Dernières nouvelles
Accueil » Editorial » Inadmissibles excès !

Inadmissibles excès !

Le continent progresse. L’évolution de ses grandeurs économiques le montre bien. Ces dernières années, la croissance du PIB est supérieure à la moyenne mondiale, même si on arrive à un tassement avec  la baisse des prix des matières premières. Les indicateurs sont en nette amélioration concernant le climat des affaires, l’éducation, la santé … On compte très peu de crises alimentaires. Tout cela est bien beau, mais il nous reste à exorciser les démons qui nous rongent de l’intérieur. Même dans les pays qui se disent démocratiques et que l’on a tendance à présenter comme des exemples, le mal est bien présent.

En Afrique, savez-vous combien de jours les élèves et étudiants perdent chaque année ? ! Certains pays, comme le Sénégal battent tous les records, la moyenne dépasse les 80 jours, soit plus de deux mois et demi par an, depuis plus de 20 ans. Cela veut dire que le bac+5 n’est en réalité qu’un bac+2.

Mathématiquement, en 18 ans d’études, on en aura perdu trois, voire quatre. Ce phénomène touche absolument tous les autres secteurs. Il ne se passe pas une seule journée sans qu’il n’y ait un mouvement de grève, un décrochage quelque part. Les médecins laissent mourir leurs malades parce qu’ils n’ont pas eu l’augmentation qu’on leur avait promis. Si ce ne sont les magistrats qui quittent leur siège, ce sont les greffiers qui laissent pendant des affaires urgentes à juger. Les transporteurs débrayent à la moindre augmentation du prix du carburant, paralysant des villes entières. Les dirigeants eux ne savent pas  non plus atténuer les tensions par le dialogue. On préfère les extrêmes à la modération. On se cache derrière la justice pour se débarrasser d’opposants, dans les pays qui se disent une démocratie. Dans les autres, on ne s’embarrasse pas de ces détails judiciaires, on fait simplement disparaitre les personnes gênantes. En Gambie, le dictateur Yayah Jammeh, vient d’éliminer purement et simplement trois de ses opposants dans ses prisons.

dictateur Yayah JammehLe siège de la ligue des droits de l’homme relevant de l’Union africaine (UA) à Banjul, la capitale gambienne, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda gambienne de nationalité gambienne, le Sénégal, un pays considéré pourtant comme l’une des démocraties les plus ancrées du continent, n’ont pas levé le petit doigt pour condamner ces assassinats et disparitions. Dans ces conditions, peut-on parler de l’éveil de l’Afrique ? Les taux de croissance économique au dessus de la moyenne mondiale que l’Afrique enregistre depuis le début des années 2000 ne profiteront aux populations que quand nos dirigeants auront accepté le débat démocratique, donc la contradiction. C’est la voie idoine pour lutter contre tous les excès dont la dictature et son principal corollaire la corruption empêchant le continent de décoller.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*