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Marché du halal. Mille et une opportunités

Le marché du halal concerne un quart de la population mondiale. Dédié à l’origine aux produits agroalimentaires, et spécialement aux produits carnés, ce marché se diversifie et s’étend à d’autres secteurs à fort potentiel à l’export. Dans sa dernière note de veille de mars dernier sur le marché halal, le Conseil national du commerce extérieur (CNCE) du Maroc, un véritable centre national d’intelligence économique et de veille, estime que «les produits halal s’imposent aujourd’hui comme de nouveaux relais de croissance ».

Rayon de produits Halal

Rayon de produits Halal

Dans sa dernière note de veille de mars dernier sur le marché halal, cette institution qui s’avère un véritable centre national d’intelligence économique et de veille, estime que «les produits halal s’imposent aujourd’hui comme de nouveaux relais de croissance. Les industriels tous azimuts, musulmans ou non, multiplient les initiatives pour se positionner sur ce créneau. Le Maroc entend creuser les opportunités qu’offrent ce marché et gagnerait à s’y investir davantage».

L’économie mondiale du halal comprend l’ensemble des entreprises dont les activités se conforment aux principes de la charia, selon le Cnce. Ce dernier note qu’aujourd’hui, les produits et services halal sont de plus en plus attrayants pour les consommateurs musulmans et aussi non-musulmans car ils sont considérés comme des produits d’une qualité supérieure. Selon le rapport 2014 «State of the Global Islamic Economy», publié par l’agence de presse financière Thomson Reuteurs, l’économie mondiale du halal a été évaluée à environ 3 613 milliards de dollars US en 2013 et ce chiffre devrait doubler d’ici l’an 2018. L’économie de ce marché touche plusieurs secteurs : l’alimentation, la finance islamique, l’habillement, le voyage et le tourisme, et les Médias et loisirs.

Agroalimentaire halal

Pour le Cnce, l’industrie mondiale des produits halal, à elle seule, par exemple, est très vaste et prometteuse, mais difficilement accessible vu l’utilisation de normes disparates. Plusieurs pays ont instauré un cadre normatif et réglementaire des produits halal et mandatent des associations ou des organisations gouvernementales pour leur certification. Pour d’autres tels que la Malaisie, l’Indonésie et la Russie, la concurrence s’intensifie et se diversifie. L’autorité de certification se confond généralement avec l’autorité sanitaire. A l’échelle mondiale, il existe deux organismes certificateurs reconnus pratiquement par tous les pays producteurs de halal : «International halal integrity alliance» (Ihi Alliance) et l’Organisation de la conférence islamique (Oci). En Europe, l’organisme certificateur principalement reconnu du continent est «European association of halal certifiers». Par ailleurs, des pays de l’Association des Nations du sud-est asiatique (Asean) à savoir Singapour, Malaisie, Indonésie, Brunei et Thaïlande, ont déjà adopté une réglementation commune. Le Maroc, à travers l’institut marocain de normalisation (Imanor), a mis en place des normes qui régulent non seulement l’abattage et la production de viandes mais également les ingrédients ajoutés dans les produits laitiers, les boissons gazeuses, les céréales ou le miel. L’Imanor est chargé de gérer le système de labellisation halal conformément à la loi 12-06. Ce label est reconnu par les 57 pays membres de l’Oci, puisqu’il respecte le principe de l’unanimité des courants islamiques. Le certificat halal de l’Imanor est un premier pas vers la conquête des marchés halal en croissance même pour les pays non musulmans. Cela nécessite un renforcement de l’offre nationale et un accompagnement des entreprises exportatrices marocaines à l’échelle mondiale. Il s’agit de travailler sur la consolidation de l’image de son label halal et de sa commercialisation. Récemment, l’Imanor a eu sa première reconnaissance par l’autorité malaisienne chargée des affaires islamiques (Jakim). «Cette reconnaissance donne accès au Maroc au marché des pays de l’Asean. Par ailleurs, les Emirats Arabes Unis sont en négociation avec la Malaisie pour la reconnaissance réciproque des deux normes halal ; ce qui ouvre des perspectives supplémentaires pour les exportations marocaines sur le marché émirati», analyse le Cnce.

La course au halal

Selon ce centre marocain d’intelligence économique et de veille, les entreprises brésiliennes et australiennes ont été les premières à adapter leurs offres aux marchés musulmans en installant des chaînes de valeurs intégrées. La Corée du Sud a mis en place son agence spécialisée pour la certification des produits halal en vue de renforcer son accès aux marchés du Moyen-Orient. Pour sa part, le Japon a également obtenu la reconnaissance de sa certification halal par les autorités malaisiennes lui conférant ainsi une ouverture sur plusieurs marchés musulmans. La Chine n’est pas en reste de cette dynamique. Le pays prévoit de faire de la région du Ningxia Hui une plateforme spécialisée du commerce halal aussi bien pour le marché local qu’international. Le gouvernement prévoit donc de mettre en place plusieurs élevages de bétail pour la production des viandes rouges. De plus, l’accord de libre-échange liant la Chine et l’Asean offre un potentiel de développement considérable aux produits chinois sur ces marchés stratégiques.

Le halal alimentaire en pleine expansion

Avec plus de 1,7 milliard de consommateurs musulmans dans le monde, le marché du halal est en plein essor. Il constitue un cinquième du commerce alimentaire mondial et devrait croître annuellement de 14 % entre 2013 et 2030. L’Indonésie est le premier pays consommateur de produits halal. En 2013, sa consommation s’est élevée à près de 190 milliards de dollars US. Le pays est suivi par la Turquie (168 milliards de dollars US), le Pakistan (108 milliards de dollars US) et l’Iran (97 milliards de dollars US). En 2013, ce segment de marché a représenté près de 1 300 milliards de dollars US de recettes et devra atteindre plus de 2 500 milliards de dollars US en 2019. Comparé au reste du monde, le marché du halal est le plus grand marché de la planète, devançant celui de la Chine (776 milliards de dollars US), et celui des Etats-Unis (754 milliards de dollars US).

A l’horizon 2030, la taille de ce marché devrait être multipliée par neuf et la population musulmane dans le monde devrait dépasser les 2 milliards de personnes, soit une progression de plus de 30 % par rapport à aujourd’hui.

Les produits laitiers et avicoles sont les produits phares du marché du halal. Ce sont des créneaux que le Maroc pourrait investir à l’export surtout que le marché national tend vers la maturité. Par ailleurs, d’autres produits affichent des taux de croissance intéressants et pourraient constituer une opportunité pour les exportateurs nationaux. Il s’agit notamment des conserves de poissons, de préparations de fruits et de légumes, de jus de fruits et de condiments et assaisonnements. De plus, les opportunités commerciales sur le marché alimentaire du halal ne se limitent pas à la production d’aliments mais s’étend également sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’agroalimentaire. Elles s’étendent aux intrants agricoles comme les engrais ou les semences ainsi qu’aux prestations de services (installation, transformation, transport…) pour la mise en place d’une chaîne de valeur halal intégrée.

L’Afrique, un grand potentiel pour la finance islamique

Selon le Cnce, la finance islamique en Afrique est encore à un stade embryonnaire. Selon AlHuda center of islamic banking and Eeconomics (Cibe), les actifs de la finance islamique en Afrique sont estimés à 78 milliards USD en 2013, soit 5 % uniquement du total des actifs de cette finance à l’échelle mondiale. La demande en services et produits financiers islamiques est potentiellement forte dans le continent. Elle est présente aussi dans les pays non musulmans tels que le Kenya, la Tanzanie et l’Afrique du Sud. Cette forte demande offre d’importantes possibilités d’approfondissement et d’élargissement des institutions financières islamiques en Afrique.

Au Maroc, Attijariwafa Bank, la plus grande banque du Maroc en termes d’actifs, était la première à créer en 2010 une filiale dédiée à la finance islamique «Dar Assafaa». La banque vise aujourd’hui à transformer cette filiale en une banque islamique à part entière, avec une identité indépendante. Cette institution financière se développera sans partenariat étranger, bénéficiera d’une augmentation de capital de 18,4 millions USD et sera opérationnelle en septembre 2015. En parallèle, la Banque Centrale Populaire et BMCE Bank ont opté pour la création de joint-ventures avec des banques islamiques étrangères. Ces banques marocaines, ayant toutes des filiales africaines, pourraient dans le futur exporter les offres de services islamiques dans les pays d’implantation. Ces banques devraient s’orienter vers le financement et l’accompagnement des industries halal spécialement dans le secteur agroalimentaire qui connaît un grand engouement sur le continent. Le royaume s’est doté, en janvier 2015, d’une loi réglementant les produits financiers islamiques dans le pays. Par l’adoption de cette loi, la finance islamique peut apporter des ressources fraiches au Maroc. Des ressources estimées entre 3 et 7 milliards de dollars venant des pays du Golfe, de la Malaisie, de l’Indonésie mais, aussi, des communautés arabo-musulmanes vivant en Europe.

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