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Frédéric Bardeau, Président et cofondateur de Simplon.co : un choix et une vocation africaine assumés

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Il ne fait aucun doute que Fréderic Bardeau, l’un des co-fondateurs de Simplon.co, a de l’ambition pour son réseau de fabriques en formations au numérique des publics souvent en rupture de ban, sur le continent africain. Depuis ses hubs du Maroc et du Sénégal, le groupe a lancé l’année dernière des formations au Burkina Faso, au Mali, au Kenya et en République démocratique du Congo. En à peine six ans de présence en Afrique, le champion toutes catégories de l’économie sociale et solidaire, est monté en puissance, en déployant son offre à l’échelle du continent.

AFRIMAG : Simplon est partenaire du Sommet africain sur l’Engagement Sociétal des 7 et 8 juillet 2021. Pourquoi Simplon tient-il à partager son expérience en matière de RSE ?

Frédéric Bardeau, Président et cofondateur de Simplon.co

Frédéric Bardeau : En tant qu’entreprise de l’économie sociale et solidaire, Simplon aurait très bien pu se contenter de se focaliser sur ses engagements statutaires dans le cadre de son agrément « Entreprise Sociale d’Utilité Solidaire » (Gouvernance participative, Encadrement de l’échelle des salaires, Non cotation, Primauté de l’impact social, etc.) mais pour nous il était très important d’être cohérent et de montrer l’exemple en matière de RSE. D’où notre volonté de mesurer nos actions, de nous améliorer et ce sur l’ensemble du spectre de la RSE et non pas uniquement sur notre cœur de métier et notre cœur d’impact.
En parallèle, Simplon étant présent en Afrique depuis 2015, et le continent et ses différentes sous régions étant une priorité stratégique d’impact social, il était donc tout naturel pour nous d’être partenaire du Sommet et de partager nos convictions et nos actions, et d’apprendre des expériences des autres. Je rappelle que Simplon est le premier organisme de formation numérique, le premier acteur de l’ESS dans le secteur du numérique.

Est-ce que le tropisme africain de votre groupe répond à une sorte de prédiction traduite aujourd’hui par sa forte présence sur le continent ?

Simplon est né en 2013 et son siège social est à Montreuil, qui est la 3ème ville la plus peuplée en Maliennes et en Maliens après Bamako et Abidjan. Son tropisme africain est complètement « natif » car l’idée de Simplon a toujours été de mettre ses ingénieries de formation à disposition des personnes issues de la diaspora africaine en France et en Europe, mais également sur le continent. Donc dès 2015 nous avons eu des activités de formation à Bouaké en Côte d’Ivoire et à Johannesburg en Afrique du Sud, dans les deux cas comme très souvent chez nous en lien avec des partenaires locaux. Depuis, Simplon s’est déployé à l’échelle du continent au Maghreb, en Afrique Subsaharienne, et sur les autres régions du continent par le biais de deux modalités principales. D’abord au travers de filiales notamment au Sénégal (Simplon Africa) et au Maroc (Maghreb Coding School) qui sont nos deux hubs sous régionaux, mais aussi en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Ensuite via des partenariats stratégiques avec des acteurs locaux et des organisations françaises ou internationales implantées sur le continent… C’est cette agilité qui nous a permis d’avoir de l’impact social au Cameroun, au Tchad, en République Démocratique du Congo, etc.

Quelles sont les ambitions de Simplon en Afrique en termes de développement de son réseau d’écoles ?

L’Afrique est le cœur de notre développement international, en plus de l’Europe, et c’est donc une priorité stratégique pour Simplon et tout spécialement pour moi qui suis de très près ces sujets. Notre idée c’est de continuer de servir les besoins africains avec des équipes et des structures africaines, qu’elles soient « entreprise » ou « ONG », de poursuivre la logique de « hubs » sous régionaux qui nous permettent d’agir en proximité et de démultiplier notre impact via organisations panafricaines publiques, privées et non-marchandes et des partenaires locaux comme nous le faisons actuellement avec Sonatel/Orange, l’Agence Universitaire de la Francophonie, la Fondation Société Générale, l’IRD, MTN, Makesense Africa, TotalEnergies, la Fondation Air Liquide. Pour ce faire, nous poussons à fond l’hybridité de notre modèle économique pour faire converger les financements publics provenant des agences de développement et de la Banque Africaine de Développement avec ceux qui sont issus des entreprises et de leurs fondations. C’est à ce prix que nous pourrons continuer à changer la vie des jeunes africains et des femmes africaines qui sont nos deux publics prioritaires sur le continent.

Simplon est le premier réseau de formations labellisées “Grande École du Numérique” à être labellisé LUCIE 26 000. Il y a quelques mois également, votre groupe s’est engagé auprès du global compact : pourquoi toutes ses reconnaissances ?

Les labels sont très importants pour nous car ils permettent de mesurer, de nous améliorer et d’objectiver notre impact pour nos différentes parties prenantes. Notre activité cœur en tant qu’organisme de formation est très régulée et contrôlée (Datadock et maintenant Qualiopi en France, mais c’est également le cas dans tous les autres pays) et la certification de notre démarche RSE en tant que politique qualité avec LUCIE26000 dont nous sommes audités dans sa « version organisme de formation » est donc cruciale. Mais nous souhaitons également nous inscrire dans des labels qui découlent de financements spécifiques au niveau national comme c’est le cas de la Grande École du Numérique en France avec des critères d’inclusion de femmes, de personnes non qualifiées ou encore de jeunes issus des quartiers populaires, ainsi que dans des labellisations à vocation internationale comme l’adhésion au Global Compact des Nations Unies. Toutes ces reconnaissances sont donc importantes car complémentaires.

Bio express 

Frédéric Bardeau travaille depuis 25 ans à mettre le pouvoir d’agir et le potentiel d’innovation d’Internet au service des acteurs de l’économie sociale et solidaire, des personnes et des territoires fragiles. Entrepreneur social récidiviste, Frédéric a cofondé en 2008 l’Agence LIMITE, entièrement dédiée à la communication responsable des ONG et des fondations, puis en 2013, Simplon.co, entreprise sociale qui forme gratuitement des milliers de demandeurs d’emploi, accompagne la digitalisation du secteur de l’ESS ainsi que les reconversions professionnelles des salariés au travers d’un réseau de 120 écoles dans 23 pays. 

Fellow Ashoka et EPIC Foundation depuis 2015, entrepreneur social de l’année 2017 du BCG, Frédéric est également l’auteur, avec Nicolas Danet, d’Anonymous, peuvent-ils changer le monde ? et de « Lire, écrire, compter, coder » chez FYP

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