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Le Sommet africain de Marrakech

A Marrakech, le Sommet des chefs d’Etat africains avait ravi la vedette au vrai sommet, la COP22. Regrouper la quarantaine de présidents et de chefs de gouvernements africains présents, pour harmoniser la position du Continent à cette COP marocaine, était une première. Mais au-delà de cette rencontre entre Africains, des questions éminemment politiques, comme le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA), étaient la symbolique forte de cette initiative du Roi Mohammed VI.

Cop 22 sommet africainPar ce sommet dans le sommet, le Maroc signe de belle manière son retour symbolique au sein de l’Union africaine (UA), en attendant sa réintégration effective qui n’est plus qu’une question de mois ou de semaines. Les chefs d’Etat et de gouvernement présents à Marrakech voulaient d’abord exprimer au Maroc leur solidarité. Pour être le premier pays africain à accueillir la COP (2001), mais aussi pour son leadership dans les relations du Continent avec le reste du monde.

Concernant les questions débattues au sein de la COP, le Roi du Maroc a aussi vu juste : la concertation doit être de mise sur les préoccupations majeures de l’Afrique : Muraille verte, sauvetage des bassins du Congo et du Tchad, énergies renouvelables… Il avait lui-même donné le ton de ces nouveaux rapports en déclarant qu’il ne faut « pas forcer les pays les moins avancés à accepter des décisions qu’ils ne pourront pas appliquer ». Un réalisme qui a fait défaut à toutes les COP précédentes. Pour que la voix de l’Afrique soit entendue. Mais surtout pour que les promesses qu’on lui miroite, comme les 100 milliards de dollars US qui seront décaissés chaque année…à partir de 2020. « Au-delà de l’enveloppe prévue par l’accord de Paris, la présidence marocaine de la COP s’intéresse à la mobilisation des financements publics, à la diversification des montages financiers, et à la facilitation de l’accès aux fonds consacrés au climat», explique le Roi Mohammed VI. Le Sommet africain de Marrakech prépare le prochain Sommet de l’Union africaine au cours duquel les chefs d’Etat et de gouvernement auront à débattre des « projets prioritaires » pour l’Afrique qui « sont d’ores et déjà identifiés», comme le laisse entendre le Président guinéen, Alpha Condé, également coordinateur de l’Initiative pour les énergies renouvelables. En ce sens, il est en phase avec son homologue du Sénégal, MackySall, qui a déclaré, lors du Sommet africain de Marrakech : « ce que nous attendons de nos partenaires, c’est de nous soutenir sur les projets d’énergies renouvelables pour rendre plus compétitif les coûts de production de cette source ».

Retour en force

Par-delà le succès de la COP22, le Maroc signe son retour triomphant au sein de l’UA. Le suivi et l’exécution de l’agenda établi à Marrakech est confié au Roi
Mohammed VI et au président en exercice de l’Union africaine (UA), Idriss DébyItno. Il s’agit, comme on peut le lire dans la déclaration commune fixant les priorités climatiques de l’Afrique, de privilégier l’action sur les intentions.

On reconnait clairement dans cette démarche l’empreinte de Mohammed VI qui, au-delà des relations bilatérales avec les pays africains, œuvre inlassablement pour l’émergence de l’Afrique en tant qu’entité politique, économique et stratégique forte. Le combat que livre le Maroc pour sortir le continent du sous-développement et assurer son ancrage dans l’économie monde fonctionnant en groupes solidaires, n’a rien à voir avec la bataille d’influence pour la maîtrise de l’Union africaine qu’évoquent certains médias.

Certes, Rabat est déterminé à reprendre sa place au sein de l’organisation panafricaine qu’elle avait quittée en 1984 après l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), mais au Sommet africain de Marrakech, la question a été à peine effleurée. Le plus dur a été fait lors du 27ème Sommet de l’UA à Kigali, en juillet, quand 28 Etats ont signé une motion pour « réclamer la suspension des activités de la RASD. L’Algérie, qui dirige une «fronde » contre une telle orientation, aura à faire pour conserver la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA convoitée par le Nigeria.

Alors que l’Algérie joue sur la fibre sécuritaire, le Maroc privilégie l’intégration économique africaine. Rabat a consacré la moitié de ses investissements directs à l’étranger au continent où le Roi
Mohammed VI a récemment multiplié les tournées au sud du Sahara. Avec habileté, il s’est tourné vers l’Afrique de l’est, où l’Algérie cherche aussi des soutiens pour son candidat tchadien pour la présidence de la Commission de l’UA. Le souverain chérifien joue ainsi le pragmatisme (dont fait preuve également l’un de ses nouveaux alliés, le président rwandais, Paul Kagamé), contre le traditionnel axe « idéologique » porté notamment par Alger. Dans une Union africaine, où plus de 70 % du budget de l’organisation provient actuellement de donateurs étrangers, l’on imagine facilement de quel côté peut pencher la balance.

COP 22 Développement durable Environnement

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