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Vers un réel partenariat Afrique-Europe favorable aux mines responsables

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La crise de la Covid-19 est source de nouvelles tensions sur les matières premières au niveau mondial autant que sur les masques de protection ! Des tensions marquées notamment par une reprise intense de la consommation chinoise de fer et un cours de l’once d’or ayant franchi la barre symbolique des 2000 dollars.

En France, la question est même abordée à l’aune des nouveaux enjeux de souveraineté soulevés par la pandémie mais aussi les défis du changement climatique. Le BRGM, service de géologie national, a ainsi récemment et discrètement mis l’accent sur la sous-valorisation des ressources minérales en France, en particulier le lithium, minerai indispensable à la transition énergétique et aux industries du numérique. Réduire l’actuelle dépendance aux importations par l’exploitation des ressources minières connues dans l’hexagone et les outre-mer, devient un enjeu crucial. 

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Dans le même temps, les exigences européennes de diligence liées aux importations de minerais stratégiques que sont l’étain, le tantale, le tungstène et l’or entrent en vigueur au 1er janvier 2021. Une pression supplémentaire pesant sur l’ensemble des acteurs de ces filières, qui vise à prévenir et atténuer les impacts sociaux et environnements associés aux activités d’extraction et de transformation de ces minerais.

Ce contexte, porté par une dynamique de souveraineté qui se doit d’être soutenable et équitable, ne pourra se faire au détriment de l’Afrique. Il invite à reconsidérer de quelle manière les activités minières peuvent contribuer au développement durable des territoires et appelle à l’essor nécessaire de la mine responsable, inclusive et à impacts, en lien avec l’Afrique, partenaire naturel et essentiel de l’Europe.

Cela implique une action résolue des différentes parties prenantes, publiques comme privées, investisseurs, opérateurs et décideurs publics impliqués, afin de relever un défi de taille : tout mettre en œuvre pour que les projets miniers génèrent des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux partagés. 

Cette recherche systémique d’impacts positifs tout au long du cycle de vie d’un projet minier doit devenir ainsi la raison d’être de tout acteur, public comme privé. Cet impératif est autant une réponse pour l’atteinte des ODD, qu’une exigence devant créer la préférence à l’égard des acteurs les plus authentiquement engagés dans ces dynamiques.

Les solutions existent et sont déjà à l’œuvre. En témoignent, du coté de nos partenaires africains, la construction en cours du document très attendu de politique minière « développement durable du secteur minier ivoirien » pour le cycle 2020-2025. Les travaux du Forum Intergouvernemental sur les Mines (IGF) ont permis aussi de mettre à disposition des 75 pays impliqués un cadre de politique minière présentant les meilleures pratiques requises pour une gouvernance environnementale, sociale et économique du secteur minier.

Quand à la labellisation des mines responsables, cette piste vient de connaître une concrétisation inédite d’origine canadienne. Troilus Gold, établie à Toronto, est la première société junior se voyant décerné le Label Ecologo, qui constitue la première certification complète à l’intention des entreprises d’exploration minière et de leurs fournisseurs de services. Décerné par les Laboratoires des assureurs du Canada, agissant en qualité de tierce partie, il couvre l’ensemble du spectre des enjeux ESG, de l’impact environnemental à la sécurité, en passant par le bien être des communautés locales.

Autant de dynamiques qui posent les fondations de mines responsables, mais qui, pour prospérer, devront absolument s’accompagner : 

– d’une harmonisation toujours plus grande des codes miniers, articulés notamment en Afrique avec les cadres juridiques régionaux tels que l’Ohada ;

– d’un ajustement des dispositifs fiscaux favorisant le fléchage de la fiscalité extractive au niveau local, reposant sur une gouvernance équilibrée et transparente publique/privée et l’implication de tiers de confiance ;

– d’une uniformisation et d’un partage constant des bonnes pratiques en terme de local content, favorisant la coordination entre acteurs dans le cadre notamment de schéma territoriaux.

Pierre-Samuel Guedj,

Président & fondateur d’Affectio Mutandi

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