Les spéculations foncières sont une bombe à retardement au Burkina Faso. C’est l’alerte donnée par un mouvement citoyen dénommé ‘’Gilets verts’’. Ce mouvement qui s’attaque aux problèmes du foncier urbain et rural au pays des hommes intègres, vient de donner de la voix : «Le foncier risque d’entraîner le Burkina dans le gouffre».
Envolée vertigineuse des prix des parcelles, vente anarchique des terres aux promoteurs immobiliers, les prix hallucinants des logements locatifs et la difficulté d’accéder à des logements sociaux de qualité et à moindre coût. Les gilets verts dénoncent, en effet, la mauvaise gestion du foncier au Burkina Faso dont l’ampleur a dû amener l’Assemblée nationale à y voir clair à travers une enquête parlementaire. Le rapport d’enquête a révélé des malversations dans l’attribution entre 1995 et 2015, de près de 105 000 parcelles dans 15 localités du pays. Sur 400 000 parcelles recensées à Ouagadougou, 200 000 ne sont pas mises en valeur. Ce rapport indique aussi que sur 268 sociétés immobilières que compte le Burkina, moins d’une dizaine est en règle. Encore pis, ces sociétés immobilières doivent à l’Etat burkinabè plus de 16 milliards de F CFA.
De quoi amener les ‘’Gilets verts’’ à s’indigner face à « un phénomène devenu commerce lucratif pour certaines personnes sans sentiments et avides d’argent » (sic), eu égard à la prolifération incontrôlée des agences immobilières. Et non sans déplorer la démission de l’Etat qui laisse « croire que les habitants sont laissés à eux-mêmes sans grande protection au milieu de cette jungle ». Pour les leaders du mouvement, il est temps que le gouvernement veille à l’application des lois encadrant la promotion du foncier.
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