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Côte d’Ivoire : le nouveau parti de Laurent Gbagbo

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L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, de retour au pays, lance ce week-end un nouveau parti politique «panafricain de gauche».

Source :AFP
Après près de 10 ans d’absence, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est revenu en Côte d’Ivoire au mois de juin. Ce week-end, il s’apprête à lancer un nouveau parti politique dit « panafricain de gauche », affichant ainsi ses ambitions pour 2025. Auprès de l’Agence France-Presse, Justin Koné Katinan, porte-parole de l’ancien président, a déclaré en ces termes : « C’est le grand retour de Laurent Gbagbo sur la scène politique.»

Tee-shirts, bobs, pagnes, écharpes : l’effigie de l’ancien président était partout samedi, au prestigieux hôtel Ivoire d’Abidjan, où plus de 1 600 « congressistes » étaient attendus. Dehors, à l’extérieur de l’établissement, une longue file de militants se dessinait dès le matin, dans l’espoir d’apercevoir l’ancien chef de l’État (2000-2011).

« Renforcer la réconciliation »

Quelque 4 mois après son retour en Côte d’Ivoire, l’ancien président Laurent Gbagbo a lancé, les 16 et 17 octobre à Abidjan, son nouveau parti politique.

Acclamé à son arrivée vers 13 heures (GMT et locales) Laurent Gbagbo, costume sombre et masque FFP-2 sur le visage, a longuement salué un parterre de cadres et d’anciens ministres du Front populaire ivoirien (FPI), son ancien parti. Depuis son retour à Abidjan le 17 juin, acquitté par la justice internationale qui le jugeait pour crimes contre l’humanité dans la sanglante crise postélectorale de 2010, Laurent Gbagbo a été omniprésent sur la scène politique.

Visite chez l’ex-président et ancien rival Henri Konan Bédié, rencontre de « réconciliation » avec le chef du gouvernement Alassane Ouattara, rupture consommée avec son ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan : il est tout de suite redevenu un acteur de premier plan de la vie politique ivoirienne. Signe d’une certaine détente avec Alassane Ouattara, le n° 2 du parti au pouvoir Adama Bictogo était présent samedi au congrès pour « traduire la volonté du président de renforcer la réconciliation ».

Le FPI, son parti historique fondé dans la clandestinité en 1982, étant désormais aux mains de Pascal Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo, 76 ans, a choisi de donner un nouveau souffle à son retour en créant sa propre formation qui devrait s’appeler « Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire » (PPA-CI). Dans le nom comme dans le logo – deux mains entrelacées dans une carte d’Afrique – qui seront proposés dimanche, l’accent est mis sur la dimension panafricaine du parti. « On voit qu’il a passé une dizaine d’années loin mais qu’il n’a pas cessé de penser à l’avenir de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique », estime Hubert Oulaye, ancien ministre de l’Emploi.

Simone Gbagbo à l’étranger

« Nous attendons sa voix. Cela me plaît que ce soit un parti panafricain car quand on n’est pas unis on n’a pas la force. La réconciliation passera par lui », assure Napo Cassaï, un militant venu de la région de Soubré (Ouest). « Laurent Gbagbo est le seul qui peut nous donner une indépendance réelle : l’or, le pétrole, le cacao pour nous », renchérit Behi Gbehi, une sexagénaire qui a fait une nuit de bus pour venir de Daloa (centre) assister au congrès.

Pas question pour autant de délaisser la politique nationale en Côte d’Ivoire. Dans l’entourage de l’ancien président, le mot d’ordre est clair : ce nouveau parti vise à recréer un débat politique dans un pays où l’opposition est considérablement affaiblie depuis 10 ans.

Reste à savoir quelles personnalités politiques ivoiriennes rejoindront cette plateforme. Si une majorité des cadres du FPI l’ont suivi dans cette nouvelle aventure, quelques inconnues demeurent. Et en particulier celle du rôle de Simone Gbagbo dont l’absence a été remarquée samedi. En déplacement en République démocratique du Congo, l’ex-Première dame, dont Laurent Gbagbo a récemment demandé le divorce, multiplie les signaux pour tracer son propre chemin politique. « Ceux qui veulent nous rejoindre savent à quoi s’en tenir. Nous sommes un parti de gauche, et ceux qui s’y retrouvent peuvent venir », glisse Justin Koné Katinan.

Le lancement de ce parti, quatre mois après le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, est en tout cas une première étape vers la présidentielle de 2025. Un projet de l’exécutif visant à limiter l’âge des candidats à 75 ans pourrait toutefois constituer un obstacle aux ambitions de Laurent Gbagbo. En 2025, il aura 80 ans.

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