Dernières nouvelles
Accueil » Economie et entreprise » Table ronde des bailleurs de fonds : Le Burkina entre satisfecit et prudence

Table ronde des bailleurs de fonds : Le Burkina entre satisfecit et prudence

Tenue les 7 et 8 décembre 2016 à Paris, la table ronde des bailleurs de fonds du Burkina Faso pour le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES) a été d’un formidable succès avec des promesses de plus de

18000 milliards de FCFA représentant 330% du besoin de financement initial qui était de 5 570,2 milliards de FCFA. Malgré ces bonnes intentions des bailleurs de fonds, le gouvernement burkinabè ne veut pas se laisser aller à l’euphorie et il tient à éviter un endettement irresponsable.

Le Plan national de développement économique et social (PNDES) est, aux dires du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le référentiel d’orientation stratégique de développement du Burkina Faso à l’horizon 2020. Il est articulé autour de trois principaux axes : la réforme des institutions et la modernisation de l’administration, le développement du capital humain, incluant la santé et l’éducation, la dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi. Il vise entre autres, une croissance annuelle forte de l’ordre de 8%, la réduction de l’incidence de la pauvreté de 40% à 35% d’ici à 2020, le fondements des priorités de développement sur les réponses à donner aux nombreuses aspirations des Burkinabè, la mise en œuvre de politiques d’adaptation appropriées face au changement climatique, notamment l’adoption résolue des énergies renouvelables, le renforcement des partenariats public/privé et les pôles de développement, le renforcement du dispositif sécuritaire indispensable à tout processus de développement.

P- Structure du Programme

LePNDES, il faut le souligner, est un gigantesque programme de développement dont la mise en œuvre nécessite 15 395,4 milliards de FCFA. Pour son financement, le Burkina Faso a décidé de miser sur la mobilisation des ressources internes à hauteur de 9 825,2 milliards de FCFA, soit 63,8% du coût total du plan. Et la table ronde des bailleurs de fonds qui devrait combler l’écart de financement des 5 570,2 milliards de FCFA, soit 36,2% a largement dépassé les prévisions avec des engagements estimés à plus de 18 000 milliards de FCFA. Malgré la grande réussite de cette table ronde, le chef du gouvernement burkinabè, Paul Kaba Thiéba, a la tête sur les épaules. Face aux ‘’bonnes’’ intentions des partenaires de soutenir le PNDES, il prévient que son gouvernement ne va pas se lancer dans une politique d’endettement irresponsable de nature à mettre en péril la souveraineté de la dette publique et la viabilité du cadre macro-économique du pays. Aussi, entend-il d’abord privilégier les dons, ensuite les financements concessionnels et le partenariat public-privé. Pour la mise en route du PNDES, la mobilisation des ressources en interne étant le plus important défi en attendant les processus qui vont aboutir aux décaissements des sommes promises, le gouvernement dit compter sur le civisme patriotique des Burkinabè à payer l’impôt et l’adhésion de tout le monde audit plan au-delà des divergences politiques. Et il compte poursuivre des reformes structurelles nécessaires pour assurer la rentabilité des investissements privés ainsi que des politiques appropriées en matière de défense et de sécurité pour faire face à la menace djihadiste.

benin revelePar ailleurs, la mise en œuvre de ce vaste plan de développement, à en croire le premier ministre, Paul Kaba Thieba, passe par une bonne organisation et à cet effet, il sera créé un secrétariat permanent et un fonds national des études de préparation des projets et programmes (FONEPP) avec une dotation budgétaire de cinq milliards de FCFA.

Par rapport aux promesses faites à la table ronde des bailleurs de fonds, Paul Kaba Thiéba, avertit ses compatriotes que ce n’est pas une sinécure pour obtenir les décaissements des montants promis. C’est pourquoi, son gouvernement devra aussitôt se mettre à la tâche pour préparer, dans de brefs délais, des dossiers et de rentrer immédiatement en contact avec chacun des partenaires en vue de remplir les conditions préalables pour le décaissement des sommes promises. Il s’agit donc de passer à l’étape de formulation des projets conformément aux orientations et au canevas de chaque bailleur de fonds. Ce qui ne manque pas de pousser certains analystes à la prudence et qui pensent que les procédures de décaissements pourraient dépendre de l’actualité politique dans certains pays donateurs où leurs instances politiques comme les Parlements sont très impliquées dans l’aide internationale qu’ils délivrent. Et l’exemple du 11e FED est là pour renforcer les craintes. Annoncé depuis 2013 mais jusque-là aucun euro n’a été décaissé.

Bénin Révélé Développement Politique

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

error: