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Bénin : un miel 100 % écoresponsable freine la déforestation et les feux de brousse

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Au Bénin, des coopératives agricoles proposent équipement et formation à leurs membres pour développer la production de miel et remédier à la déforestation.

560 apiculteurs du centre et du nord ont amélioré leurs revenus avec cette activité alternative à l’exploitation forestière.

La plantation d’anacardiers associée à la production du miel contribue à la reforestation.

KINNOU-KPANOU, Benin, le 5 avril 2022 — Dans les supermarchés de Cotonou, les bocaux de miel «Flora» rencontrent un vrai succès auprès des consommateurs. Mais ce que les citadins ignorent souvent, c’est qu’en achetant ce produit naturel, conditionné à plus de 450 kilomètres de la capitale économique, dans le village de Komiguéa, ils contribuent au dynamisme économique et à la préservation de l’environnement de toute une région.

Les rayons de miel livres par la coopérative apicole de Kinnou-Kpanou doivent être traités selon des procédés standardisés pour garantir la qualité du produit fini.
© Gnona AFANGBEDJI/Banque mondiale

L’aventure a commencé il y a une dizaine d’années lorsque le Centre intégré d’apiculture tropicale (CIAT), promoteur de la marque Flora, s’est mis à acheter directement les rayons de miel auprès des coopératives d’apiculteurs du centre et du nord du Bénin avant de conditionner le produit dans de petits flacons de 30 centilitres et de les distribuer dans les grandes surfaces du pays. «Nous travaillons avec 76 coopératives que nous formons pour produire du miel de qualité. Nous leur apprenons les bonnes pratiques sur les ruchers, le traitement du miel, comment extraite la cire et la propolis», explique Sarigui Amadou, responsable apiculture au CIAT. «C’est une filière qui est vraiment en train de décoller, avec des coopératives mieux organisées, mieux formées, que nous aidons à assurer la traçabilité de leur production.»

La coopérative de Kinnou-Kpanou, située à 400 km au nord de Cotonou, regroupe des apiculteurs engagés qui ont appris à développer leur activité dans le respect de l’écosystème. «Avant, nous récoltions le miel sauvage, mais nous déracinions aussi les arbres et mettions le feu à la brousse, endommageant parfois nos propres cultures», explique Douarou Chabi Massia, président du groupement apicole de Kinnou-Kpanou. «Aujourd’hui, avec l’apiculture, nous gagnons de l’argent en même temps que nous protégeons la nature.»

Alternative à l’exploitation forestière

Miel

Les membres de la coopérative de Kinnou-Kpanou,  au Bénin, développent leurs revenus et protègent la forêt, à travers la production de miel.
© Gnona AFANGBEDJI/Banque mondiale

Cette coopérative doit sa naissance au projet de développement de l’accès amélioré à l’énergie moderne (DAEM) financé par la Banque mondiale. Clôturé en décembre 2018, le projet visait à accroître la fiabilité et l’efficacité des services d’énergie moderne au Bénin. L’un de ses objectifs était de promouvoir une gestion durable des ressources forestières des bassins du moyen Ouémé et de l’Ouémé supérieur. C’est dans ce cadre qu’il a appuyé la création de 28 mielleries-coopératives, regroupant 560 apiculteurs. La formation et l’équipement reçus leur ont offert une activité rémunératrice qui ne dépende pas de  l’exploitation forestière.

Pour développer leur miellerie, chaque membre de coopérative a reçu une vingtaine de ruches kényanes, des combinaisons, des bottes, des voiles, des gants, des enfumoirs, ainsi que des équipements de traitement de la récolte. Avec une recette annuelle estimée à 4,5 millions de FCFA, la trentaine de membres de Kinnou-Kpanou tirent des revenus conséquents de la production du miel et ses dérivés. Le projet a également offert à la coopérative 7 000 pieds d’anacardier (noix de cajou). «Grâce à ces plants, nous disposons aujourd’hui de 70 hectares de plantations d’anacarde, et depuis cinq ans que nous récoltons du cajou, nous avons gagné plus de 45 millions de francs CFA», témoigne Douarou Chabi Massia. «Le projet ne nous a pas seulement formé à la production mais nous a aussi montré le rôle indispensable des abeilles dans l’écosystème et l’importance de les protéger. Aujourd’hui, elles ne sont plus un ennemi mais un trésor et les feux de brousse n’existent plus dans notre village», enchaîne Aliou Soulé, responsable de la production du groupement apicole de Kinnou-Kpanou. 

Lorsqu’on demande aux villageois l’impact du groupement sur leur vie, les témoignages ne manquent pas. Odile Saré est fière d’avoir construit un atelier de couture à sa fille, grâce aux recettes de la vente du miel. La preuve que l’activité prospère, certains membres sont passés de 20 ruches au début du projet à 50 ruches acquises sur leurs fonds propres. 

«Le fait de mettre les ruches sous les arbres a freiné les feux de brousse. La végétation est revenue et partout dans nos villages, nous n’avons que des anacardiers», explique enthousiaste, Orou Goura Amadou, président de l’union des apiculteurs de la commune de Tchaourou. 

Un succès qui a encouragé d’autres communes à reproduire l’expérience : le projet d’amélioration des services énergétiques (PASE) prévoit de créer 14 nouvelles mielleries-coopératives et de renforcer les 28 mielleries existantes. «La mise en place des coopératives suscite beaucoup de satisfaction tout en préservant l’environnement forestier», constate Hubert Kouletio, responsable du volet Biomasse-Énergie du PASE.   

À Kinnou-Kpanou et dans les 27 autres coopératives, les pionniers voient les choses en grand et veulent aller plus loin, en développant un partenariat avec le CIAT pour labéliser leur miel et donner ainsi plus de visibilité à leur activité auprès des consommateurs.

                                            Source : Banque mondiale 

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