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Ebola : une menace planétaire

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Desinfection Ebola

Image CC de Ethleen Lloyd

Le virus Ebola fait planer une psychose générale sur l’Afrique et même au-delà. Tout le monde a encore en mémoire la décision américaine de « tester » les membres des délégations africaines prenant part au Sommet qui a permis à une cinquantaine de chefs d’Etat du continent noir de serrer la main du président de la première puissance mondiale.
Pour l’instant, seule l’Afrique de l’Ouest continue de se mobiliser contre le virus Ebola, de plus en plus meurtrier. 1000 victimes. La Guinée a fermé une partie de ses frontières. La Sierra-Leone a recours à des militaires pour faire respecter les mesures de quarantaine. Le Nigeria fait appel aux volontaires… Depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’il fallait considérer l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola comme «une urgence de santé publique de portée mondiale», tous les pays touchés ont pris des mesures drastiques.
De la grippe espagnole à Ebola, apparu il y a 35 ans en Afrique, les épidémies les plus graves depuis 1918 n’ont jamais suscité autant d’effroi à en juger quelques réactions ici et là : des frontières fermées, des vols annulés, des forums suspendus, en attendant que la situation revienne à la normale. C’est Donald Kaberuka en personne, président de la Banque africaine de développement qui déclarait il y a peu sur les ondes d’une chaine de télévision européenne : « à cause de l’Ebola les investisseurs sont en train de déserter la Sierra-Leone ». Une situation qui risque de plomber l’excellent taux de croissance à deux chiffres que ce pays enregistre depuis plus de 5 ans.
Malgré le décès du prêtre espagnol Miguel Pajares, premier malade européen infecté par le virus de la fièvre hémorragique Ebola, l’Europe ne se sent pas encore vraiment concernée. Pourtant la menace planétaire est réelle. La souche en cause, dite «Zaïre», n’avait jusqu’à présent jamais été observée ailleurs qu’en Afrique centrale (Gabon, Congo et RDC), à environ 2000 km de la région de Guéckédou, en Guinée, point de départ de l’épidémie. Et personne ne savait trop comment le virus avait pu faire le trajet. Un article paru dans la revue Science, sans apporter toutes les réponses, vient jeter un peu de lumière sur ce mystère. Fondée sur le séquençage du virus chez 78 patients en Sierra-Leone, de la fin de mai à la mi-juin (ainsi que quelques autres provenant de Guinée), l’étude suggère que l’actuel virus proviendrait du même réservoir animal que l’Ebola qui a causé une épidémie en RDC en 2007-2008. Cela ne répond pas à toutes les questions mais c’est un morceau de plus dans ce casse-tête. Sachant cela, la riposte à Ebola doit être non seulement africaine mais mondiale.

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