveau artificiellement élevé. Résultat: il existe actuellement au Nigeria un marché de change parallèle qui permet d’alimenter les opérateurs économiques, puisque le système bancaire est incapable de les satisfaire convenablement.

Ce qui est loin d’être le cas du Maroc. Le royaume chérifien a réussi à faire en sorte qu’il n’existe pratiquement pas de marché noir, puisque les entreprises sont capables de trouver auprès des banques toutes les devises dont elles ont besoin pour le règlement de leurs opérations d’importation. Aucune pénurie de devises n’est à signaler. Pendant ce temps, au moment où toues les grandes économies du continent migrent vers des systèmes de change plus flexibles, la question se pose de savoir que font les pays de la zone Franc. Ils sont une quinzaine, dont huit en Afrique de l’ouest, six en Afrique centrale et les Comores, à être encore liés à la France. Cela leur procure un certain confort, mais de l’avis de tous les experts, c’est un frein considérablement à leur développement.

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