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Mauritanie : La SNIM à l’heure du bilan

La Société nationale industrielle et minière (SNIM) a un nouvel Administrateur-général directeur en la personne de Brahim Ould M’bareck Ould Mohamed Moctar.

Brahim Ould Mbareck Ould Mohamed MoctarLa Mauritanie qui détient 78% du capital de la première entreprise du pays, n’a eu aucun mal à faire accepter cet homme que beaucoup d’observateurs présentent en sauveur. Son fauteuil de ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement sera occupé par Mohamed Abdallahi Ould Oudaa dont le départ de la SNIM est vu comme une disgrâce à moitié. Pourtant, l’homme pense avoir tout fait pour développer la société, quand les prix du fer étaient favorables, et sauver ce qui pouvait l’être au moment où les cours du minerai avaient baissé de près de trois quarts !

Ould Oudaa, quoique conscient de toutes les critiques que lui adressent les travailleurs et l’opposition, a voulu défendre son bilan dans une lettre adressée aux employés de la SNIM (mais dont le destinataire réel ne peut être que l’opinion publique nationale).

Il y livre un bilan «positif» de ses 5 ans à la tête de l’entreprise. Une action à laquelle il prend soin d’associer tous les travailleurs de la société après la «bataille» qu’il a engagée contre eux en 2014 et que d’aucuns considèrent, à tort ou à raison, comme le début de la fin pour lui.

Parmi les «succès» énumérés par l’ancien ADG de la SNIM figurent en bonne place, la forte augmentation du capital passé «de 12,2 milliards d’ouguiyas en 2013 à 182,7 milliards d’ouguiyas actuellement», «la réussite d’un programme de développement et de modernisation à travers la réalisation de 20 projets structurants financés pour 1,6 milliards de dollars US, dont 850 millions de dollars de ressources propres». Ould Oudaa cite également «le chiffre record d’extraction de minerai de fer de 129 millions de tonnes entre 2010 et 2014, avec un pic de 13 millions de tonnes de vente en 2013».

N’empêche que la SNIM traverse actuellement une zone de hautes turbulences dont les raisons ne peuvent être imputables toutes à la baisse des cours mondiaux du minerai de fer. Des difficultés conjoncturelles auxquelles il faut ajouter les vives critiques dont a fait l’objet le management de Mohamed Abdallahi Ould Oudaa à la tête de l’entreprise minière au cours des dernières années.

L’homme est accusé d’avoir entrainé la société dans des investissements qui n’ont rien à voir avec sa raison première. Une diversification qui a été ensuite remise en cause, avec l’arrêt de la plupart des projets que la SNIM avait lancés. Alors que le nouveau siège qu’elle a voulu construire à Nouakchott, pour 15 millions d’euros, est encore à l’état de carcasse en plein centre-ville, elle s’est lancée dans la construction d’un hôtel Sheraton cinq étoiles à jet de pierres du Palais des congrès de Nouakchott. Ses difficultés financières l’auraient poussé à brader sa filiale, Marbre et Granit de Mauritanie (MGM) pour 200 millions d’UM et à céder sa société d’assurances Damane, à peine créée, à la Caisse de dépôt et de développement (CDD).

Très critiqué pour sa gestion de la SNIM, Ould Ouadaa a pu faire valoir, à juste raison, que les investissements réalisés par la société, sur demande de l’Etat, ont bénéficié aux secteurs sociaux de la santé (hôpital de Nouadhibou, Institut de lutte contre l’hépatite de Nouakchott), les routes (avec l’engagement de sa filiale ATTM), l’éducation avec la construction d’une école d’ingénieurs à Aleg et l’énergie (une usine de production de pylônes en béton armée dans cette même ville).

Malgré la crise donc, l’espoir d’une reprise, sur le court terme, est cependant permis. Le prix du minerai de fer a atteint mi-avril le seuil de 60,30 dollars la tonne. Mieux, les indicateurs et les prévisions excluent toute dégringolade de l’acier en-deçà de 53,36 dollars au cours de l’actuelle année 2016. De tels prix permettront au moins à la SNIM d’être à l’abri de toute vente à perte d’ici janvier 2017.

Autre bonne nouvelle : la subvention de 15 milliards d’ouguiyas octroyée à la société en mars dernier par le FMA (Fonds monétaire arabe), sans doute sous forte impulsion de l’Arabie saoudite qui apprécie en ce moment l’engagement de la Mauritanie à ses côtés dans son intervention au Yémen. Certes, il n’existe aucune preuve de la présence de militaires mauritaniens sur les lignes avancées mais ils étaient bien là, aux côtés des Marocains, Sénégalais et autres Soudanais, lors des manœuvres militaires dites «Tonnerre du Nord» engagées le 28 février 2016.

Enfin, le nouveau patron de la SNIM a tenu un discours qui tranche nettement avec celui adopté par son prédécesseur. Tout en soulignant les difficultés que rencontre la société en ce moment, il a tendu la main à des travailleurs qui estiment que les accords mettant fin à la grève de 2014 n’ont pas été respectés.

Brahim Ould M’Bareck Ould Mohamed Moctar Mines SNIM

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