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L’Afrique et ses chiffres

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L’Afrique est le continent des paradoxes. C’est la partie du monde où se concentre l’essentiel des richesses de la planète : terres productives et richesses naturelles précieuses, renouvelables (eau, forêts et poissons, notamment) ou non (charbon, gaz, pétrole et autres minéraux). Le continent aussi qui compte le plus grand nombre de pauvres (490 millions, en 2021, contre 478 millions, en 2019), selon la Banque mondiale, première à tirer la sonnette d’alarme : «toujours plus de personnes pauvres en Afrique malgré les progrès réalisés en matière d’éducation et de santé» au cours de ces vingt dernières années.

Les rapports vantent la croissance et «enterrent», un peu trop vite, l’afro-pessimisme des années 80-90 doivent être traités avec précaution.

La pandémie de la Covid-19 s’installe dans la durée, remettant sans cesse en cause les chiffres de l’économie mondiale, dans son ensemble, et de l’Afrique en particulier : «Les perspectives de l’économie en Afrique en 2022», vues par la Banque mondiale, dans son rapport publié en juin dernier sont à prendre avec beaucoup de précaution : La croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,7 % en 2022 et 3,8 % en 2023, ce qui correspond aux projections établies au mois de janvier dernier. Néanmoins, une fois exclues les trois plus grandes économies du Continent (Angola, Nigeria, Afrique du sud), la prévision a été revue à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2022 et 2023.

En termes de développement humain, l’Afrique fait des progrès, après avoir longtemps fait du surplace ! Une classe moyenne estimée à 350 millions de personnes (sur un total de 1,2 milliard d’habitants), ou encore des investissements directs étrangers qui ont atteint, en 2021, un niveau record de 83 milliards de dollars, selon le dernier Rapport 2022 sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) publié le 9 juin. Mais les chiffres restent les chiffres. Il est utile de les replacer dans leur contexte.

Par rapport à la décennie 1980-1990, l’investissement public en Afrique (selon la Cnuced), est en chute libre. Il est passé de 11,5 % du PIB (niveau record) à son niveau le plus bas en 2012, (5 % (7 %), en moyenne sur la dernière décennie). Or les experts estiment que l’investissement public devrait se situer entre 8 % et 11 % du PIB pour contribuer réellement et durablement à la croissance.

Les faiblesses de l’économie africaine sont structurelles. Elles n’ont pas fini d’entretenir ce que d’aucuns appellent, avec raison, «la malédiction des ressources» (on doit l’expression à Richard Auty et son ouvrage Resource-Based indutrialization: Sowing the Oil in Eight Developing Countries, 1990). Une situation dans laquelle un pays dispose d’un secteur des ressources naturelles tourné vers l’exportation, qui génère de substantielles recettes publiques mais qui, paradoxalement, engendre stagnation économique et instabilité politique.

Le Mal de l’Afrique se trouve être, en effet, dans l’incapacité de certains pays d’éviter la «corruption» (au sens de «perversion») qui établit une relation inverse entre développement et abondance des ressources naturelles. Le «modèle» européen n’est pas forcément l’option économique à suivre, dans un contexte géostratégique africain particulier. Avec l’indicateur de fécondité le plus élevé du monde (4,7 enfants par femme), le continent, compterait, d’ici, 2050, près de 2 milliards d’habitants ! Les voix qui s’élèvent aujourd’hui, en France et aux USA, pour pousser les Africains, à «s’abstenir» sont-elles, pour autant justifiées ? Ce n’est pas là le seul défi à relever.

L’important, pour l’heure, est de procéder à une «mise à niveau» progressive pour gérer, sans heurts, le partage de la rente, qu’elle provienne de revenus pétroliers ou autres. La chute des prix des matières premières est souvent facteur de risques. Les attentes déçues ne trouvent de justifications que dans la mauvaise gestion, la corruption et l’ingérence étrangère dans ce que Frédéric Munier appelle la «bataille géopolitique». Et elle est déjà engagée en Afrique, avec la crise ukrainienne notamment et le vent de «guerre froide» qu’elle charrie avec elle.

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2 commentaires

  1. Ceci parce que la pauvreté des Africains a commencé dans la tête, les Africains ne veulent pas réfléchir et développer leur richesse .

  2. L’Afrique est le continent le plus riche en terme de ressource mais pourtant pauvre . Il faudrait que les gens apprennent à pourvoir gérer ces ressources là

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