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UA : Succession ouverte

Au prochain sommet de l’Union africaine (UA) prévu le 17/01/2017 à Addis Abeba, les cinq candidats à la succession de la sud-africaine Nkosazana Dlamini Zuma sont la botswanaise Pelonomi Venson- Moitoi, le tchadien Moussa Faki Mahamat, l’équato-guinéen Mba Mokuy, la kenyane Amina Mohamed Jibril et le sénégalais Abdoulaye Bathily.

L’élection avortée, au 27ème sommet de Kigali laisse penser que les trois candidats d’alors ne répondaient pas au «profil» recherché ; ou encore que certaines régions d’Afrique estiment que ce poste stratégique devait leur revenir. La « bataille » de Kigali n’ayant pas eu lieu (aucun des trois candidats à la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma n’a obtenu les deux tiers des votes nécessaires lors des trois tours du scrutin), celle d’Addis Abeba sera décisive avec l’entrée en lice de nouveaux champions.

Le choix du futur Président de la Commission africaine sera éminemment politique et stratégique alors que les défis auxquels l’organisation, et le continent dans son ensemble font face exigent de rechercher l’homme (ou la femme) capable d’impulser une réelle dynamique de changement. En cela, chaque candidat a un atout à faire valoir.

La botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, dont le pays est régulièrement placé au premier rang des pays africains en matière de gouvernance et de transparence, selon l’Indice de la perception de la corruption de Transparency International, ne devrait avoir de souci qu’avec le candidat de l’Afrique de l’Ouest, le sénégalais Abdoulaye Bathily ou encore le tchadien Moussa Faki Mahamat.

Historien sénégalais, universitaire et homme politique, plusieurs fois député et ministre, Abdoulaye Bathily a été le chef de file de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT) pendant 29 ans. Son statut de Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la MINUSMA de 2013 à 2014, fondent les espoirs de ses soutiens. Lui met en avant  «l’opérationnalité » de l’architecture de la force en attente  de paix et de sécurité de l’UA. Et justifie sa « candidature (qui) vient en droite ligne de (son) engagement pour les peuples d’Afrique depuis des décennies. »

Seconde femme en lice pour prendre les rênes de l’UA, la Kenyane Amina Mohamed Jibril est loin d’être un simple outsider. Ministre des Affaires étrangères de son pays, depuis le 20 mai 2013, elle a des arguments à faire valoir : sa jeunesse (elle est née en 1961) et son background. Et deux handicaps : les hommes seront-ils prêts à élire une autre femme (après celui peu reluisant de Nkosazana Dlamini Zuma) ? Son statut de ressortissante d’un pays anglophone comme la présidente sortante peut aussi faire réfléchir certains.

Présenté comme le candidat du Tchad et de l’Algérie (contre celui du Sénégal et du Maroc), Moussa Faki Mahamat, 56 ans, dirige la diplomatie tchadienne depuis 2008. Sa longévité à la tête de la diplomatie tchadienne serait son atout. Elle lui aura permis d’avoir une large connaissance des dossiers internationaux, mais aussi du fonctionnement de l’UA dont il a récemment dirigé la session des ministres, le Tchad assurant la présidence en exercice de l’Organisation.

Engagé dans la lutte contre Boko Haram, les djihadistes au Mali…, Déby veut jouer la carte de la sécurité et de la stabilité pour assurer la victoire de son champion.

« L’expérience personnelle dans la gestion des affaires que j’ai acquise dans l’exercice de mes responsabilités internationales, ajoutée à celle de mon pays, m’ont convaincu que tous les rêves que nous pouvons légitimement nourrir pour notre continent et pour ses peuples demeurent des chimères tant que la paix, la stabilité et la sécurité n’auront pas définitivement prévalu », assure le candidat de N’Djamena. Le choix de l’Egypte et de l’Algérie, comme premières étapes de la tournée de Moussa Faki Mahamat, en tant que candidat, conforte cette perception du futur de l’Afrique.

L’Equato-guinéen Mba Mokuy ferme la liste des candidats pour la présidence de l’UA. S’il faut lui trouver un avantage, c’est celui d’avoir engagé la bataille dès le sommet de Kigali. Mais a été éliminé au second round. Aujourd’hui que les compteurs sont remis à zéro, il joue à fond la carte du petit-poucet. Celui qui n’est pas soumis aux rivalités tacites entre les «puissances» politiques, économiques et militaires d’Afrique.

Une seule certitude cependant : Si au premier tour, les soutiens régionaux joueront à fond (la Kényane aura le soutien de l’Afrique de l’est, le Tchadien celui de l’Afrique centrale et le Sénégalais celui de l’Afrique de l’ouest), pour le round fatidique, d’autres calculs stratégiques entreront en jeu.

Politique Union Africaine

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