Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’URSS décédé à 91 ans, « a écrit l’histoire du monde » et « changé ma vie de manière fondamentale », a déclaré mercredi l’ancienne chancelière Angela Merkel qui a grandi en ex-Allemagne de l’Est.
Le rôle décisif du responsable soviétique dans la fin de la Guerre froide, et par conséquent dans le destin de l’Allemagne, a donné lieu à des hommages particulièrement marqués dans le pays.
« Il a montré comment un seul homme d’Etat peut changer le monde pour le mieux », a écrit Mme Merkel dans une déclaration au ton inhabituellement personnel. « Mikhaïl Gorbatchev a également changé ma vie de manière fondamentale. Je ne l’oublierai jamais ».
Le chancelier Olaf Scholz a salué en M. Gorbatchev celui qui a « rendu la Perestroïka possible » et qui a « tenté d’établir une démocratie » en Russie.
« Il meurt à un moment où non seulement la démocratie a échoué en Russie, mais où la Russie et le président russe (Vladimir) Poutine ont creusé de nouveaux fossés en Europe et ont lancé une terrible guerre contre un pays voisin, l’Ukraine », a déclaré M. Scholz.
Sans « le courage » de l’ancien responsable soviétique, « la révolution pacifique en RDA n’aurait pas été possible », a souligné Mme Merkel.
« Aujourd’hui encore, je peux ressentir la peur que j’ai eue avec de nombreuses personnes en RDA en 1989, celle de savoir si les chars allaient à nouveau se mettre en marche comme en 1953, lorsque nous avons crié +Nous sommes le peuple+ », s’est remémoré l’ex-chancelière en référence aux manifestations populaires en Allemagne de l’Est de citoyens opposés au régime communiste.
« Mais cette fois-là – contrairement à 1953 – aucun char n’a roulé, aucun coup de feu n’a été tiré. Au lieu de cela, Mikhaïl Gorbatchev a lancé à la direction vieillissante de la RDA la phrase +La vie punit celui qui arrive trop tard+ ».
Rêve démocratique « en ruine »
« Plus encore, il a permis à une Allemagne réunifiée de devenir membre de l’Otan », a-t-elle rappelé.
« Je n’ai pas oublié les images de sa rencontre avec le chancelier Helmut Kohl dans le Caucase en 1990, qui a mis l’unité de l’Allemagne dans la paix et la liberté à portée de main », écrit l’ex-chancelière de 68 ans qui a dirigé l’Allemagne de 2005 à 2021.
Interrogé plus tard sur l’éventualité qu’il se rende aux funérailles de M. Gorbatchev en Russie, pays sous sanctions occidentales, M. Scholz a répondu qu’il était « trop tôt » pour discuter d’un tel voyage.
« Mais j’espère qu’il sera honoré comme il le mérite », a déclaré M. Scholz.
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a lui remercié l’ancien dirigeant soviétique « pour sa contribution décisive à l’unité allemande ».
Par ses actes, M. Gorbatchev a montré qu’il était « un grand homme d’État » doté d’un « courage pour l’ouverture démocratique et la construction de ponts entre l’Est et l’Ouest » et pour la paix en Europe, a souligné M. Steinmeier dans un communiqué.
Ce rêve est « en ruine, brisé par l’attaque brutale de la Russie contre l’Ukraine », a-t-il ajouté.
La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock (Verts) a salué M. Gorbatchev, un être « guidé par la paix et la compréhension entre les peuples dans les moments du destin de notre histoire », sur Twitter mercredi.
« La fin de la guerre froide et l’unité allemande sont son héritage. Nous pleurons la perte d’un homme d’État à qui nous sommes éternellement reconnaissants », a-t-elle ajouté.
Dans l’opposition, le chef de la CDU conservatrice Friedrich Merz a également dit « pleurer la perte d’un homme d’État en qui l’Allemagne pouvait avoir confiance et qui nous a fait confiance », sur Twitter.
Sans lui, « l’unité allemande dans la liberté » n’aurait pas été possible, a-t-il conclu.
Mikhaïl Gorbatchev est mort mardi à l’âge de 91 ans « après une longue maladie grave » en Russie, a indiqué un hôpital de Moscou, cité par les agences de presse russes.
Source : AFP





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