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Phillips Oduoza, Directeur général de UBA

“Notre vision est d’être l’institution financière dominante en Afrique”

Les activités bancaires du Groupe nigérian United Bank for Africa (UBA) dans 19 pays en Afrique, sa situation financière présente et les perspectives de son développement à l’international et son ambitition de devenir une institution dominante sur le continent ont été au centre de cette interview exclusive accordée par Phillips Oduoza, Directeur général de UBA à AFRIMAG.

 

Phillips Oduoza, Directeur Général de United Bank for Africa

Phillips Oduoza, Directeur Général de United Bank for Africa

AFRIMAG : Votre Groupe United Bank for Africa (UBA) est présent dans 19 pays sur le continent, en dehors du Nigeria, vos  transactions représentent aujourd’hui le tiers de vos revenus. Est-ce que cela signifie que vous avez réussi à devenir une banque panafricaine ?

Phillips Oduoza : Nous sommes  satisfaits de  notre réseau panafricain et de  la dynamique récente de notre performance business observée dans les 19 pays africains où nous opérons. Nos opérations en Afrique, en dehors du Nigeria, contribuent aujourd’hui au quart de nos recettes, avec des perspectives encore plus fortes, vu qu’on accroit continuellement notre échelle et notre  part de marché dans les divers marchés. Cela dit, nous  n’allons  pas nous  contenter d’être une banque panafricaine. Notre vision est d’être l’institution financière indiscutable et dominante en Afrique. Malgré notre satisfaction en raison de  notre performance et position en Afrique, nous sommes  plus concentrés sur le futur vu qu’on exécute sereinement nos stratégies de consolidation pour prendre notre part méritée dans les différents marchés en Afrique. 

En 2014, votre branche ghanéenne a de nouveau été le contributeur principal à vos opérations africaines (en dehors du Nigeria), avec 31.6 % du résultat d’exploitation et plus de 60 % des profits. Plusieurs autres branches ont aussi enregistré une forte croissance en 2014: UBA Bénin a vu ses revenus grimper de 126 % à 6.1 milliards de naira. Ceux d’UBA Congo ont aussi plus que doublé, tandis que ses revenus en Côte d’Ivoire, Ouganda et Tchad ont été multipliés par deux. Le groupe enregistre maintenant des pertes seulement dans quatre pays africains comparé à huit, il y a un an. Quelle a été votre stratégie pour atteindre un tel niveau ?

Nous avons un modèle d’entreprise performant, une stratégie claire, et une équipe managériale forte. Bien que le coût relativement élevé de faire des affaires  et d’autres challenges macroéconomiques aient affecté notre profitabilité en Afrique durant les années initiales de notre stratégie d’expansion. Nous sommes restés dévoués et disciplinés dans notre stratégie d’exécution. Nous découvrons de plus en plus d’opportunités communes dans notre marché panafricain, puisque nous y vendons nos produits. Heureusement, les échanges interafricains croissants et le développement des relations économiques des pays africains présentent des opportunités encore plus attractives que celles que nous avions envisagées lors de notre entrée dans la plupart de ces pays. Nos partenariats avec les entités locales des secteurs publics  et privés appropriés nous ont aussi aidés quant à l’exécution de nos stratégies de pénétration de marché. En plus, nous nous appuyons sur les ressources du Groupe ; humaine, technologique et financière pour introduire constamment des innovations dans nos opérations africaines, ce qui  nous offre un bon contexte afin de concurrencer efficacement sur ces marchés.

En 2014, le résultat d’exploitation du Groupe UBA a augmenté de 8.6 %, à 192.45 milliards de naira (environ 859 millions d’euros), les épargnes sont encore stables et le nombre des crédits a grimpé de 14 % à 1071.9 milliards de naira (4.79 Mds euros). Le total du bilan est égal à 12.3 Mds euros. Comment expliquez-vous cette amélioration des indicateurs de votre Groupe ?

Nous avons enregistré une croissance forte de 21 % du résultat d’exploitation durant le premier semestre de 2015, ceci a été  rendu possible grâce  à trois facteurs. Premièrement, nous avons réévalué nos biens pour améliorer leur rentabilité et aussi accru de 9 % notre portefeuille de prêts, donc occasionnant des conditions favorables à une croissance décente du revenu d’intérêts. Deuxièmement, l’amélioration de notre qualité de service a conduit à une hausse conséquente dans le volume des transactions bancaires, avec le bénéfice de frais ainsi que le revenu des commissions en augmentation. Enfin, nous tirons davantage profit de la technologie au service de nos clients à un coût relativement plus bas. Par conséquent, la croissance en résultat d’exploitation est le fruit de notre capacité à générer plus de recettes ainsi que nos gains en efficacité des coûts.

Aujourd’hui, beaucoup d’experts estiment que les banques africaines comme UBA sont en concurrence avec les autres grandes banques étrangères internationales qui perdent même des parts de marché.

Quelle analyse faites-vous de la compétitivité de ces banques africaines ?

C’est un constat intéressant d’apercevoir que des compagnies africaines créées par des locaux soient en compétition avec leurs collègues étrangères. Je veux dire, que cet élan de compétition est aussi étendu à d’autres secteurs hormis celui du bancaire, comme les télécommunications, le pétrole et le gaz, l’industrie, et même dans celui évoluant constamment des biens de consommation où des acteurs régionaux locaux sont en train de devenir des concurrents sérieux aux entreprises internationales.

Je trouve cela très intéressant, parce que de plus en plus d’Africains s’engagent dans l’entreprenariat. C’est crucial de dire que les compagnies africaines sont naturellement avantagées sur  les marchés du continent, pour la simple raison  que nous connaissons nos cultures, nos goûts, nos  besoins, nos marchés, nos politiques et nos économies davantage que nos compétiteurs étrangers. De plus, ayant grandi et importé le capital humain ainsi que la technologie appropriée, et d’autres ressources comme les capitaux au cours de la décennie passée, nous sommes dans des conditions propices à rivaliser efficacement avec les compagnies internationales. Nous sommes une banque africaine avec des services et des ressources globales.

UBA croît également à travers la création de départements ou de branches opérant dans le secteur bancaire des affaires comme UBA Capital. Depuis sa création en 2006, la stratégie mise en place par UBA Capital a été adoptée par plusieurs leaders de compagnies sur le continent. Comment expliquez-vous ce succès ?

UBA Capital était notre filiale d’investissement bancaire, qui offrait des services de conseils en marché de capitaux propres et marché de dettes, financement de projets, gestion des avoirs, échange des actions, et des fondations. Cela dit, nous avons revendu la filiale en 2013, suite au retrait de la licence bancaire universelle par la Banque Centrale et l’interdiction adressée aux banques commerciales de faire des offres d’investissements bancaires. Comme toute scission de filiale, on a alloué les actions de cette ex-agence aux actionnaires sur une base au prorata et listé cette entreprise à la Bourse du Nigeria pour fournir des liquidités et maximiser la valeur pour nos actionnaires. United Capital PLC. est depuis devenue une entreprise cotée  à la Bourse du Nigeria, avec des perspectives excitantes, étant donné qu’elle accroît l’échelle et l’étendue de ses opérations afin de délivrer de la valeur à ses actionnaires. Je dois remarquer que l’impact de la vente sur nos recettes est insignifiant, vu qu’on continue à accumuler les opérations dans l’essentiel de nos affaires bancaires.

UBA est présent à Londres. Cela veut-il dire que votre volonté à être un acteur majeur sur le continent va de pair avec l’ouverture d’une branche dans la capitale Britannique, au cœur du secteur financier global ?

Nous croyons qu’il est pertinent pour nous d’être dans les hubs commerciaux mondiaux pour interconnecter efficacement l’Afrique au monde. Comme banque globale d’Afrique, notre présence à Londres, New York et Paris, nous permet de servir correctement nos clients, comme on poursuit la croissance de notre part de flux d’échanges et de capitaux (Investissement direct étranger et Investissement portefeuille étranger). Notre présence dans ces villes commerciales globales augmente notre habilité à faciliter les échanges et les paiements internationaux, qui sont des services financiers importants pour les ménages et les entreprises africaines.

Phillips Oduoza United Bank for Africa

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