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Les mines, médaille d’or de l’économie du Mali

Le Mali a modifié son Code minier par ordonnance en Conseil des ministres le 21 août dernier. Objectif : faire en sorte que les mines contribuent plus largement à l’économie nationale. Le pays, aujourd’hui quatrième producteur africain de métal jaune qui lui assure le quart de son budget, nourrit de grandes ambitions pour son secteur minier.

 

Dossier réalisé par Mouhammadou Diop & Marie-Jeanne Traoré

 

The Loulo Gounkoto Complex au Mali

The Loulo Gounkoto Complex au Mali

Les huitièmes Journées Minières et Pétrolières du Mali (JMP 2019) ouvrent ses portes ce 12 novembre 2019 et cela jusqu’au 14 au Centre International de Bamako. Cet événement qui a lieu tous les deux ans a fini de faire partie du calendrier d’affaires du secteur minier africain, voire international. Cette rencontre est organisée par le ministère malien des Mines et pétrole en partenariat avec AME Trade Ltd, intervient un peu moins de trois mois après l’adoption par le Mali d’une nouvelle version de son code minier. Il faut dire que le Pays n’entend pas se contenter de la hausse récente des cours de l’or. En effet, après l’échec de ses discussions avec les compagnies minières sur une révision du code minier qui date de 2012, le quatrième producteur d’or d’Afrique a modifié le texte par ordonnance en Conseil des ministres le 21 août dernier. L’objectif annoncé par Lelenta Hawa Baba Bah, ministre des Mines et pétrole, est que le secteur contribue plus largement à l’économie nationale. Le texte prévoit la fin de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) durant la phase de production des mines et d’autres avantages douaniers et fiscaux. Il réduit aussi considérablement la durée de la période de stabilité (fixée à 30 ans depuis 1991), durant laquelle les investissements miniers sont protégés de tout changement de la réglementation fiscale et douanière. Le texte ouvre également la possibilité d’attribuer les titres miniers par appel d’offres et étend les obligations de protection de l’environnement durant la phase d’exploration.

L’édition 2019 des JMP veut ainsi s’inscrire dans cette nouvelle vision stratégique de développement de l’industrie minière au Mali tracée par les pouvoirs publics : diversifier les ressources minières et prendre en compte les intérêts de l’État, de l’économie malienne et des populations grâce aux revenus miniers mais aussi la protection de l’environnement durant la phase d’exploration. En effet, ces huitièmes Journées Minières et Pétrolières ont pour thème principal : «Développer durablement les secteurs miniers et pétroliers maliens au profit des générations futures».

Selon une note de Mining Lawyers Partners pour l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), qui promeut le développement durable, “au Mali, certains projets miniers génèrent un taux de rentabilité interne supérieur à 200%, selon le modèle FARI utilisé par le Fonds Monétaire International (FMI)”, grâce aux “exonérations fiscales trop généreuses en faveur des investisseurs et aux réductions de l’impôt sur les bénéfices des entreprises “. Des opérateurs reconnaissent être rentables à partir de 1000 dollars l’once d’or, qui vient de dépasser les 1500 dollars dans un contexte d’inquiétude sur les marchés actions et devises.  

Le quart du budget du Mali

Le Mali a produit 60,8 tonnes d’or en 2018, selon des statistiques nationales, en hausse de 23%. Les revenus de l’impôt sur les sociétés, des droits de douane et des dividendes, taxes et redevances du secteur minier contribuent pour environ un quart au budget national. L’or fournit les trois-quarts des recettes d’exportation du pays. Avec 13 mines actives (et plusieurs autres en construction), l’industrie minière emploie directement 12 000 salariés. L’orpaillage artisanal emploierait quelque 200 000 personnes, pour 5 à 20 tonnes produites par an. C’est dire qu’au Mali, les mines constituent un symbole. Cela reste aussi l’un des moteurs de l’économie.  

Ce n’est pas un hasard si cette huitième édition de la conférence & exposition internationale sur l’industrie minière et pétrolière (JMP MALI 2019) réunira d’éminents spécialistes du secteur des Mines et du Pétrole des quatre coins du monde, qui viendront partager leurs expertises, expériences et échanger sur les nouvelles perspectives et défis de l’industrie extractive. Ainsi, trois jours durant, les JMP 2019 s’affichent comme une plate-forme officielle permettant au gouvernement de partager et de discuter de sa vision pour l’avenir des industries nationales des mines et du pétrole avec les principales parties prenantes du pays. Il s’agit d’une plate-forme commerciale cruciale pour les professionnels de l’industrie minière et pétrolière qui se réunissent pour discuter des développements régionaux, découvrir des solutions innovantes et établir des relations commerciales fructueuses. Les objectifs des JMP 2019 sont, entre autres, informer les parties prenantes des réformes visant à faciliter les investissements dans les secteurs miniers et pétroliers, identifier des solutions de financement innovantes qui peuvent s’appliquer aux projets et aux services miniers de grande et de petites envergures, améliorer la qualité et l’accès aux données relatives à l’infrastructure géologique du Mali, etc.  

Sont attendus des décideurs, des investisseurs, des experts, des partenaires de développement et d’autres parties prenantes des secteurs minier et pétrolier du Mali. Pas moins de 1850 participants et 82 exposants venus de 18 pays seront présents à cet événement. S’y ajoutent aussi des délégués d’institutions de financement et de coopération. Il faut dire le gouvernement malien, a des objectifs bien définis en matière de production minière. C’est ainsi que le secteur minier occupe une place de choix et figure parmi les secteurs prioritaires retenus pour porter la croissance. Même si l’or reste le premier produit d’exportation du Mali, le gouvernement espère avec  le nouveau code minier, favoriser les autres matières premières extraites de son sous-sol.   La «monoculture de l’or» : c’est ce qu’évoque encore le Mali, quatrième producteur africain de métal jaune, après l’Afrique du Sud, le Ghana et le Soudan, pour la plupart des opérateurs miniers. Peut-être plus pour très longtemps. Selon une source proche du ministère malien de l’Énergie, en plus du pétrole et d’autres ressources, les études ont prouvé qu’il y a également de l’or au nord du Pays. A l’en croire, des indices ont été découverts dans les zones du Gourma (orientale et occidentale), la zone d’Ansongo jusqu’à la frontière du Niger. Il y a aussi du métal jaune à In Darset, localité située entre Aguel hoc et Tessalit dans la région de Kidal.   Encore faudrait-il que les questions sécuritaires dans ces zones trouvent des réponses.

Les investisseurs continuent d’affluer

En attendant, l’or malien continue d’ailleurs d’attirer les investisseurs. La compagnie cotée sur TSX-V, African Gold Group (AGG), a levé 5 millions de dollars pour financer son projet aurifère Kobada, au Mali où la firme Senet vient de s’engager pour réaliser une étude de faisabilité définitive actualisée. «Nous sommes très heureux de l’appui que nous avons reçu des actionnaires d’AGG. Grâce à ce nouveau financement, la société est en bonne posture pour mettre en œuvre ses plans de construction à court terme du projet Kobada », a commenté le PDG, Stan Bharti, dans un communiqué. Le projet Kobada est le principal actif de la compagnie African Gold Group. Selon des estimations datant de 2016, il hébergerait des ressources globales de plus de 2,2 millions d’onces.

Idem pour Oklo Resources a annoncé en septembre dernier une levée de fonds de 6 millions de dollars australiens pour financer ses activités d’exploration au Mali. «L’entreprise est maintenant bien placée pour continuer à travailler sur ses propriétés foncières très prometteuses dans l’ouest du Mali, avec une trésorerie d’environ 10 millions de dollars australiens», a déclaré le Directeur général, Simon Taylor. Pour rappel, Oklo prévoit de commencer mi-novembre 2019, un programme de forage de 35 000 m pour son projet Dandoko au Mali. Le programme de 5 millions de dollars durera 6 mois et comprendra des forages au diamant (DD), à circulation inverse (RC) et par «air core» (AC). Oklo Resources détient, dans le sud et l’ouest du Mali, un solide portefeuille de huit projets sur l’or, couvrant au total 1 389 km².

Autre acteur qui s’active actuellement dans l’or, Cora Gold. Les autorités maliennes lui ont octroyé un nouveau permis aurifère dans la ceinture aurifère de Yanfolila. Valide pour trois ans, le permis Tagan couvre 82 km² et est situé à mi-chemin entre la découverte Sanankoro de la société et la mine d’or de Yanfolila gérée par Hummingbird Resources. Du fait de sa localisation, la zone est potentiellement riche en minéralisation aurifère. Quelques intersections de minéralisation ont déjà été réalisées par le passé et Cora a identifié 20 cibles prioritaires pour un programme d’exploration, qui devrait inclure la géophysique et des forages de reconnaissance. «Les premiers résultats des récents travaux sur le terrain ont indiqué des cas potentiels où la minéralisation aurifère a été oubliée par les travaux historiques. L’analyse des données historiques, en plus de notre propre travail sur le terrain, a permis d’identifier 20 cibles prioritaires qui serviront de base à d’autres travaux d’exploration.», a confirmé, le PDG Jon Forster, dans un communiqué. Pour rappel, selon une étude réalisée en 2018, le projet pourrait héberger entre 1 et 2 millions d’onces d’or, à une profondeur de 100 m.

La compagnie minière B2Gold n’a pas été en reste puisqu’elle a commencé à investir cette année 18 millions de dollars pour les activités d’exploration aurifères sur ses licences au Mali. Le pays recevra ainsi la plus grande partie des 43 millions de dollars que la société prévoit d’allouer à l’exploration au cours de l’année. Durant cette nouvelle campagne, elle compte poursuivre ses forages fructueux afin de convertir les ressources inférées de sa mine Fekola en ressources indiquées. En outre, elle veut explorer davantage le potentiel au nord et à l’ouest de la mine par des travaux de forage. La nouvelle cible Cardinal, située à moins de 1 km à l’ouest de la fosse Fekola, fera également l’objet de nouveaux essais de forage. A noter que la mine Fekola a produit en 2018 un total de 439 068 onces d’or.

Altus Strategies s’active aussi sur l’exploration au Mali. La compagnie doublement cotée (AIM, TSX-V), a défini en juin dernier une série de cibles de forages et de tranchées prioritaires sur ses permis aurifères Djelimangara et Sebessounkoto Sud (DJ et SBK).

Pour identifier les cibles, la compagnie a procédé à un examen détaillé des données historiques disponibles pour les projets. Lesdites données comprennent plusieurs intersections de minéralisation dont celles de 3,71 g/t d’or sur 8 m et 11,05 g/t d’or sur 3,7 m.

La compagnie prévoit d’entreprendre une cartographie détaillée afin d’affiner davantage ces cibles. Les deux projets sont situés non loin de la mine d’or Sadiola (qui contient plusieurs millions d’onces), ce qui augure de belles perspectives pour Altus.

Desert Gold entend également poursuivre son aventure au Mali. En effet, les autorités maliennes lui ont accordé un renouvellement de 3 ans pour son permis d’exploration aurifère Djimbala. La compagnie dispose également d’une option pouvant lui permettre de prolonger la durée de validité de la licence de 2 à 4 ans supplémentaires. Desert Gold a évalué et analysé durant le premier trimestre 2019 les 2 150 échantillons collectés sur la portion nord-ouest du permis. L’objectif est de développer un certain nombre de cibles de forage sur lesquelles aucune activité n’a été menée jusqu’à ce jour. Le permis Djimbala couvre 100 km2 et est situé dans la ceinture aurifère Yanfolila au sud du Mali. Il se trouve près de quelques mines en opération, en l’occurrence les gisements Komana Est et Ouest de Hummingbird, Kodieran de Wassou l’Or ou encore Kalana d’Endeavour.

Si l’industrie aurifère mondiale était en effervescence après une proposition de fusion de près de 18 milliards de dollars de Barrick à Newmont Mining, le Mali peut bien se frotter les mais après cette opération. En effet, quelques mois seulement après la fusion entre Barrick Gold et le britannique Randgold Resources, la nouvelle société créée Barrick a très tôt fait connaitre ses ambitions au Mali. Opérant dans plusieurs pays africains, notamment en RDC, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Tanzanie, ou encore au Ghana (via Newmont), Barrick Gold nourrit de grandes ambitions au Mali (voir interview avec Chiaka Berthe West AFRICA Operations manager de Barrick). Son PDG, Dr. Mark Bristow faisait face à la presse le 21 juillet dernier dans la salle de réunion de la mine d’or de Loulo. Il a indiqué que le complexe Loulo-Gounkoto, qui figure parmi les actifs Tier One du groupe Barrick / Randgold récemment fusionné, continuait d’investir dans son avenir en recherchant des réserves supplémentaires et en modernisant ses installations et son équipement. «Les opérations de Barrick représentent 6% du PIB au Mali. Pendant que la mine de Morila est en voie de fermeture après une production de 6,8 millions d’onces, dix autres gisements ont été découverts», dit-il.

Au Mali, l’or est depuis pratiquement quinze années consécutives le premier produit d’exportation. Loin devant le coton (dont le Mali fut le premier producteur africain) et devant le bétail sur pied. Les exportations sont estimées à environ 1 600 milliards FCFA. Sur ce montant, les exportations de l’or seul se sont chiffrées à 1 200 milliards FCFA pour la même année, soit près de 70% des exportations totales du Mali.  

Parallèlement à cette belle performance enregistrée par le métal jaune, aujourd’hui, le mot d’ordre, c’est la diversification. Si l’or reste de loin le premier produit d’exportation du Mali, l’objectif des autorités est désormais d’attirer de nouveaux investisseurs en valorisant au maximum les autres ressources du pays, aussi nombreuses que sous-exploitées.  Au premier rang des espoirs maliens figure l’or noir.

Lors du dernier remaniement ministériel, le ministre des Mines a vu son fauteuil…renforcé avec l’ajout du Pétrole, une manière de relancer l’activité de recherche.

Il faut dire que le sous-sol malien recouvrirait une grande quantité de ressources pétrolières. Les multinationales se sont bousculées aux portes du Mali pour bénéficier de son extraction. Mais depuis la crise de 2012, les bénéficiaires ont plié bagage et les travaux sont à l’arrêt. Bien avant, les autorités en 2004 conscientes du potentiel du sous-sol ont entrepris une vaste politique de relance de la recherche pétrolière. Cela s’est traduit par la création de l’Autorité pour la Promotion de la Recherche Pétrolière (AUREP). Dès sa création, cette structure rattachée au Ministère des Mines a « subdivisé les bassins sédimentaires en 15 blocs sur la base des anciens travaux. Actuellement, le nombre de blocs est de 41 couvrant une superficie de 984 873 km² sur l’ensemble du territoire. Ceci a été rendu possible grâce aux travaux récents menés par les différentes sociétés ».

Dans le cadre de sa mission de promotion, de la recherche pétrolière, l’AUREP, selon sa direction a initié un projet intitulé « Promotion des nouvelles zones pétrolières » dont l’objectif est de fournir des données géologiques de base sur les zones n’en disposant pas assez et de procéder à une cartographie géologique avec prélèvement d’échantillons pour analyse afin de mieux comprendre le système pétrolier.

Actuellement, 15 blocs sont déjà attribués à des sociétés partenaires de l’État malien, parmi lesquelles l’italien ENI, l’algérien Sipex, l’américain Glencore…  Le sous-sol malien est également riche en calcaire (avec des réserves estimées à 122 millions de t), de marbres (60 millions de t) ou de métaux comme la bauxite (1,5 milliard de t), le manganèse (150 millions de t), le plomb et le zinc (1,7 million de t), et le fer (2 milliards de t). Pour l’heure, pour sortir de cette monoculture, la ressource à valoriser est le lithium.

Le lithium promis à un bel avenir

En mars dernier, le gouvernement malien a octroyé à Birimian une licence environnementale pour son projet de lithium Goulamina. La licence est une condition nécessaire à l’octroi d’un permis d’exploitation minière pour le projet. « Il s’agit d’une étape importante pour le projet de lithium Goulamina, qui est l’aboutissement d’un travail considérable de la part de l’équipe. Nous sommes sur le point de devenir la première mine de lithium au Mali », a déclaré Chris Evans, DG de la compagnie, dans un communiqué.

La construction de la mine Goulamina devrait commencer au deuxième semestre 2019 et la mise en service de l’usine de traitement, un an plus tard.

Selon l’étude de préfaisabilité actualisée, la mine pourrait produire annuellement 362 000 tonnes de concentré de Li2O sur une durée de vie de 16 ans.

Récemment, la compagnie minière Mali Lithium a annoncé envisager de produire en aval du sulfate et de l’oxyde de lithium à sa mine Goulamina. Elle a engagé en octobre dernier la firme d’ingénierie Hatch pour l’aider à réaliser une étude exploratoire afin d’examiner la viabilité de ce projet.

Alors qu’une étude de faisabilité est déjà en cours pour un projet de production de concentré de spodumène à Goulamina, la compagnie a indiqué qu’il existe une opportunité de production de sulfate et d’oxyde de lithium. Ces deux éléments intermédiaires très recherchés peuvent être plus facilement raffinés que les carbonates et hydroxydes de lithium qui seront produits sur le site minier.

La firme Hatch aidera la société à estimer l’ordre de grandeur des coûts d’investissement pour construire l’usine de traitement nécessaire pour le nouveau projet. L’étude exploratoire sera réalisée parallèlement à l’étude de faisabilité déjà en cours et durera environ six semaines. Mali Lithium prévoit de prendre une décision finale d’investissement pour le projet Goulamina fin 2020.

Quant à la compagnie minière Kodal Minerals, elle a annoncé en juin dernier avoir terminé et déposé une étude d’impact environnemental et social (Esia) pour son projet de lithium Bougouni, au Mali. La soumission formelle de l’Esia aux autorités maliennes représente la première étape critique dans le processus d’obtention d’un permis d’exploitation minière.

L’étude comprend un examen et une évaluation d’ensemble du projet, ainsi que des études environnementales de base spécialisées. « Le soutien continu que nous avons reçu du gouvernement malien et de la communauté locale a été très encourageant et démontre l’intérêt considérable porté au développement de notre projet », a déclaré Bernard Aylward, PDG de la compagnie, dans un communiqué. Si le gouvernement malien valide l’Esia, Kodal pourra déposer une demande de permis d’exploitation minière pour le projet. Pour cela, il faudra qu’elle termine l’étude de faisabilité qui évalue la faisabilité technique et économique de l’exploitation du gisement. Le projet Bougouni contient 21,3 millions de tonnes titrant 1,11 % de lithium.

Mines : Quand le Mali mise sur la formation

Le gouvernement malien a officiellement lancé les travaux de construction de l’École africaine des mines du Mali (EAMM) qui sera basée dans la ville de Bamako. Une cérémonie de pose de première pierre, présidée par le premier ministre, Boubou Cissé s’est déroulée à cet effet le 24 juin dernier. L’ambition derrière ce projet est de tripler la ressource humaine dans le secteur minier aujourd’hui évaluée à 7000 employés dans le pays. L’EAMM permettra de mettre à la disposition des industries minières des compétences africaines nécessaires à leur fonctionnement. Cette école dédiée à la formation des cadres africains, proposera des formations diplômantes destinées aux étudiants dans les cycles d’ingénieurs miniers, de géologie minière et de technologies minérales. EAMM va également ouvrir des formations de courte durée à l’usage des professionnels dans des modules liés aux aspects de santé et sécurité, de l’environnement, de la fiscalité minière et de la réhabilitation des sites. D’un cout estimé à environ 15,40 milliards de francs CFA sur financement de l’État et des partenaires, notamment du secteur minier, l’École africaine des mines du Mali dont la capacité d’accueil est de 300 étudiants,  sera bâtie sur un espace de 20 ha.  Le nouvel établissement qui ouvrira ses portes à la rentrée universitaire 2022/2023 va venir renforcer l’offre de formation en matière de mines dans la région. Une offre déjà couverte par plusieurs institutions dont, entre autres l’École de Mines et du Pétrole de Université Privée Ahmed Baba, du Mali, et l’École des Mines, de l’Industrie et de la Géologie du Niger.

 

Photo : Loulo

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