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CEDEAO : La Mauritanie revient… en restant dehors

 

La Mauritanie et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ont officiellement signé, le 16 août dernier, à Lomé, l’accord d’association conclu en mai dernier entre les deux parties.

le président mauritanien recevant le président de la commission de la cedeao Marcel de Souza

le président mauritanien recevant le président de la commission de la cedeao Marcel de Souza

L’organisation sous-régionale comptant désormais 16 membres (avec l’adhésion du Maroc) a fini par accepter que la Mauritanie s’en tienne à son statut d’Etat associé. Pourtant, en juin 2017, à Monrovia, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation communautaire avaient refusé de valider la requête mauritanienne qui a été invitée à introduire plutôt une demande de réadmission au sein de l’organisation qu’elle avait quittée en 2000, après en avoir été membre fondatrice en 1975.

Membre d’une Union du Maghreb arabe (UMA) qui hiberne depuis 1989, la Mauritanie refuse donc la réintégration pleine et entière de la CEDEAO pour des considérations purement politiques, même si Nouakchott est consciente que son intérêt économique est au sein de ce regroupement africain boosté par l’arrivée en son sein du Maroc. Ce vaste marché de 350 millions de personnes réparties à travers 15 pays, comptera désormais en son sein la population du royaume de près de 34 millions d’habitants (recensement de 2014).

Pour forcer la porte de l’organisation, la Mauritanie s’est appuyée sur la décision de la 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO des 28 et 29 mars 2014 qui a donné son aval à la Commission, l’instance exécutive, pour négocier un accord d’association avec la Mauritanie.

Mais Nouakchott devrait attendre le prochain sommet de la CEDEAO, prévu en décembre prochain à Lomé, pour véritablement se fixer sur son nouveau statut au sein de l’organisation. La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement est en effet la seule instance habilitée à donner une suite à cette procédure.

Un retour gagnant

Selon les dispositions de l’accord entériné lors de la visite qu’a conduite, du 2 au 5 mai à Nouakchott, Marcel A. de Souza, président de la Commission de l’organisation, les deux parties étaient parvenues à «un texte consensuel de l’accord d’association qui contribuera au rapprochement des populations de l’ensemble de la région Afrique de l’Ouest et au renforcement des relations économiques et commerciales entre les Etats membres de la CEDEAO et la Mauritanie», comme le détaillait le communiqué publié à la fin des négociations.

«A travers cet accord d’association, les deux parties se sont engagées à renforcer leur coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment l’institution du libre-échange, l’application du tarif extérieur commun, la promotion de la libre circulation des personnes, le développement d’une politique commerciale commune ; toutes choses devant favoriser l’accroissement des échanges à l’intérieur de la région et la création du marché commun de l’Afrique de l’Ouest». La CEDEAO et la Mauritanie se sont par la suite engagées à poursuivre les efforts en vue de la finalisation de la signature de cet accord de partenariat économique qui devrait également permettre au pays d’intégrer les négociations en cours pour un nouvel accord entre l’organisation et l’Union européenne (UE).

La suite des négociations s’annonce difficile. Les dossiers à discuter doivent être soumis à des exigences d’harmonisation et de convergence pour renforcer la libre circulation des biens et des personnes dans la sous-région. Il s’agit notamment de revoir les différents tarifs douaniers en plus d’intégrer la Mauritanie dans le processus entamé par la CEDEAO dans le cadre de la mise en œuvre d’un tarif extérieur commun (TEC-CEDEAO). L’objectif ultime est d’instaurer, à partir de janvier 2019, une zone de libre-échange entre la Mauritanie et les pays de la CEDEAO.

CEDEAO Diplomatie Libre échange

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