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Notation souveraine : Le Ghana poursuit sa descente aux enfers

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Après l’agence de notation financière Fitch Ratings, c’est au tour de Moody’s de dégrader les notes de crédit du Ghana, craignant une restructuration de la dette publique alors qu’Accra est en discussion avancée avec le FMI

Dernière chance face à une inflation galopante qui a emporté sur son chemin la devise nationale, le Cedi. 

Inquiète que les négociations en cours entre le gouvernement et le FMI ne débouchent sur un programme de financement incluant une condition de restructuration de la dette publique, Moody’s a décidé d’abaisser la note d’émetteur à long terme et de la dette senior non garantie de Caa1 à Caa2 (catégorie ultra-spéculative). Ces cotes ont été, dans la foulée, placées sous surveillance avec perspective négative, en vue d’une autre possible dégradation future. «Une telle restructuration serait probablement considérée comme un défaut», prévient l’agence Moody’s. 

Confronté à une crise économique aiguë, le gouvernement ghanéen est à la recherche d’une thérapie de choc auprès du FMI, pour se «recrédibiliser» auprès de ses partenaires, notamment les investisseurs. Pour Moody’s, «la dégradation de la note à Caa2 reflète la récente détérioration macroéconomique qui a aggravé les difficultés de liquidité et de soutenabilité de la dette publique et augmenté le risque de défaut.»

L’inflation malgré un resserrement de la politique monétaire

Et même si le gouvernement a tenté de resserrer sa politique monétaire pour répondre aux chocs des prix mondiaux, l’inflation continue d’augmenter et atteint désormais des niveaux élevés, entraînant dans son envol la monnaie locale. L’inflation a grimpé à 34 % fin août 2022, son niveau le plus élevé depuis juillet 2001. La monnaie locale, le cedi ghanéen, quant à elle, est au plus mal, après avoir perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar américain au cours des neuf premiers mois de 2022.

Les analystes de Moody’s prévoient que la dépréciation de la monnaie sur 2022 sera le principal contributeur à l’augmentation du ratio dette sur PIB. La dette publique pourrait ainsi atteindre plus de 104 %, soit 26 points de plus qu’en 2021.

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