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Conférence de Nairobi. Population et Développement, au cœur des priorités des agences onusiennes

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Du 11 au 14 novembre passé, le FNUAP, en collaboration avec les gouvernements du Kenya et du Danemark, a organisé un sommet de haut niveau dans le but de mobiliser la volonté politique et les engagements financiers nécessaires de toute urgence pour mettre en œuvre définitivement et intégralement le Programme d’action de l’ICPD.

En marge de cette conférence, WSSCC et ses partenaires ont animé des panels de haut niveau sur la promotion de l’hygiène menstruelle et la santé de la femme. Ces panels ont permis aux différents experts venus de du monde entier de partager et d’échanger sur les acquis, les expériences et le rôle des acteurs sur la promotion de la GHM dans le monde. Le Niger, valablement représenté à cette rencontre multilatérale, a participé au panel de partage d’expérience sur la GHM à travers le ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant, le ministère de la Population et le réseau des journalistes pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (REJEA).

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Mme El back Zeinabou Tari Bako, ministre de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant du Niger

Mme El back Zeinabou Tari Bako, ministre de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant du Niger

Auparavant, c’est la ministre de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant du Niger, Mme El back Zeinabou Tari Bako, qui a présidé le lancement officiel des activités. Jadis, la question de la gestion de l’hygiène menstruelle était restée taboue dans les sociétés africaines de manière générale. Cette situation est causée par l’absence d’un éveil de conscience sur la GHM et les barrières psychosociales qui ont longtemps perduré dans certaines communautés. Cette rencontre de Nairobi a permis de concrétiser une synergie d’actions de tous les acteurs du domaine afin de réaliser efficacement les objectifs de l’ICPD en Afrique et dans le monde.

Grâce aux actions de sensibilisation et d’éducation menées par ONU-Femmes et ses partenaires dont le Réseau des journalistes pour l’eau, l’Hygiène et l’assainissement (REJEA) sous le leadership des ministères de l’Hydraulique et de l’assainissement ainsi que de celui de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant depuis 2015, les autorités politiques du Niger se sont engagées à prioriser la promotion de la GHM et son intégration dans les politiques et les stratégies nationales afin d’améliorer la santé de la femme et de la jeune fille. Des activités d’information, de  plaidoyer et de sensibilisation ont été réalisées au niveau des différentes régions du pays en vue de démystifier la question de l’hygiène menstruelle. Au demeurant, les acteurs ciblés ont assimilé les messages adressés avec, à la clé, des feedback solides de bonne pratique de l’hygiène menstruelle ayant permis d’évaluer la portée des campagnes menées. 

La participation du Niger à ce Sommet a marqué plus d’une audience grâce à la qualité des expériences acquises par les différents acteurs intervenants dans la promotion de la GHM grâce aux appuis multiformes de WSSCC. Au cours du panel coanimé par la ministre de tutelle et  le Président du REJEA, Ousmane Dambadji, ainsi que d’autres acteurs, il été mis en lumière les importantes actions menées par le gouvernement en matière de santé de la reproduction notamment la prise en compte de la GHM dans la mise en œuvre des projets et programmes de développement sur l’ensemble du pays.

Pour Madame la ministre, la mauvaise gestion de l’hygiène menstruelle affecte directement l’estime de soi, la santé reproductive, l’éducation des filles et l’économie. Pour ce faire, la bonne gestion de la thématique « santé et hygiène menstruelle » assure l’autonomisation de la femme et de la fille. C’est un droit humain fondamental. Il reste de surcroit un défi à relever dans plusieurs pays en développement où, moins de la moitié de la population a accès à la formation et à l’offre des services adéquats pour la gestion de l’hygiène menstruelle des infrastructures sanitaires adéquates.

‘’Au Niger, les femmes et les filles représentent plus de 50% des utilisateurs des services d’assainissement et d’hygiène. Aussi, la situation des femmes et des filles dans les camps de réfugiés et des migrants, mérite plus d’une attention particulière.

En effet, l’existence de toilettes, de l’eau en quantité suffisante et de qualité ainsi que d’un minimum de produits et de matériels d’hygiène permet à la femme et à la jeune fille de gérer ses menstrues avec intimité et dignité et d’avoir davantage confiance en elle-même, gage d’une autonomisation. En adoptant le 9 mai 2017, le Programme sectoriel eau, hygiène, assainissement (PROSEHA) pour la période 2016-2030, le gouvernement du Niger marque ainsi et de façon solennelle, son adhésion aux Objectifs de développement durable (ODD), dont la cible 6.2, consacre du reste, la prise en compte des « besoins spécifiques des femmes et des filles ainsi que des personnes en situation de vulnérabilité.

Ousmane Dambadji, Président du Réseau des journalistes pour l’eau, l’Hygiène et l’assainissement (REJEA)

Ousmane Dambadji, Président du Réseau des journalistes pour l’eau, l’Hygiène et l’assainissement (REJEA)

Dans le même élan, lors de la 39ème session du Conseil des droits de l’homme tenue à Genève, en Suisse le 21 septembre 2018, toujours sous l’égide des Nations Unies, le Niger a soutenu la résolution sur « Les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement » en tant que droit humain fondamental.’’

Le Niger s’est engagé dans plusieurs actions à travers notamment le Programme Conjoint « Genre-Hygiène-Assainissement » et l’Initiative Spotlight visant la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Il s’agit entre autres de la mise en place d’un comité interministériel de coordination du sous-secteur de l’hygiène et l’assainissement, de l’intégration de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans les Politiques Publiques au Niger, l’introduction de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle de manière explicite dans le document de « Politique Nationale de Genre » adopté par le Gouvernement, à l’initiative de mon Département Ministériel, la réhabilitation des latrines dans les écoles et les marchés dotés chacune (pour ce qui est des marchés) d’un dispositif d’approvisionnement en eau ainsi qu’un cadre permanent de formation des femmes et des filles, le Plaidoyer en vue d’un rehaussement des allocations budgétaires dédiées à l’élimination des Violence Basées sur le Genre dans les ministères sectoriels avec une priorisation de l’éducation de la jeune fille et la prise en compte du volet Gestion de l’Hygiène Menstruelle du programme sectoriel de l’éducation,  le renforcement l’éducation et les connaissances sur la gestion de la santé menstruelle, le fait d’aborder les normes sociales, les croyances, la stigmatisation, la discrimination et l’implication des hommes et des garçons, fournir l’eau et l’élimination des déchets, améliorer la gestion de la santé menstruelle dans les contextes humanitaires, l’accompagnement technique des communes en vue de l’élaboration des Plans de Développement Communaux sensibles aux Violences Basées sur le Genre avec une priorisation de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans le secteur de l’éducation, l’autonomisation économique de la femme rurale, la promotion des emplois jeunes pour filles et garçons déscolarisés, la mise à l’échelle des initiatives communautaires des plateformes multi-acteurs, des clubs des hommes actifs et la Gestion de l’Hygiène Menstruelle au niveau communautaire, le renforcement des capacités des adolescentes sur la gestion de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire et dans les Espaces sûrs, la formation des jeunes et associations féminine dans la confection des serviettes hygiéniques, la mise en place d’un dispositif de gestion de l’hygiène menstruelle en contexte humanitaire, la prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles et des personnes en situation de vulnérabilité dans les documents sectoriels adoptés, dans les budgets et dans la réalisation des ouvrages d’assainissement sensibles à la GHM, la formation des jeunes filles couturières pour la fabrication des serviettes hygiéniques locales.

Le Président du REJEA, M. Ousmane Dambadji, a mis l’accent sur le rôle des hommes dans la promotion de la GHM au Niger. Ces derniers, en tant que responsables de famille, se sont investis dans l’acceptation, l’accompagnement des femmes et des filles afin de les aider à gérer la situation en période menstruelle. ‘’ Maintenant conscient de la situation de la femme et de la fille en période des menstrues, je m’engage à soutenir, chaque femme et chaque fille de ma famille, à gérer chaque mois, leurs besoins en hygiène menstruelle’’,dixit un parlementaire nigérien a témoigné le paneliste Ousmane Dambadji !

Pour rappel, l’atteinte des objectifs du développement durable, notamment l’ODD 6, exige la prise en compte de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans les différentes thématiques. Pour ce faire, l’option prise par le Niger pour asseoir une Politique de Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans les différents secteurs est le développement de l’approche holistique et stratégique qui implique toutes les parties prenantes, notamment les Départements Ministériels, le Parlement, les Collectivités Locales, les ONG/Associations, les Communautés, les Partenaires Techniques et Financiers. Au niveau de chaque secteur, il a été créé des alliances et un cadre de collaboration en vue de l’internalisation et de la prise en compte systématique des besoins stratégiques des femmes et des filles à travers les actions notamment la poursuite de l’intégration de la GHM dans les politiques publiques en matière d’eau potable, d’hygiène, et d’assainissement, le renforcement des capacités des acteurs pour un changement véritable de comportement favorable à la GHM à tous les niveaux, la réalisation des infrastructures d’eau et d’assainissement sensibles au genre y compris la GHM, le soutien au secteur privé par l’appui à l’entreprenariat des jeunes et des filles pour la production locale des kits d’hygiène dans le cadre de l’autonomisation des femmes, la recherche action pour mieux apprécier les impacts de la GHM dans la vie des femmes et des filles notamment en matière d’éducation et de formation.

En définitive, il échoit à tous les acteurs étatiques et non-étatiques de faire bloc, dans une synergie d’actions, afin de promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène menstruelle à l’échelle de toute l’étendue du territoire national.

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