Par Mustapha Brakez, Expert dans la gestion des déchets urbains
Directeur de SEGU, Cabinet de Conseil

Directeur de SEGU, Cabinet de Conseil
Dans nos pays, la gestion des déchets est un indicateur de nos paradoxes. Tout le monde pense détenir la solution, mais l’existence de plusieurs acteurs aux intérêts divers et parfois inconciliables dans des contextes de villes à croissance démographique et spatiale non maitrisée rendent la situation intenable.
Dans beaucoup de cas, le prétexte de contraintes financières est avancé pour masquer les problèmes de manque de volonté, de gouvernance et de civisme.
Dans beaucoup de villes – surtout de l’Afrique francophone – subsistent des formes de prestations largement héritées de l’ère coloniale : régie municipale, matériel mécanisé souvent inadapté, financement partiel par une taxe d’enlèvement des ordures insuffisamment recouvrée… Le résultat de cette situation passe de commentaire : personnel pléthorique, matériel cannibalisé, déficit budgétaire. L’actualité récente donne encore à voir quelques expériences de privatisation non concluantes en raison des conditions discutables de réalisation de ces expériences (service rémunéré par la collectivité locale, manque de volonté politique pour assurer le contrôle et la régulation, situation de concurrence monopolistique…).
La situation montre les limites des modèles importés, ou exogènes, qu’il s’agisse d’innovations technologiques ou de modèles d’organisation sociale. Les technologies proposées sont souvent supposées marcher toutes seules. Il en résulte également des problèmes majeurs de maintenance.
A l’évidence, la politique de l’offre d’équipements se traduit par des visions déconnectées du terrain, en raison d’une méconnaissance du contexte, du milieu d’application, des aspirations sociales et des besoins locaux, de la diversité des espaces géographiques et sociaux.
Les discours technicistes des services de propreté, du type «Fermez le couvercle de la poubelle et nous ferons le reste» s’avèrent intenables. Les responsables municipaux ont absolument besoin d’une participation des habitants, du concours de la société civile.
Entre les pouvoirs publics et la société civile, une alliance est à construire. Pour qu’il y ait propreté, il faut qu’il y ait appropriation sociale des espaces collectifs, qu’il s’agisse de la rue ou du quartier ; sinon, c’est l’espace «de personne». La non-appropriation se traduit par une absence d’entretien et par des rejets «sauvages».
Plutôt que la coercition, l’arme privilégiée devrait être la persuasion. Une gestion des déchets socialement intégrée appelle une gestion populaire et participative ; un ancrage populaire est nécessaire; une meilleure gestion des déchets passe par une véritable mobilisation sociale.
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Un commentaire
La volonté politique reste un maillon de taille pour réussir à pérenniser la gestion des déchets en Afrique