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«Investir dans la jeunesse»

 

Au dernier sommet de l’Union africaine (UA), les chefs d’État africains présents avaient inscrit, à l’ordre du jour de leurs travaux, plusieurs sujets considérés comme “préoccupants” : émancipation de la tutelle étrangère et prise en main de leur destin, sécurité, développement, jeunesse…

Pour le président Alpha Condé, il y a urgence à agir pour “investir dans (la) “jeunesse (qui) constitue aujourd’hui 70% de la population africaine.” Le président en exercice de l’UA détermine ainsi les priorités de l’heure pour l’Afrique mais fixe aussi la part de responsabilité des Etats (incapables de rassurer cette jeunesse quant à son avenir “en Afrique”) et des jeunes eux-mêmes, qui répondent, en toute inconscience, à l’appel de l’Occident de plus en plus fermé à “l’autre”. 

Consacré donc au thème de la jeunesse, le 29ème sommet de l’UA n’a cependant pas creusé, à fond, les défis que rencontre cette frange sociale en quête de son être et de son bien-être.

Il ne s’agit plus de faire des pronostics (les moins de 15 ans représentent 43 % de la population africaine, une telle structure par âge va provoquer une forte croissance de la population active sur le continent au cours des trente prochaines années, situation qui singularisera l’Afrique face à l’Europe, au Japon et à la Chine qui vont connaitre un vieillissement rapide de leur population) mais de poser des actes. Ou, à défaut, les bonnes questions : comment (r)assurer cette jeunesse que son avenir est sur le continent? Comment se donner une « nouvelle crédibilité en termes de gestion des ressources nationales ?

Abordant des questions, tournées vers l’avenir, le président de la Commission africaine, Moussa Faki, espère que l’année 2018 sera « l’année d’un relèvement de l’Union, de son autonomie financière et d’une nouvelle renaissance pour elle ».

Cette déclaration forte, et celle du Guinéen Alpha Condé, ne suffisent cependant pas pour “ménager un présent acceptable et un futur meilleur” à la jeunesse. Parce qu’il s’agit de…déclarations. Qui pourraient n’avoir pas été bien entendues par les 55 délégations présentes au 29ème sommet de l’UA.

“L’Afrique (qui doit) demeurer (le) socle et (la) mamelle nourricière” de cette jeunesse ne dispose pas d’une politique commune en matière de jeunesse. Chaque pays agit en fonction de ses préoccupations et de ses moyens pour “contenir” une jeunesse à l’ambition politique et économique grandissante. La mutualisation des efforts des Etats africains, “en vue de créer un espace africain propice à l’épanouissement de cette jeunesse à travers la transformation essentielle de (ses) systèmes et des méthodes de gouvernance pour une meilleure prise de conscience de l’impératif de l’unité africaine, ainsi que l’interaction politique et économique du continent” peut donc bien être la voie du salut. Un acte à poser comme premier jalon de “l’emploi des jeunes” qui sera le thème central du sommet Union africaine-Union européenne qui se tiendra en novembre 2017 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Alpha Condé Union Africaine

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