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Législatives au Sénégal : Un paysage politique en ébullition

 

Au Sénégal, partis politiques et coalitions se mettent en ordre de bataille. Les prochaines élections législatives, qui se tiendront le 30 juillet, constituent un enjeu majeur avant la présidentielle de 2019.

Macky SallUne certitude, une seule : à l’issue de ce scrutin qui verra s’affronter plusieurs coalitions politiques, rien ne sera plus comme avant dans l’un des rares pays africains où l’alternance démocratique est devenue presque un label. La démocratie sénégalaise s’éprouve en refusant l’immobilisme des positions mais aussi des idéologies. La bipolarité PS-PDS (Parti socialiste/Parti démocratique sénégalais) a volé en éclats pour laisser la place à des coalitions politiques où la société civile et les mouvements citoyens imposent souvent leur vision d’une gestion du pouvoir forcée de revenir aux fondamentaux de la démocratie : le peuple est le moyen et la fin. La chasse aux voix détermine les choix puisqu’ici le bourrage des urnes, encore en cours dans certains pays d’Afrique, n’entache nullement la tradition démocratique sénégalaise.

Macky Sall, qui sera très probablement candidat à sa propre succession en 2019, compte sur la coalition présidentielle Benno BokkYakaar (BBY) pour conserver la majorité aux législatives de juillet prochain et réitérer, en 2019, son triomphe à la présidentielle de 2012 porté à l’époque par l’APR-Yakaar (Alliance pour la République).  Face à lui, l’opposition part en rangs dispersés. Il est même sûr que certaines forces politiques qui n’ont pas choisi de s’allier à la coalition BBY pourraient bien faire allégeance à Macky Sall, quand elles auront prouvé – et éprouvé – leurs poids électoral dans cette élection législative à valeur de test.

Mise sur pied en 2012, la coalition BBY est principalement composée de l’Alliance pour la république (APR), le parti du chef de l’État, du Parti socialiste (PS) d’Ousmane Tanor Dieng, ou encore de l’Alliance des forces du progrès (AFP) de Moustapha Niasse, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Face à cette force politique, le camp de l’ancien président, Abdoulaye Wade, affiche ses ambitions. Il joue même collectif en intégrant la coalition MankoTaxawu Sénégal, qui regroupe, outre le Parti démocratique sénégalais (PDS), de l’ex-président Abdoulaye Wade, Rewmi, la formation de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, le Grand parti de Malick Gakou, ou encore plusieurs «frondeurs» du Parti socialiste (PS), dont la tête d’affiche Khalifa Sall, le maire de Dakar, est incarcérée depuis début mars. Mais le problème de l’opposition réside dans le choix de ses têtes de listes. Si les adversaires de BBY ont pour credo « tous unis contre Macky Sall », ils sont aussi en compétition interne à cause de leurs vieilles rivalités politiques mais aussi des ambitions des valeurs montantes, comme celles de Khalifa Sall, d’Oumar Sarr (le Secrétaire général adjoint du PDS) qui brouillent les cartes du clan Wade. Entre le père et le fils, Abdoulaye ou Karim Wade, le choix sera cornélien…

A la Macron, « Oser l’avenir »

L’avocate AïssataTall Sall s’inspire du « phénomène » Macron en France. Sa coalition. « Oser l’avenir », lancée le 20 mai dernier, est une réplique sénégalaise d’En Marche. La député-maire de Podor prend ses distances du Parti socialiste, dont elle était une des principales figures, et cherche à ratisser large en se disant « ni de BBY, ni de MankoTaxawu Sénégal ». Son ambition présidentielle affichée dépend cependant du score qu’elle réalisera en juillet prochain face à des adversaires qui s’interrogent sur son positionnement politique post-législatives.

Cette « troisième voie » est aussi celle qu’ambitionne la Convergence patriotique d’Abdoulaye Baldé, le député-maire de Ziguinchor. Le président de l’Union des centristes du Sénégal (UCS) est soutenu, dans cette équipée politique par plusieurs anciens ministres d’Abdoulaye Wade, comme Mamour Cissé ou Moustapha Guirassy. Il partage avec Aïssata Tall Sall, cette posture d’opposant aujourd’hui qui peut, demain, décider de rallier le camp présidentiel !

La « jungle » politique sénégalaise renferme aussi d’autres « petites » coalitions qui chercheront, toutes, à « grignoter leur part du marché » fructueux des législatives prélude au partage du gâteau qu’est la formation du gouvernement. Il s’agit de la coalition Joyyanti (« Réorienter ») qui a été dévoilée le 25 mai par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye. Débarqué sans ménagement en septembre 2013, le président du parti Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT) entend notamment incarner une nouvelle opposition à Macky Sall. Les législatives seront-elles pour lui un tremplin vers la présidentielle de 2019 ? L’angle d’attaque que l’ancien Premier ministre a choisi pour critiquer le pouvoir de Macky Sall est celui de la gestion des ressources pétrolières et gazières du pays. Citons enfin, dans cette ébullition politique préélectorale, la coalition « Ndawiaskanwi » («Les fils du peuple », en français) a été mise sur pied par Ousmane Sonko, un ex-inspecteur des impôts, qui a été radié de la fonction publique pour avoir dénoncé, lui aussi, les affaires de pétrole et de gaz.

L’objectif du camp présidentiel sera donc de ne pas se voir imposé une coalition à mi-mandat, ce qui sera un sérieux handicap avant la présidentielle de 2019. 

Macky Sall Politique

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