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Vibrant hommage de la BAD à feu Babacar Ndiaye

Décédé le 13 juillet 2017 au Sénégal, Babacar Ndiaye était le 5e président élu du Groupe de la Banque, élu deux fois, entre 1985 et 1995

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 23 septembre 2017/ — « Au revoir papa, au revoir l’ambassadeur du développement de l’Afrique, repose en paix ». Dans une atmosphère empreinte de forte émotion, le président de la Banque africaine de développement (BAD) (www.AfDB.org), Akinwumi Adesina, a ouvert la cérémonie d’hommage organisée en mémoire de feu Babacar Ndiaye au siège de l’organisation à Abidjan.

Le président Adesina a ainsi annoncé que l’auditorium du siège de la BAD à Abidjan porterait désormais le nom de Babacar Ndiaye.

En présence de la veuve du défunt, Marlyne Ndiaye, de plusieurs de ses enfants, de l’ancien président de la BAD Kantinka Kwame D. Fordwor, de membres des gouvernements sénégalais et ivoirien, de représentants du corps diplomatique à Abidjan, ainsi que de nombreux membres du personnel de la BAD (encore en activité ou à la retraite), M. Adesina a rappelé l’engagement total de feu Babacar Ndiaye au service du développement de l’Afrique.

« Babacar Ndiaye était une icône de la BAD, il était le père, le mentor de chacun d’entre nous, a lancé avec emphase le président actuel du Groupe de la Banque. Il nous a inspirés. Avec lui, l’Afrique a perdu un de ses meilleurs fils » (http://apo.af/BX13uZ).

Le président Adesina a souligné les liens personnels qui l’unissaient à son prédécesseur, rappelant qu’il l’avait connu alors que lui-même travaillait pour l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest (ADRAO), basée à l’époque à Bouaké, en Côte d’Ivoire.

« Babacar Ndiaye avait un fort pouvoir d’attraction, il laisse une empreinte indélébile sur notre continent. Son héritage est immense, car il voyait toujours les choses en grand. Il était tout simplement formidable », a insisté Akinwumi Adesina.

Et d’ajouter : « Pendant la campagne pour la présidence de la BAD, je suis naturellement passé le voir à Dakar. Il m’avait alors réservé un accueil chaleureux. J’en ai profité pour lui présenter les grands axes de ma vision structurée autour des High 5s (http://apo.af/xjqhmW). Il y a tout de suite adhéré et m’a dit : “c’est ce dont l’Afrique a besoin pour se transformer” ».

Une vidéo projetée (http://bit.ly/2xAH57o), peu après l’intervention de M. Adesina, a retracé le parcours de vie du défunt et son ascension professionnelle à la BAD qui l’avait recruté en 1965, soit une année seulement après sa création.

Arrivé dans l’institution parmi les premiers cadres africains, il en a ensuite gravi les échelons pour devenir progressivement chef de division, directeur, vice-président chargé des Finances, puis président en 1985. Babacar Ndiaye a été le premier président de la BAD, reconduit à l’issue de son premier mandat.

C’est également sous son magistère que l’institution financière panafricaine a obtenu, en 1984, sa première note « triple A ».

L’ancien président avait aussi été l’artisan de l’augmentation du capital de la banque en 1987, lequel a bondi de de 6 milliards à 23 milliards de dollars EU – soit une hausse de 200 % – après avoir entériné le processus d’ouverture du capital de la Banque à des États non africains. C’est lui également qui a fait entrer la Banque sur les marchés financiers internationaux.

« Babacar Ndiaye a accompli un immense travail au service de la BAD et de l’Afrique. Il prônait toujours et partout l’excellence. Nous lui devons d’avoir érigé la BAD en une institution crédible et respectée sur la scène internationale », a déclaré Donald Kaberuka, ancien président de la BAD (2005-2015), dans un message lu en son nom par le directeur de la Communication et des relations extérieures de la BAD, Victor Oladokun.

Un bâtisseur d’institutions

Au-delà son investissement total pour le rayonnement de la BAD et pour doter la doter de fondations solides, Babacar Ndiaye aura œuvré à la mise en place de grandes institutions panafricaines, telles que la Banque africaine d’import-export Afreximbank, Shelter Afrique, ou encore la Table ronde des hommes d’affaires d’Afrique. Venus du Caire, de Lagos et de Nairobi, des émissaires ont été spécialement dépêchés par ces organisations pour assister à la cérémonie d’hommage, jeudi.

« Sans Babacar Ndiaye, des capitaines d’industries africains comme Aliko Dangote ou Michael Ibru ne seraient, sans doute, jamais devenus ce qu’ils sont aujourd’hui. Babacar Ndiaye aura mis toute sa conviction et sa persévérance au service du monde des affaires africain. Nous lui resterons éternellement reconnaissants », a affirmé Bamanga Tukur, président de la Table ronde des hommes d’affaires d’Afrique.

Christopher Edordu, président-fondateur d’Afreximbank, a souligné les qualités de visionnaire du défunt, qui ont lui permis de ne rien céder à l’afro-pessimisme de l’époque quant à l’opportunité de financer le commerce en Afrique.

« La gestation d’Afreximbank a pris plus de six ans. Là où d’autres auraient abandonné, Babacar Ndiaye a fait preuve de persévérance et de patience. Il croyait fermement en l’avenir du commerce africain, à un moment où cette conviction était bien peu partagée. En voyant ce que nous sommes devenus aujourd’hui, il faut reconnaître qu’il a été un vrai visionnaire », a expliqué Christopher Edordu.

En réalité, ce n’est pas la seule fois que le 5e président élu de la BAD aura eu raison contre tous. En effet, alors même que le logement et l’habitat n’étaient pas encore au cœur des enjeux urbains et de développement en Afrique, il avait encouragé la création de Shelter Afrique (http://apo.af/suKTZn), institution dédiée au financement du logement abordable sur le continent.

D’après APO

Babacar Ndiaye BAD

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