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Franc CFA : le Trésor français rend l’argent des 8 pays de l’Uémoa

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Dix-huit mois, après l’annonce faite en décembre 2019 par les présidents français et ivoirien, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, les autorités fianncières de Paris entament la restitution des réserves de change des pays africains de la zone CFA d’Afrique de l’Ouest, soit un peu plus de 5 milliards d’euros.

Jusqu’ici, le Trésor public français avait à sa disposition les fonds logés dans un compte d’operation à la Banque de France et qui correspondent à la moitié des réserves de change des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Mais, selon une source que cite la très officielle Agence France Presse, le transfert de ces fonds correspondant à 5 milliards de dollars US a été entamé par la banque centrale française.
L’institution «est en train de transférer des fonds qui appartenaient aux Etats africains», a indiqué mardi 4 mai une source proche du dossier.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la réforme du franc CFA dévoilée en décembre 2019, à Abidjan, par les présidents français et ivoirien, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara. Les deux chefs d’Etat avaient alors annoncé la fin du FCFA qui sera remplacé par l’Eco et la suppression de la réserve d’argent des Etats africains sur un compte du Trésor français.
«Le franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc, rompons les amarres», avait alors déclaré Emmanuel Macron.

C’est un pas important vers la mise en place de l’Eco, monnaie commune aux 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). En effet, sans la fin du Franc CFA que partagent le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Niger, le Bénin, le Togo le Mali et le Burkina-Faso, il n’est pas possible d’avancer sur le dossier de l’Eco. C’est un préalable que posent les pays anglophones de la Cédéao, en plus du Cap-Vert et de la Guinée qui sont farouchement opposés à ce que la future monnaie commune de la sous-région soit une pâle copie du CFA.

Avec ce transfert, c’est l’un des symboles les plus critiqués de la monnaie qualifiée de «coloniale», outre la présence de la France dans les instances de décision monétaires et le nom même de FCFA, qui vient de disparaître.
Considéré comme un frein à l’émergence des économies des Etats qui l’utilisent, tant par des économistes comme le Sénégalais Ndongo Sylla et le Togolais Kako Nubukpo, que de nombreux activistes, le Franc CFA empoisonne depuis de longues années les relations entre la France et certaines de ses anciennes colonies africaines.
Pour le Franc CFA de l’Afrique centrale, rien n’est décidé pour le moment, puisque ces pays (Congo, Gabon, Cameroun, Guinée-Equatoriale, Centrafrique et Tchad) qui traversent une situation économique et financière délicate préfèrent retarder la réforme de leur monnaie commune.

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