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Afrique de l’Ouest et du Centre : « De l’école à l’emploi », une réponse à la crise de l’apprentissage

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La Banque mondiale a dévoilé sa nouvelle stratégie régionale pour l’éducation. Intitulée « De l’école à l’emploi : un parcours pour les jeunes d’Afrique de l’Ouest et Centrale ».  Cette stratégie est axée sur les investissements afin d’améliorer les apprentissages et fournir aux jeunes les compétences nécessaires pour décrocher des emplois productifs. Celle-ci, en guise de réponse à la «crise de l’apprentissage», à laquelle est confronté le système éducatif des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, a été approuvée, lundi 27 juin 2022, à Accra, par les gouvernements concernés.

Dossier réalisé
par Miche Dare,
Mohamed Sneiba &
Anthioumane D. Tandia

C’était lors d’une réunion tenue à Accra, au cours de laquelle la Banque mondiale a dévoilé sa nouvelle stratégie régionale pour soutenir l’éducation (2022-2025) dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Intitulée «De l’école à l’emploi : un parcours pour les jeunes d’Afrique de l’Ouest et Centrale», cette stratégie est axée sur les investissements afin d’améliorer les apprentissages et fournir aux jeunes les compétences nécessaires pour décrocher des emplois productifs.

Fondée sur des données factuelles, des retours d’expérience et des consultations avec diverses parties prenantes à l’échelle mondiale et régionale, elle décrit les principaux défis et présente les priorités stratégiques, les options politiques et les interventions à haut niveau d’impact pour accroître l’accès à l’éducation, en améliorer la qualité, et doter les jeunes de compétences adéquates pour le marché du travail. La stratégie présente plusieurs caractéristiques uniques par rapport à l’engagement habituel de la Banque mondiale. En effet, l’éducation pouvant produire un dividende démographique, la stratégie se concentre sur le renforcement des systèmes éducatifs, sur l’identification des défis et des nouvelles interventions susceptibles de surmonter les obstacles à l’amélioration des résultats de l’éducation dans des contextes de fragilité, de conflit et de violence, et sur l’utilisation des technologies et des innovations de pointe pour accélérer les progrès.

La région à la traîne 

Malgré les progrès réalisés en matière d’accès à l’éducation ces dernières années, la région reste à la traîne par rapport au reste du monde. En moyenne, seuls 31% des enfants de la région bénéficient des programmes d’éducation de la petite enfance. Les enfants ne vont pas tous à l’école primaire et les taux de scolarisation dans le secondaire sont nettement inférieurs à ceux des autres régions. Avec 20% des enfants en âge d’être scolarisés qui ne vont pas à l’école, la région Afrique de l’Ouest et du Centre compte le plus grand nombre d’enfants non scolarisés au monde. La couverture insuffisante de l’enseignement dans le passé explique la présence d’un grand nombre d’adultes peu instruits au sein de la population active dans toute la région.

Le secteur de l’éducation est sous-financé dans la plupart des pays de la région. Seuls six pays en Afrique de l’Ouest et du Centre consacrent au moins 4% de leur PIB  à l’éducation, soit la limite inférieure de la fourchette de 4 à 6% qui caractérise les pays dotés de systèmes éducatifs performants. Les pays les moins bien dotés en ressources ont dépensé en moyenne seulement 2,3% de leur PIB pour l’éducation en 2017-2018. La pandémie de Covd-19 a exacerbé bon nombre des problèmes chroniques des systèmes éducatifs de la région Afrique de l’Ouest et du Centre, mettant en péril les progrès durement acquis à ce jour. Au pic de la pandémie, 101 millions d’apprenants n’ont pas pu assister aux cours en présentiel et la plupart n’ont pas pu apprendre en ligne en raison du manque d’accès et des problèmes de connectivité à l’Internet.

Aujourd’hui, à travers son portefeuille grandissant dans le secteur de l’éducation, la Banque mondiale a appuyé les pays de l’Afrique de l’Ouest et Centrale dans leurs réponses à leurs besoins en matière d’éducation. Le portefeuille actuel est constitué d’opérations en cours de mise en œuvre pour un montant de 3 milliards de dollars et d’opérations en cours de préparation pour un montant de 2 milliards de dollars, au titre de l’Association internationale de développement et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Le montant total cumulé des engagements annuels a triplé depuis 2018. Plus d’un tiers des investissements en cours viennent en appui à l’éducation de base, tandis que les deux tiers restants financent le développement des compétences, l’enseignement supérieur, les réformes sectorielles, l’enseignement secondaire et l’éducation de la petite enfance. Les opérations en cours de préparation sont davantage axées sur l’enseignement secondaire et les compétences, mais l’enseignement de base y garde une place importante. Certains des projets les plus récents visent à aider les pays à faire face à l’impact négatif de la crise de Covid-19 sur l’éducation. L’engagement annuel de la Banque mondiale dans l’éducation dans la région de l’Afrique de l’Ouest et Centrale a triplé entre 2018 et 2021, passant de 400 millions de dollars à 1,2 milliard de dollars. Selon la Banque mondiale, la performance des opérations du portefeuille de l’éducation a été positive, à en juger l’évaluation de son Groupe d’évaluation indépendant et d’autres paramètres de suivi des projets. Entre 2014 et 2019, il a évalué que 75 % des projets d’éducation en Afrique de l’Ouest et Centrale ont eu une performance modérément satisfaisante ou meilleure.

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