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Guinée Conakry : Pourquoi autant de mouvements dans la grande muette ?

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Les forces de défense et de sécurité de la Guinée viennent de subir un important coup de balai qui a touché 44 hauts gradés. Symbole de la souveraineté depuis l’accession à l’indépendance en 1958, avec ces départs à la retraite avant l’heure, l’armée guinéenne s’expose à une division sans précédent. Notre équipe a décidé de situer les contours ainsi que les enjeux à l’ère du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

Auparavant leader des forces spéciales, le Colonel Mamady Doumbouya est désormais le chef suprême des armées. S’il n’avait que son unité avec lui au moment du coup d’Etat du 5 septembre dernier, il a maintenant l’allégeance de tous ses frères d’armes. Ce qui ne l’a  pas empêché de procéder à un vaste remaniement qui signe la rupture des symboles militaires entretenus par le Président déchu, le Pr.Alpha Condé.

Un appareil militaire sur mesure

Au total 44 retraités sont au cœur de cette réforme de la grande muette. Parmi lesquels les généraux Boureima Condé (ex ministre de l’Administration territoriale) et Mathurin Bangoura (ex gouverneur de Conakry). Ces affidés du défunt régime occupaient des places stratégiques qu’il fallait forcément récupérer. Dans ce remaniement, la surprise du chef de l’Etat, Mamady Doumbouya, sera celle du Général Sekouba Konaté.  Celui-là même qui était en 2010 le président de la transition avant de céder le pouvoir au Pr. Alpha Condé. Mieux encore, il fait son come-back avec un poste à sa hauteur : le commandement du Conseil Supérieur de la Défense. Rien que ça ! La junte du CNRD innove avec un outil déterminant dans la coordination des forces armées de Guinée. Ce qui permet donc au Colonel Mamady Doumbouya d’avoir au même endroit, les éléments pouvant dynamiser son pouvoir.

Militarisation de l’administration 

Retour en force de l’ancien chef d’Etat, le Général Sékouba Konaté

Ce retour aux affaires des barons de l’armée risque d’avoir un impact : un service public militarisé. Déjà sous le Président Lansana Conté, l’omniprésence des porteurs d’uniforme était devenue naturelle. Pareil sous le régime d’exception du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) de Dadis Camara en 2008 qui fut ensuite conduit par le General Sékouba Konaté, l’armée n’a pas chômé hors des casernes. Pourtant,  le Président Alpha Condé avait lancé la réforme des forces armées. Une politique qui a fait que les corps habillés n’étaient pas visibles dans la cité et à tous les postes clés de la fonction publique. Sauf que les premières nominations avant l’installation du gouvernement  de la Transition, indiquent le retour en force des militaires.

Cela est visible à travers le gouvernorat de Conakry et l’essentiel des démembrements de l’Exécutif dans les régions. Des nominations qui, au-delà du symbole, devraient aussi conduire le régime militaire à faire le point sur la programmation militaire. 

Un sujet que nous aborderons dans une prochaine publication.

 

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