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Investissement : Les opérateurs français passent l’Afrique au scanner

Dans les dix prochaines années, les investissements français devraient y croître de 75 %, selon l’étude : « Une Afrique des Afriques » publiée récemment par le cabinet de conseil BearingPoint.

D’ici 2020, les sociétés qui n’auront pas fait leur transition africaine «seront en retard», le cabinet de conseil BearingPoint, qui vient de publier une étude baptisée : «Une Afrique des Afriques». Pour les entreprises françaises, commence par souligner l’enquête, la richesse du pays d’implantation n’est pas un critère décisif. A côté d’économies africaines solides telles que l’Algérie, le Nigeria et l’Afrique du Sud, des puissances plus émergentes comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou encore le Kenya ont le vent en poupe.

En détails, l’analyse des pays de présence fait ressortir la Côte d’Ivoire et le Maroc comme les deux pays les plus cités avec 82% et 74% des répondants respectivement. En Côte d’Ivoire, l’économie est dominée par l’exportation du café et du cacao. Le pays est toujours le premier producteur et exportateur mondial de cacao. Le Maroc ressort comme une évidence pour les entreprises françaises par sa proximité avec la France tant au niveau géographique qu’historique et culturel. Les entreprises françaises s’intéressent depuis longtemps au Maroc pour sa proximité historique, culturelle et en raison aussi du coût du travail intéressant. C’est notamment sur les centres d’appel marocains (service client, etc.) qu’elles s’appuient pour externaliser une bonne partie de leurs activités. L’Algérie et le Nigéria sont cités à 61% et 58% respectivement, s’illustrant par leurs ressources naturelles reconnues au niveau mondial. Le Nigeria, première économie de l’Afrique, est le 1er producteur de pétrole du continent ; et le pétrole y génère près de 95 % des exportations, 80% des revenus fiscaux et un tiers du PIB nigérian. Sept des dix principaux pays cités sont francophones, les 3 autres étant anglophones, dont les deux principales économies du continent, la troisième, l’Egypte, n’étant pas dans ce top 10.

L’Observatoire du développement international 2015 fait ressortir une tendance changeante, puisque l’exploitation des ressources n’est citée que par moins de 10 % des entreprises », note BearingPoint. A l’exploitation des richesses des sols africains, les Français privilégient en effet désormais les investissements dans la distribution. Une préférence guidée par l’augmentation de la consommation des Africains, dont le pouvoir d’achat se consolide. Une classe moyenne émerge sur le continent. Si sa taille divise les experts (qui évoquent 143 à 300 millions de personnes), elle représente un nouveau marché à conquérir. Le marché des télécommunications a accompagné cette montée en puissance des classes moyennes. Sur les cinq dernières années, c’est en Afrique que leur croissance a été la plus rapide.

Avec, en pôle position, les smartphones. Dans les dix prochaines années, leur nombre devrait être multiplié par 5, passant de 70 millions en 2015 à près de 360 millions en 2025. Le secteur bancaire est l’un des plus gros viviers d’innovation, près de 80 % de la population africaine n’étant pas bancarisée. Ces dernières années, plusieurs solutions se sont ainsi développées sur mobile, surtout à l’ouest du continent. Au point que l’Afrique subsaharienne est aujourd’hui la région du monde où les transferts d’argent par téléphone sont les plus nombreux. Que ce soit dans la mode, les technologies, la distribution ou même l’industrie, les sociétés françaises sont surtout en compétition avec des compagnies africaines. Elles «ne sont plus attendues comme avant et ne sont pas spécialement celles qui auront le plus d’opportunités à l’avenir si rien ne change», soutient Bearing Point.

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