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Maroc-CEDEAO: Qu’est-ce qui attend la CEDEAO à 16 ?

 

Les chefs d'Etat de la CEDEAOEn juin dernier, les chefs d’Etat des 15 pays de la Communauté économique des Etats des l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont donné leur accord de principe pour que le Maroc devienne le 16e membre de l’organisation régionale ouest-africaine. Derrière cette expression « accord de principe », il faut surtout retenir que la phase politique de l’adhésion a été franchie, il reste surtout le volet juridique et technique. Dans un premier temps, il y a une longue série de négociations entre les experts et diplomates marocains et de la CEDEAO. Dans une seconde phase, le Maroc devra mettre à jour son arsenal législatif et règlementaire afin que l’entrée dans l’espace communautaire soit effective.

Ce n’est qu’après cela que l’on assistera à la naissance effective de la 20e économie mondiale. Puisqu’il s’agira d’un PIB de 728 milliards de dollars US, dont 105 milliards représentant le poids de l’économie marocaine et 481 milliards celui du Nigeria. De plus, le nouvel ensemble comptera quelque 383 millions d’habitants donc de consommateurs. C’est une opportunité aussi bien pour les entreprises nigérianes, marocaines, sénégalaises, ghanéennes, ivoiriennes, etc. A coup sûr, plusieurs secteurs économiques devraient tirer leur épingle du jeu, même s’il faut prévenir certaines conséquences pouvant impacter négativement l’une ou l’autre des parties. C’est le cas notamment de l’industrie agroalimentaire que certains pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire cherchent à développer. Le Nigeria sera également confronté au Maroc dans le domaine de l’automobile.

Enfin, la libre circulation des biens et des services est une réalité qui peut être un défi pour le Maroc notamment. Car, les pays de la CEDEAO ont déjà l’expérience de la migration sous-régionale. Au Sénégal, des centaines de milliers de Guinéens sont déjà installés, c’est ce cas en Côte d’Ivoire avec la communauté burkinabé (on parle de 3 millions de burkinabé). Au Nord du Nigeria, les Nigériens sont dans leur deuxième pays de résidence.

Certes, le Maroc est déjà très expérimenté en matière d’immigration, comme en témoigne les deux vagues de régularisation au profit des migrants subsahariens, mais également occidentaux. Cependant, l’adhésion à la CEDEAO peut créer un appel d’air vu que tous les citoyens possèdent le passeport de l’organisation régionale.

Dossier réalisé par Mar Bassine Ndiaye & Anthioumane D. Tandia

 

Une forte implantation dans la finance et les telecoms

Les entreprises du royaume chérifien n’ont pas attendu que le Maroc devienne membre de l’organisation ouest-africaine pour s’implanter dans les pays francophones de la CEDEAO. C’est le secteur financier qui est le plus représenté, cependant les télécoms, les matériaux de construction, les mines, l’industrie pharmaceutique ne sont pas en reste.

En Côte d’ivoire, qui est l’une des vitrines des pays de la CEDEAO, il est difficile de sillonner les rues du centre ville, faire une centaine de pas sans apercevoir une enseigne marocaine ou celle de sa filiale à l’alentour. En effet, au cours des dernières années, plusieurs grands groupes du royaume chérifien ont mis pied dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan.

Dans les chiffres, cela se traduit par des flux financiers relativement importants aussi bien d’après les statistiques de l’Office des changes marocain que ceux de l’Agence ivoirienne d’investissements. Ainsi, pour l’année 2016, d’après l’Office des changes qui se base sur les opérations nécessitant des sorties directes du Maroc vers la Côte d’Ivoire, ce sont 942 millions de dirhams, environ 86,4 millions d’euros, qui ont été injectés dans la première économie de l’UEMOA et la troisième de la CEDEAO, derrière le Nigeria et son voisin Ghanéen. C’est 15% de plus qu’en 2015, année durant laquelle, les investissements marocains étaient de 601 millions de dirhams.

Les chiffres de l’Agence ivoirienne sont en décalage sans doute, parce que les règles retenues pour définir l’origine des flux ne sont pas les mêmes. Ainsi, en 2016, le montant annoncé en provenance du Maroc est de 61 millions d’euros, contre 224 millions d’euros en 2015.

Le secteur financier entre les mains de banques marocaines

Dans le secteur bancaire, les trois groupes marocains : la Banque populaire, Attijariwafa bank et BMCE Bank of Africa sont tous présents. Si BMCE est passé par le Mali pour acquérir le Groupe Bank of Africa, Attijariwafa bank et la BCP ont investi directement en Côte d’Ivoire, à travers respectivement l’acquisition de la Société ivoirienne de banque (SIB) et la Banque Atlantique.

Pour rappel, c’est en décembre 2009 qu’Attijariwafa Bank avait acquis 51% du capital de la SIB avant de monter à 90% en septembre 2015. Cependant, l’accord signé avec le gouvernement ivoirien l’obligeait à vendre 12% à la Bourse régionale des valeurs d’Abidjan et à rétrocéder 3% aux salariés de la SIB. De sorte qu’au final, Attijariwafa bank s’est retrouvée avec 75% du capital de cette filiale. Quoi qu’il en soit, le groupe financier marocain a dû décaisser une somme conséquente pour avoir le contrôle de la SIB. Rien que pour les 39% acquis en 2015, la facture est montée à 33 milliards de FCFA.

Du côté de la Banque Centrale Populaire également l’acquisition de la Banque Atlantique s’est faite en plusieurs étapes. Dans un premier temps, il y a eu l’injection d’1 milliard de dirhams dans le groupe pour assurer son redressement. Ont suivi diverses opérations dont l’acquisition de 15% en 2014, ensuite 10% supplémentaires en 2015. Cette dernière opération a nécessité le décaissement de 22 millions d’euro de la banque publique marocaine.

Dans le secteur des matériaux de construction, il y a non seulement le groupe d’Anas Sefroui qui dispose de trois cimenteries à travers Ciments de l’Afrique (CIMAF), mais Le Groupe Lafarge aussi investit désormais à travers sa filiale marocaine Lafarge Ciment Maroc. Or cette dernière est détenue en grande partie par le Groupe SNI.

Timide percée dans l’industrie

Dans tous les domaines, les filiales d’entreprises marocaines en Côte d’Ivoire existent en grand nombre. Au niveau de l’assurance, le Groupe Saham est désormais une enseigne bien connue depuis qu’il a acheté Collina. Au niveau de l’ameublement, Dolidol dispose d’une usine d’une capacité de production annuelle de 6000 tonnes, soit 1500 matelas par jour.

Last but not least, il y a également Maroc Telecom qui figure parmi les plus gros investisseurs en Côte d’ivoire et dans la CEDEAO grâce à l’acquisition en 2014 des filiales d’Etisalat portant l’enseigne Moov.

Un échec dans l’immobilier

Evidemment, il y a un hic à cette présence marocaine, notamment dans le domaine de la promotion immobilière. Pratiquement aucune des enseignes n’a respecté les délais qui lui étaient donnés pour la réalisation des grands projets immobiliers auxquels tenait tant le gouvernement ivoirien. Ainsi, sur un programme de plus de 22 000 logements dont 5.000 pour la police ivoirienne, 9000 à Koumassi au sud d’Abidjan et 8000 à Locodjro dans la commune d’Attécoubé, pratiquement il n’y a eu aucune livraison. Il a fallu que le roi Mohammed VI se rende en Côte d’Ivoire en mars dernier, pour que le Groupe d’Anas Sefrioui n’annonce dans la foulée la livraison de 113 logements seulement sur un total en construction de 745. Autant dire qu’il s’agit d’une goutte d’eau dans la mer. Et, beaucoup pensent que les dirigeants du groupe immobilier et cimentier se sont fait remonter les bretelles par les autorités marocaines.

Le Groupe Alliances développement immobilier dont le programme en Côte d’Ivoire porte sur un total de 14.000 logements n’est pas plus avancé que son concurrent et compatriote. Evidemment, cela a beaucoup terni l’image du Maroc au niveau de la Côte d’Ivoire et des pays de la sous-région. Mais, les promoteurs immobiliers marocains peuvent évoquer des cas de force majeure. Puisqu’ils sont tous confrontés à des difficultés financières liées au ralentissement du marché dans leur pays, alors même qu’ils avaient contribué à créer une bulle immobilière en favorisant la spéculation foncière. Toujours est-il que pour l’heure c’est le seul véritable couac dans les entreprises marocaines présentes en zone CEDEAO.

Le Sénégal, la porte d’entrée

La Côte d’ivoire n’est qu’un exemple de ce que représente le Maroc dans les pays de la CEDEAO. Certes, en matière d’investissements marocains, le pays de Houphouët a détrôné le Sénégal longtemps considéré comme la porte d’entrée du Maroc en Afrique. Cependant, au pays de la Teranga l’empreinte est bien visible des entreprises marocaines. Tout avait d’ailleurs commencé ici au début des années 2000 quand le président Abdoulaye Wade fraîchement élu a compris tout l’intérêt qu’il pouvait tirer dans la dynamisation des relations avec le Maroc.

C’est ainsi qu’Attijariwafabank a créé une filiale en greenfield avant d’acquérir la Banque sénégalo-tunisienne. Ensuite, très vite le groupe a compris qu’il fallait passer à une étape supérieure en prenant la position de leader sur le marché sénégalais. C’est ainsi qu’il va acquérir le groupe CBAO qu’il fusionne avec Attijari Sénégal s’accaparant ainsi une grande part de marché devant ses concurrents sénégalais.

Aujourd’hui, à Dakar, comme à Abidjan on retrouve toutes les grandes enseignes de banques marocaines, mais également Saham qui est devenu le premier assureur d’Afrique francophone avec plus d’1 milliard de dollars de prime collectées.

Outre le Sénégal et la Côte d’Ivoire, dans les 13 autres pays de la CEDEAO, la présence marocaine est plus remarquée surtout chez les pays francophones, notamment l’UEMOA et la Guinée. Grâce à Maroc Telecom, 34% des investissements marocains dans la zone sont réalisés dans le secteur des télécoms entre 2000 et 2015 selon une étude récente d’OCP Policy Center, contre 40% pour le secteur financier.

Jusqu’à présent, on sent une certaine frilosité concernant les pays anglophones. Cependant, un vent de changement est en train de souffler avec l’investissement de plus de 2 milliards de dollars US que compte réaliser le phosphatier OCP Group au Nigeria dans un complexe de production d’engrais. Il y a également, l’accord portant sur le gazoduc de la côte ouest-africaine devant partir du Nigeria pour terminer en Espagne.

Dossier réalisé par Mar Bassine Ndiaye & Anthioumane D. Tandia

 

 

Maroc : Une longue expérience de libre-échange

 

C’est en 2000 que le Maroc a signé son plus important accord de libre-échange avec son premier partenaire économique qu’est l’Union européenne des 28. Ce qui a permis au royaume d’être suffisamment attractif sur le plan tarifaire pour que les industries automobile, aéronautique, électronique se développent à la vitesse de l’éclair avec une croissance moyenne supérieure à 10% au cours des dernières années. Il n’empêche que les accords de libre-échange sont synonymes de problème pour certains produits et secteurs. Au Maroc, l’acier plat, le papier, la céramique, le contre-plaqué ont beaucoup souffert de l’ouverture tous azimuts au point que des mesures de défense commerciales ont été nécessaires. Au niveau de la CEDEAO, des problèmes similaires pourraient surgir, mais la Cour de justice de l’organisation régionale permet de canaliser les ardeurs…

 

L’Afrique subsaharienne, n’est pas la première partie continent qui s’est vue proposée un accord de libre-échange dans le cadre des fameux accords de partenariats-économiques (APE). Le Maroc est lié à l’Union européenne par un accord d’association à partir de mars 2000, avant que les deux parties ne fassent évoluer leur relation en donnant au Maroc un statut avancé. Le libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne a été établi avec une réduction progressive des droits de douanes, en fonction des secteurs. Puisque, d’une part, il fallait ménager toutes les activités économiques qui risquaient de subir un choc trop violent. D’autre part, la suppression progressive des droits de douanes a permis au budget marocain de s’adapter en conséquence. Finalement ce que tout le monde craignait n’a pas eu lieu. L’arrivée invasive des produits européens qui mettraient en péril l’économie marocaine n’a pas eu lieu.

Mieux, c’est grâce à la mise en place de l’accord de libre-échange que les industries européennes ont commencé à se relocaliser au niveau du Maroc. C’est le cas notamment de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique qui ont connu une croissance fulgurante au cours de ces dernières années.

Depuis donc l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange, il s’est écoulé un peu plus de 16 ans. Et 16 ans, c’est le temps qu’il a fallu au Maroc pour s’imposer comme une puissance montante de l’aéronautique et de l’automobile. Ces secteurs attirent aujourd’hui de plus en plus d’investissements et devraient poursuivre leur croissance durant les prochaines années.

C’est ce qui ressort de l’analyse d’Oxford Business Group (OBG) qui rappelle que le secteur aéronautique était quasi-inexistant au Maroc en 2000. À mi-parcours du Plan accélération industrielle 2014-2020, ce secteur compte 120 entreprises, attirant des géants comme l’américain Boeing. À l’export, ce ne sont pas moins de 7,3 milliards de dirhams générés en 2015 et déjà 5,7 milliards sur les huit premiers mois de 2016.

Pour l’automobile, la montée en gamme devrait rapidement intervenir après l’entrée en service de l’usine de PSA à Kénitra. L’année dernière, le record d’exportations de véhicules a même été franchi avec 316.712 unités (+22,4%).

Certes, c’est l’accord avec l’Union européenne dont la presse parle le plus, probablement parce qu’il implique 28 pays en même temps. Cependant le Maroc est également lié avec tant d’autres pays, parmi les plus grandes économies du monde. C’est le cas, notamment des Etats-Unis, de la Turquie, de la Tunisie, de l’Egypte, les Emirats arabes Unis, la Jordanie, etc.

Evidemment, quand on a autant d’accords de libre-échange, on ne peut pas échapper aux couacs. Beaucoup de secteurs marocains ont connu des difficultés que l’on explique directement par les accords de libre-échange. C’est le cas notamment de la sidérurgie avec le géant Maghreb Steel qui est pratiquement parti en faillite à cause de l’importation de l’acier laminé. Il a fallu que le ministère marocain du Commerce mette en place des mesures conservatoires en évoquant régulièrement le dumping des Turcs, Espagnols ou Egyptiens dont les pays sont liés au Maroc avec des accords de libre-échange. C’est qui a permis à Maghreb Steel de connaître, à partir de 2016, un redressement progressif de ses résultats qui ont été dans le rouge des années durant.

En réalité si le producteur d’acier plat marocain a connu autant de problèmes, c’est parce que Maghreb Steel ne fait pas le poids devant ses concurrents européens, turcs voire égyptiens.

Plusieurs autres produits ou secteurs ont connu des déboires similaires comme le papier, les contre-plaqués, les réfrigérateurs, les cahiers, ou de la céramique. Il a fallu à chaque fois que le ministère du Commerce mette en place des mesures dites de défense commerciales contre le papier portugais, les cahiers tunisiens, les réfrigérateurs turcs, les PVC de l’Union européenne, les carreaux en céramique espagnols, les contreplaqués égyptiens. Tout ceci, au cours de la seule année 2017. C’est dire qu’il y a forcément matière à se protéger, même en cas d’accord de libre-échange.

Pour le cas de la CEDEAO, des difficultés similaires ont surgi entre certains membres. Par exemple, entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal, il se pose actuellement la question de l’importation de l’huile de palme. Les Sénégalais qui ont vu déferler sur leur marché l’huile ivoirienne plus compétitive que l’huile d’arachide, ont évoqué la qualité pour bloquer les importations. Selon le ministère sénégalais du Commerce, les services de santé avait reproché à l’huile ivoirienne de contenir trop d’acides gras saturés.

Mais, on est dans le cadre de la CEDEAO où il existe une cour de justice bien rôdée pour trancher ce genre de litiges, les Ivoiriens n’ont pas tardé à attaquer la décision sénégalaise d’interdire leur produit. De sorte qu’au terme d’une bataille juridique de plusieurs mois, le Sénégal a évité l’humiliation en levant l’interdiction. C’est le président MackySall en personne qui a envoyé un courrier en mars dernier au président de la Cour de justice de la CEDEAO pour l’informer de la levée de l’interdiction.

 

Par MBN

 

 

Au delà du Maroc, un appel du pied au Maghreb

Le fait que le Maroc rejoigne la CEDEAO est également perçu comme un appel du pied aux autres pays du Maghreb, notamment la Tunisie et la Mauritanie. L’Algérie en revanche risque de ne pas s’intéresser à un ensemble similaire, même si l’Union africaine veut que le libre-échange soit une réalité avant cinq ans.

 

A Monrovia, la décision des chefs d’Etat des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) de demander à la Mauritanie de revoir sa copie au sujet d’un éventuel accord d’association a été perçu comme un message clair. En effet, ce pays situé géographiquement en Afrique de l’ouest qui a été l’un des fondateurs de la CEDEAO en 1975 avait choisi de sortir de l’ensemble communautaire en 2000. Pourtant, l’émigration mauritanienne est plutôt orientée vers les pays ouest-africains. Chaque année, ce sont des centaines de millions de Francs CFA qui sont rapatriés des pays limitrophes vers Nouakchott, Rosso, Nouadhibou, etc.

Son commerce extérieur avec le Sénégal, le Mali, la Gambie est autrement plus dense et plus diversifié en comparaison avec les échanges des autres pays du Maghreb. Compte tenu de ce niveau d’intégration avec les pays de la CEDEAO, il était normal que la Mauritanie cherche à se rapprocher davantage de l’organisation régionale. Sauf que les autorités mauritaniennes, ayant fait le choix politique et idéologique de se tourner vers l’Union du Maghreb arabe, ont voulu se limiter à un accord d’association, ce qui n’est pas du goût de la CEDEAO. C’est pourquoi, la demande mauritanienne a été retoquée pour que Nouakchott la reformule en demande de réintégration comme membre à part entière. Pour le moment, Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, occupé à l’organisation d’un référendum pour un changement constitutionnel, ne s’est pas prononcé pour rejoindre la CEDEAO.

Concernant la Tunisie qui a rejoint le COMESA qui est le marché commun des pays de l’Afrique de l’est et du sud de l’Afrique, l’heure est simplement au statut d’observateur au sein de la
CEDEAO. Beaucoup estiment néanmoins que Tunis pourrait être amenée à devenir membre. Il faudra juste que la future expérience du Maroc soit concluante. Seule l’Algérie est exclue du débat pour le moment, puisque c’est l’unique pays du Maghreb dont la stratégie de développement n’est pas basée sur l’ouverture de ses frontières, mais plutôt sur une certaine autarcie. Pour l’heure, l’Algérie évite le sujet et se concentre sur le développement de son industrie visant à remplacer uniquement ses exportations. Aucune véritable politique de développement des exportations n’a été mise en place, c’est ce qui exclut l’idée d’adhérer à une communauté économique régionale. Pourtant, le géant pétrolier d’Afrique du nord sera amené à revoir sa copie, puisque l’Union africaine entend concrétiser le projet de libre-échange dans les 5 années à venir, en tout cas avant fin 2021.

 

Par MBN

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