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BAD, un modèle de résilience

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Les 60ème assemblées annuelles de l’institution panafricaine se sont tenues les 26 et 27 août 2020 par visioconférence pour la première fois de son histoire. L’épilogue de ces assemblées fut la réélection de l’actuel président de la banque, le nigerian Akinwumi Adesina pour un second mandat de cinq ans. Mais combien fut semé d’embûches, pour l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture, le sentier qui le mena à cette consécration.

Une année 2020 si particulière

L’année 2020 fut particulièrement éprouvante tant pour l’institution panafricaine que pour son dirigeant. En effet, dès le mois de janvier la crise économique due à la Covid-19 annonça les prémices d’une année qui aura sans doute tout d’exceptionnel.

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Akinwumi Adenisa, président de la BAD

Akinwumi Adenisa, président de la BAD

Les pays africains membres de la BAD vite ébranlés par la crise eurent à l’instar de tous les pays du monde besoin d’un plan de relance. L’institution panafricaine ne manqua pas à cette urgence comme le rappelait l’homme aux nœuds papillons dans son discours : «En ces temps très durs, le conseil d’Administration de la banque s’est mobilisé pour soutenir le continent. La banque a ainsi mis à la disposition des pays africains une facilité de 10 milliards de dollars US. Par ailleurs, nous avons émis sur le marché international 3 milliards de dollars d’obligations sociales, soit la plus grande émission de l’histoire, de ce type d’actifs financiers».

La banque fut en ce début d’année aussi marquée par les accusations de mauvaise gouvernance et de violation du code d’éthique faites à son dirigeant par un collectif de lanceurs d’alerte en interne. Un long feuilleton qui se solda par le blanchiment du président Akinwumi Adesina par une commission d’enquête indépendante dirigée par l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson.

Résolument tourné vers l’avenir

C’est dans ce contexte sulfureux qu’a été réélu l’ancien cadre de la Fondation Rockefeller pour un ultime mandat de cinq ans et à l’unanimité. En effet, il a reçu les faveurs du vote des 81 États membres de la banque dont les 54 pays africains. Et le nigérian est d’ores et déjà résolument tourné vers l’avenir. Comme ne manqua de rappeler celui qui mena durant cinq ans (2010-2015) la politique agricole du Nigeria, l’Afrique possédera 65% des terres arables du monde à l’horizon 2030. Les efforts seront donc davantage soutenus pour développer ce secteur stratégique au continent.

En réalité, le bilan du nigérian parle pour lui. Aujourd’hui, plus de 18 millions d’âmes jouissent de l’électricité sur le continent. Par ailleurs, 141 millions de personnes bénéficient de nos jours des technologies agricoles les préservant de l’insécurité alimentaire. Quelque 15 millions autres de personnes ont accès aux services financiers, 101 millions de personnes ont accès à des infrastructures de transport modernes et 60 millions bénéficient d’un accès à l’eau potable ainsi qu’à de meilleurs soins de santé. Pour réaliser toutes ces ambitions nobles, la banque a dû effectuer la plus grande augmentation de capital de son histoire, soit 115 milliards de dollars. Une des raisons sans doute pour lesquelles certains pays membres du conseil d’Administration, notamment les États-unis ont dû juger le nigérian trop «complaisant » dans ses choix d’investissements quand bien même l’institution panafricaine reste encore l’une des rares au monde à conserver sa note AAA des plus grandes agences de notation.

Un nouvel horizon s’ouvre pour la banque et son dirigeant jusqu’en septembre 2025. Il va falloir cependant, comme le suggère les États-unis dans une note récente de Steven Mnuchin, Secrétaire américain au Trésor, renforcer davantage la politique de gouvernance de l’institution. Cela contribuerait à limiter les risques de survenance d’autres scandales qui à long terme pourraient ternir l’image de la banque.

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