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Maroc : Mohammed VI inaugure la Fondation des oulémas africains

Avec les attaques perpétrées par les terroristes en France, en Belgique, aux USA, mais aussi au Mali et dans tous les pays de la région des Grands Lacs, on ne peut plus parler de menace djihadiste mais d’un danger réel. Dans ces différents pays, les gouvernements ont privilégié la réponse militaire. Le Maroc vient de démontrer qu’il y en a une autre beaucoup plus efficace : la culture de la tolérance.

le roi mohammed VI et les oulémas africains

le roi Mohammed VI et les oulémas africains

Le dernier acte de cette stratégie dans laquelle le Roi Mohammed VI s’est impliqué en personne, est l’inauguration, mi-juin, d’une instance de concertation entre des oulémas provenant de 31 pays d’Afrique. Au-delà de son inscription dans le déploiement général de la diplomatie marocaine, dans ses différentes manifestations économiques, géostratégiques et religieuses, le fait est si important qu’il nécessite d’être souligné.

Ces oulémas seront appelés à prêcher un islam tolérant et de répliquer ainsi à ceux qui prônent un djihadisme hors-saison et hors contexte. Un « djihad » qui est aujourd’hui non seulement un fléau d’ampleur mondial mais une dénaturation d’un islam que le Maroc cherche à préserver dans son essence d’amour, de tolérance, d’ouverture et de fraternité entre les peuples.

C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire la formation d’imams maliens au Maroc et la création par un décret royal (dahir), le 25 juin 2015, de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains. Fondation qui a été installée par le Roi du Maroc, mardi 14 juin, à la mosquée Al Qaraouiyine de Fès, haut lieu spirituel pour nombre de pays africains.

« Cette fondation ne cherche pas à interférer dans les décisions officielles de leurs pays », précise un communiqué de la Maison royale, mais à leur servir d’appoint. Son rôle de coordination entre quelque 120 théologiens provenant de 31 pays du continent africain sera essentiel pour échanger sur le meilleur moyen d’instaurer un islam de tolérance face à la propagande jihadiste.

Le souverain marocain a tenu à préciser cette mission devant les oulémas membres de la fondation, présents pour l’occasion : «Notre décision de mettre en place cette institution ne fait pas suite à une contingence fortuite, pas plus qu’elle ne vise à réaliser des intérêts étriqués ou éphémères, mais procède plutôt d’une conception intégrée de la coopération constructive et d’une volonté de répondre concrètement aux demandes de nombre de pays africains frères en matière religieuse».

L’influence marocaine en Afrique subsaharienne mais surtout l’estime dont jouit le souverain alaouite, ont facilité la composition du Comité directeur de la nouvelle fondation présidé par le Roi Mohamed VI en personne qui sera secondé par son ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufik, au poste de président délégué.

L’apport de sommités religieuses africaines à un tel projet telles que le professeur sénégalais Ravane Mbaye, lauréat du prix Ibn Khaldoun-Léopold Senghor 2012 qui récompense les meilleures traductions d’ouvrages religieux de l’arabe vers le français, l’historien malien Mahmoud Abdou Zouber, qui s’est illustré dans la sauvegarde des manuscrits de Tombouctou, Ismael Oceni Ossa, président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon et Boubakeur Doukoure, guide spirituel du Burkina, ne sera pas de trop.

Un autre fait qui mérite d’être souligné est la présence de 17 femmes sur 120 membres de la Fondation. Les «mourchidates» (conseillères religieuses), qui bénéficient depuis près de deux décennies de la mise en place d’un enseignement spécifique, démontrent que la femme a un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre les idées extrémistes.

Cette démarche marocaine face à la menace djihadiste est donc à saluer non seulement pour son caractère pacifiste mais aussi parce qu’elle cherche à constituer le début d’une réponse africaine à un fléau d’ampleur mondiale. C’est d’autant plus vrai que des pays ne figurant pas dans la sphère d’influence traditionnelle du Maroc, notamment anglophones, adhèrent à cette idée. C’est le cas de l’Afrique du sud, du Kenya et de l’Angola.

D’aucuns considèrent cependant, à tort ou à raison, que la politique peut gâcher ce que la religion cherche à consolider. Mais seul l’appel à la tolérance lancé par le Maroc, par le biais de la mise en place de cette fondation panafricaine, est capable de résister à l’exaltation de la violence dont l’Etat islamique, Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et autre Boko Haram se présentent comme les porte-flambeaux depuis la déroute de l’organisation mère créée par Ben Laden à la fin du siècle dernier.

Mohammed VI Religion

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