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Transport et logistique : l’Afrique, terre d’opportunités pour les opérateurs, mais inégale

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Avec plus d’1 milliard d’habitants et 54 pays, l’Afrique possède un potentiel économique qui dépend toutefois de la modernisation des infrastructures routières, portuaires, ferroviaires et aériennes. L’étude PwC «Africagearing up» analyse justement les perspectives de développement dans ces secteurs.

secteur logistique afriqueL’étude PwC « Africagearing up » en dit long sur les perspectives de développement pour les acteurs du Transport et de la Logistique. Pour la première fois, le cabinet d’audit, d’expertise comptable et de conseil, analyse sur la situation dans dix pays, l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, la République Démocratique du Congo, et la Tanzanie. Ces pays ont été choisis soit pour leur rayonnement économique, leurs projections de croissance supérieures à la moyenne ou leur capacité à devenir une plateforme de transport et de logistique. Si les opportunités sont nombreuses dans le secteur du transport international et de la logistique, l’étude PwC «Africagearing up» démontre la nécessité pour les acteurs du secteur d’adapter leur stratégie d’investissement aux conditions économiques, structurelles et politiques qui prévalent à l’échelle locale dans chacun des pays. «Avec plus d’1 milliard d’habitants et 54 pays, l’Afrique recèle un formidable potentiel économique, qui reste néanmoins dépendant de la modernisation des infrastructures routières, portuaires, ferroviaires et aériennes. Le développement de ces infrastructures est notamment porté par la croissance de la distribution et des biens de consommation, de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’industrie. Bien conscients que ces atouts seront indispensables pour garantir le bon fonctionnement du commerce intérieur et extérieur, les Etats planifient des plans d’actions ambitieux », note le rapport.

Selon cette étude, l’Algérie a ainsi déployé, entre 2010 et 2014, un plan d’investissement dédié qui s’élève à 286 milliards de dollars US.

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Corrélation entre l’état des infrastructures de transport et le développement économique

Parmi les pays les plus attractifs pour les acteurs du Transport et de la Logistique, l’étude de PwC retient notamment le Nigeria, pays qui connaît un accroissement des échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud et la Chine, une forte émergence des classes moyennes dans les communautés urbaines, et par conséquent une hausse notable de la demande de biens d’importation. Au Kenya, la consommation– et donc la demande de services de transport et de logistique – devrait elle aussi connaître une forte augmentation dans les années à venir, à laquelle s’ajoute la volonté des pouvoirs publics d’extraire davantage de matières premières de ses gisements afin de les exporter. Sur le plan économique, l’Afrique du Sud reste à ce stade la valeur sûre du continent. En revanche, la République Démocratique du Congo est l’un des pays les plus en retard en termes d’infrastructures. Les conflits successifs ont laissé un réseau de routes délabré et un système ferroviaire totalement obsolète. Toutefois, les efforts entrepris ces dernières années sont des indicateurs d’une nette volonté d’amélioration de cette situation qui appelle cependant un engagement sur plusieurs décennies.

De nombreux projets d’investissement sont en cours

La majorité du fret en Afrique se fait par les routes. Or, le réseau routier est souvent en mauvais état, mal entretenu, voire inexistant. L’Afrique du Sud (62 kilomètres de réseau routier pour 100 kilomètres carrés de territoire) et le Kenya sont les pays qui disposent de la meilleure qualité de route. Et pourtant, au Kenya, seules 14% des routes sont goudronnées. En termes de réseau ferroviaire – souvent en moins bon état que le réseau routier – l’Afrique du Sud est le pays le plus avancé, notamment grâce aux 5 milliards de dollars US que les autorités ont investis dans le secteur en seulement cinq ans, entre 2006 et 2011. Le pays travaille également avec le Swaziland sur un projet commun de ligne ferroviaire. La collaboration intra-africaine se développe : la Tanzanie travaille avec le Rwanda et le Burundi, et le Kenya est déjà connecté à l’Ouganda. « Les pays africains investissent aussi beaucoup en termes d’infrastructures portuaires: on recense cinq nouveaux projets de ports, à Barra do Dande et à Lobito (Angola), à Lekki au Nigeria, à Lamu au Kenya, et à Musoma en Tanzanie. Ces nouveaux projets s’ajoutent à l’extension du parc existant. D’ambitieux projets sont également prévus dans le domaine du fret aérien, mais ne pourront véritablement décoller avant que les problèmes de sécurité ne soient résolus. L’Afrique de l’Ouest manque d’ailleurs d’un véritable hub», souligne le rapport. Cependant, deux projets d’aéroports internationaux sont en cours, à Luanda, la capitale de l’Angola et à Abuja, au Nigéria. A l’Est et au Sud, les hubs existent déjà, notamment à Nairobi (Kenya), Addis-Abeba (Ethiopie) et Johannesburg (Afrique du Sud).

La Chine stimule les projets de construction d’infrastructures

Au regard de l’intérêt croissant des investisseurs étrangers, qu’ils soient privés ou publics, de nombreux projets ont de grandes chances d’être menés à terme. En Angola, par exemple, ce sont des entreprises publiques chinoises qui, depuis des années, assurent l’expansion des infrastructures du pays, tandis qu’au Kenya, ces mêmes sociétés s’apprêtent à construire une ligne de chemin de fer reliant le port de Mombasa à l’état frontalier de l’Ouganda, suite à la signature d’un accord en août 2013. «L’extension des infrastructures, qu’elle soit financée par la Chine ou par d’autres, représente d’incroyables opportunités pour les entreprises spécialisées dans le transport et la logistique. Un bon réseau de transport ne suffit pas à garantir le bon fonctionnement d’un système de transport de marchandises. Les multinationales de la logistique ont tout à gagner à apporter leur savoir-faire et à contribuer non seulement au développement de nouvelles régions à fort potentiel commercial, mais aussi à la stimulation des échanges – et donc de la croissance – du continent africain.», explique Benjamin Nzailu, Associé Audit et Conseil chez PwC en Afrique francophone, cité dans le communiqué.

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