Tous les articles qui parlent de Bassirou Diomaye Faye

Le Sénégal veut éviter le scénario du défaut. Mardi 1er septembre, Dakar a dévoilé les contours d’un programme de sauvetage négocié avec le Fonds monétaire international (FMI), qui devrait ouvrir la voie à la restructuration de près de 5 milliards de dollars d’eurobonds. Mais pas question, du moins à ce stade, de fermer le robinet des remboursements.

En négociant avec le FMI la restructuration de près de 5 milliards de dollars d’eurobonds, Dakar ouvre une voie encore inédite parmi les pays engagés dans le Cadre commun du G20. Contrairement à la Zambie, au Ghana ou à l’Éthiopie, le Sénégal veut continuer à payer ses créanciers pendant les discussions. Un pari destiné à préserver la confiance des marchés, mais qui pourrait mettre à rude épreuve le dispositif international de restructuration de la dette.

Le FMI et le Sénégal sont parvenus à un accord au niveau des services sur ce programme de prêts, a annoncé le Fonds mardi 1er septembre. Dans un communiqué distinct, le ministère sénégalais de l'Économie et des Finances a fait état d'un « cadre commun renforcé » visant à rétablir la « soutenabilité de la dette », sans préciser les mesures envisagées à cet effet. L'annonce n'a pas rassuré les investisseurs : les obligations sénégalaises ont chuté à des niveaux historiquement bas, s'échangeant toutes désormais sous 50 cents pour un dollar ou un euro, soit la moitié de leur valeur nominale.

Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord de principe portant sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. En contrepartie, Dakar s'engage à rétablir la soutenabilité de sa dette, après la découverte de plus de 11 milliards de dollars d'emprunts non déclarés sous l'ancienne administration. Un nouveau départ sous haute tension, alors que les marchés sanctionnent déjà lourdement la dette sénégalaise.

C'est à Thiadiaye que le chef de l'État a officiellement donné le coup d'envoi de la mise en service de l'autoroute Mbour–Fatick–Kaolack. Après plusieurs années de travaux, cet axe majeur est désormais ouvert à la circulation, offrant une nouvelle liaison rapide entre la Petite Côte et les régions de Fatick et de Kaolack. L'ouvrage représente 100 kilomètres d'autoroute, auxquels s'ajoutent 15 kilomètres de routes de connexion destinées à améliorer l'accès aux territoires et aux principaux pôles d'activité situés le long du tracé.

Le chantier aura mobilisé un investissement de 738 millions de dollars, faisant de cette autoroute l'un des projets structurants de la politique sénégalaise d'infrastructures. Le financement de l'ouvrage a été assuré par la République populaire de Chine, une implication que Bassirou Diomaye Faye a présentée comme un motif de satisfaction nationale et une illustration de la qualité des relations entre Dakar et Pékin.

Dans un communiqué publié le 17 août, l'institution de Bretton Woods annonce sa position : « fermement engagée » aux côtés du Sénégal pour préserver la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance durable et inclusive. Derrière ce langage diplomatique se joue une négociation ardue. Depuis la suspension, en octobre 2024, du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), doté de 1,8 milliard de dollars, Dakar cherche à renouer avec le Fonds sur de nouvelles bases.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne à Dakar du 19 août au 1er septembre pour relancer les discussions sur un nouvel accord de financement. Le contexte est tendu : dette publique proche de 132 % du produit intérieur brut (PIB), service de la dette attendu à un niveau record en 2026 et notations souveraines en territoire spéculatif. Pour le gouvernement sénégalais, l'enjeu dépasse la seule conclusion d'un programme : il s'agit de restaurer une crédibilité financière ébranlée par la révélation, en 2024, d'un endettement largement supérieur aux chiffres officiels de l'ancienne administration.

Ce financement vise à accompagner plusieurs projets structurants, notamment dans l'agriculture, les transports, ainsi que des programmes de résilience ciblant les jeunes et les femmes — des leviers essentiels du développement.

Le partenariat entre Dakar et la Banque mondiale franchit une nouvelle étape. Reçu mercredi, 5 août par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Diagana, vice-président de l'institution pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, a annoncé une enveloppe de 340 milliards de francs CFA, soit environ 598,40 millions de dollars US, destinée à soutenir les secteurs stratégiques du pays. Cette décision traduit la confiance renouvelée de la Banque mondiale dans les réformes engagées par les nouvelles autorités sénégalaises.