Tous les articles qui parlent de Xi Jinping

C’est un séisme douanier dont les répliques se feront sentir de Johannesburg au Caire. Le gouvernement chinois a officiellement annoncé une mesure appropriée : l’accès en franchise de droits pour les produits originaires de la quasi-totalité du continent africain. En levant ces barrières tarifaires, Pékin ne se contente pas de faire un geste diplomatique, il semble redessiner les contours de la mondialisation pour la décennie à venir.

A partir de ce 1er mai 2026, c’est l’exemption des droits de douane pour les produits originaires d’Afrique à destination de la Chine. Pékin a, en effet, décidé de supprimer les droits de douane pour 52 pays africains. Une décision stratégique qui vise à corriger un déséquilibre commercial tout en scellant l’influence de l’empire du Milieu sur le continent. L’Eswatini et l’Érythrée sont sous embargo de Pékin. Et pour cause : ces deux pays de l’Afrique australe et de l’Est maintiennent encore des relations diplomatiques avec Taïwan.

L'Eswatini, petit Etat d'Afrique australe, est l'un des douze pays dans le monde, et le seul en Afrique, à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Taïwan, territoire revendiqué par la Chine. Le président taïwanais était attendu mercredi 22 avril à Eswatini pour les célébrations du 40ème anniversaire de l'accession au trône du roi Mswati III. La Chine, qui entretient des liens économiques et politiques étroits avec le continent africain, considère Taïwan comme l'une de ses provinces, et lui conteste le droit de se qualifier de pays.

Le président taïwanais Lai Ching-te, a déclaré ce mardi 21 avril, avoir annulé son voyage prévu cette semaine en Eswatini en accusant Pékin d’exercer des pressions sur trois Etats africains pour qu'ils révoquent l'autorisation de survol de leur territoire par son avion. Le Secrétaire général du bureau présidentiel, Pan Meng-an, a révélé que les Seychelles, Maurice et Madagascar avaient unilatéralement révoqué sans préavis, les autorisations de vol permettant à l'avion présidentiel de survoler leur territoire lors de son voyage. «La véritable raison était la pression intense exercée par les autorités chinoises, y compris la coercition économique», a-t-il accusé lors d'une conférence de presse à Taipei.

La Russie progresse sur le terrain diplomatique et militaire en Afrique, mais dans l’opinion publique, l’adhésion reste limitée.

Malgré un retour diplomatique et sécuritaire remarqué sur le Continent, la Russie peine à convaincre les opinions publiques africaines. Selon une enquête du réseau Afrobarometer, Moscou arrive loin derrière la Chine, les États-Unis et l’Union européenne en termes d’image. Les perceptions varient toutefois fortement selon les pays et les régions

Dans un message adressé aux chefs d’État africains réunis pour le 39ᵉ sommet annuel de l’Union africaine, le Président chinois Xi Jinping a confirmé l’entrée en vigueur, dès le 1er mai 2026, d’un traitement à tarif zéro pour tous les pays africains entretenant des relations diplomatiques avec Pékin. Seul l’Eswatini, dernier allié de Taïwan sur le continent, est exclu du dispositif

À partir du 1er mai 2026, la Chine supprimera les droits de douane sur l’ensemble des importations en provenance de 53 pays africains. Annoncée par le Président Xi Jinping himself lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette décision marque un tournant commercial majeur, aux implications économiques et géostratégiques considérables

Lorsqu’en 2001, Jim O’Neill, économiste chez Goldman Sachs, forge le sigle «BRIC» pour désigner quatre économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine), il ne soupçonne probablement pas que cette catégorie d’investissement deviendra, en deux décennies, une réalité géopolitique d’ampleur planétaire. En 2010, l’Afrique du Sud intègre le groupe, puis en 2024-2025, une vague d’adhésion sans précédent transforme l’acronyme en plateforme hétérogène mais stratégiquement ambitieuse. L’élargissement aux Émirats arabes unis, à l’Iran, à l’Indonésie, à l’Égypte et à l’Éthiopie cristallise une mutation profonde : les BRICS aspirent à devenir la voix politique du Sud global.

Le XXIe siècle verra-t-il l’avènement d’un ordre multipolaire fondé sur les BRICS ? Rien n’est moins sûr. Leur poids économique est incontestable, leur volonté politique affichée. Mais sans vision commune, sans gouvernance institutionnelle renforcée, et sans capacité à arbitrer les intérêts nationaux, les BRICS pourraient bien rester ce qu’ils sont encore aujourd’hui : un miroir grossissant des tensions du monde, plus qu’un acteur structurant de son avenir