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Pour un secteur secondaire solide

C’est au cours de ce mois d’octobre que le groupe de la Banque mondiale (BM) a publié son rapport sur les matières premières, le fameux Comodities Markets Outlook 2017. On a apprend, sans surprise, que les pays producteurs de matières premières continueront à subir un raffermissement des prix. En un mot, l’ère des prix en hausse continue est bel et bien révolue. Pendant ce temps, les exportateurs africains de pétrole comme le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, le Congo, les producteurs d’or, de cuivre et de bauxite comme la Guinée, le Ghana, le Mali, la Zambie, la RD Congo et tous les autres nombreux à exporter sans aucune transformation leurs matières premières devront attendre que les cours se redressent.

secteur secondaireLa conséquence de tout cela est un ralentissement de la mise en œuvre de projets d’infrastructures nécessaires au développement du continent, mais également une baisse de la croissance aussi bien à court où à long terme. Certains, pays comme le Congo ou la Guinée équatoriale ont d’ailleurs vu leur Produit intérieur brut (PIB) divisé par deux en moins de trois ans. Ainsi, au lieu de 14,18 milliards de dollars en 2014, le Congo n’a enregistré qu’un PIB de 7,83 milliards de dollars. De même, la Guinée équatoriale qui avait encore un revenu de 21,48 milliards de dollars en 2014 n’a plus que 10,18 milliards de dollars.  Même le géant nigérian a vu son PIB stagner sur cette période, toujours à cause de la baisse des revenus des hydrocarbures.

Cette triste situation d’économies africaines fragiles, incapables de faire face à la concurrence internationale se poursuivra tant que le continent ne développe pas son secteur secondaire. Le constat est alarmant. La part de l’industrie dans la valeur ajoutée produite à l’échelle africaine n’atteint jamais 15%. Les seuls pays ayant une industrie au-dessus de la moyenne continentale sont l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte, la Tunisie ou encore Maurice. Cependant, même avec ces derniers, il n’y a pas de quoi se réjouir réellement quand on sait qu’ils importent la quasi-totalité de leurs machines, de leurs voitures et aéronefs, mais aussi une bonne partie des produits industriels de consommation courante.

Aujourd’hui encore, on est obligé de faire le triste constat que le poids de l’Afrique dans les produits manufacturés à l’échelle mondiale peine à dépasser1% depuis plus d’une quinzaine d’années. Alors que la Chine a vu sa part de produits industriels dans la production globale passer de 13% en 2000 à près de 30% aujourd’hui.

Si les pays africains veulent offrir suffisamment d’emplois à une population jeune de 1,2 milliard d’habitants, il leur faudra créer les conditions de développement de leur industrie, au lieu de penser que ce que le reste du monde a réussi à faire lui est inaccessible. Si l’Afrique veut capter la part qui aurait dû lui revenir dans la richesse créée chaque année grâce à son pétrole, son fer, son or, sa bauxite, son cacao, sa noix d’anacarde, etc., il faudra que la transformation se fasse sur place. Nos dirigeants doivent savoir que la seule vraie croissance c’est celle qui commence par le secteur secondaire et qui est insufflée au tertiaire. Le secteur primaire demeurera encore pour longtemps entre les mains des marchés et des traders. Et les prix, comme ils l’ont toujours été, dépendront davantage d’une demande manipulable que d’une offre gouvernée par l’inertie.

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