Le Bénin et le Burkina Faso qui se partagent une frontière longue de 285 km sont à la recherche d’un Accord-cadre sur la coopération transfrontalière. Les responsables de l’administration territoriale des deux pays, et ceux en charge de la gestion intégrée des frontières ainsi que des hommes habillés sont en concertation, les 21 et 22 septembre, à Cotonou, la capitale béninoise pour poser les balises.

«Les Etats africains ont hérité des frontières définies par le colonisateur sans tenir compte des réalités socioculturelles et identitaires des populations autochtones qui se trouvent ainsi séparées par une ligne imaginaire, le plus souvent après des générations, voire des siècles de vie commune.» Ce sont là quelques propos tenus par le colonel Prosper Sanou, gouverneur de la région de l’Est au Burkina Faso, à t’entame de cette rencontre de 48h. Ce qui n’est pas anodin, d’autant qu’entre les deux pays frères, il y a souvent des tensions au niveau de leurs frontières. L’on a souvent assisté à des incursions de l’armée béninoise en terre burkinabè notamment dans la zone de Koalou et alentours qui s’étendent sur une superficie de 68 km2 revendiquée par les deux pays. Un conflit frontalier au stade larvé porté devant la Cour internationale de justice de la Haye en mai 2009.
Marcel Baglo, Directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) reconnaît d’ailleurs que «du fait de la colonisation, nos États ont été séparés en plusieurs unités territoriales, renfermant une diversité d’ethnies disparates. Chaque appel, de s’associer aux autres pour créer des regroupements en vue d’amorcer le processus d’une réelle intégration, demeure sans réponse du fait que cette démarche exige un transfert de souveraineté par les États». Alors, si les deux pays ont décidé de se retrouver dans un cadre bilatéral pour aplanir les tensions, c’est parce que leur espace frontalier sert de cadre de vie à un ensemble de groupes ethnolinguistiques liés par l’histoire.
L’Accord-cadre devrait donc permettre de remédier à certains dysfonctionnements comme l’absence de cadre légal régissant la coopération administrative transfrontalière dans les deux pays, l’insuffisance des actions de communication et de mobilisation des acteurs autour des questions transfrontalières puis l’insécurité et les conflits dans les zones transfrontalières. Et si les frontières sont le plus souvent confrontées à des scénarios instables comme le flux de réfugiés, les trafics illégaux, les conflits communautaires, l’extrémisme violent, le terrorisme, cette rencontre vient bien à propos pour rendre opérationnelle la volonté politique et faire de ces zones frontalières des zones de brassage entre les populations, un tremplin pour le développement économique local et un puissant levier de promotion de l’intégration sous régionale. De l’avis de Déré Chabi Nah, préfète du département de l’Atacora, l’Accord-cadre qui en sera issu constitue une base légale pour bénéficier de projets intégrateurs avec l’appui des partenaires techniques et financiers, si ce n’est que les populations des zones frontalières des deux pays expriment depuis longtemps, les besoins élémentaires pour leur mieux-être.





Burkina Faso
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