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Enseignant à l’origine, Sneiba Mohamed est venu au journalisme en 1998. Ancien rédacteur en chef de l'Essor (Mauritanie), il a animé de 2007 à 2012 une chronique politique au quotidien "L’Authentique" et collabore avec plusieurs agences en ligne (dont Sahara Médias). Il a effectué plusieurs stages à l'Institut de la Banque mondiale et au CAPJC de Tunis.
Ils transportent des céréales, du poisson, des légumes, des tissus ou des produits manufacturés d’un pays à l’autre. Souvent absents des grandes statistiques commerciales, les petits commerçants transfrontaliers constituent pourtant un rouage essentiel des économies africaines. Leur activité révèle un paradoxe : alors que l’intégration économique du continent progresse sur le plan institutionnel, une part importante des échanges quotidiens demeure insuffisamment mesurée et difficile à formaliser. Un commerce sous-estimé Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Dans une étude publiée en 2025, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à travers le Club du Sahel et de l’Afrique de…
Énergie, engrais, fret, inflation : le bras de fer entre Washington et Téhéran est en train de produire un choc économique mondial dont l’Afrique constitue l’un des principaux récepteurs. Mais derrière la vulnérabilité se dessine aussi une nouvelle géographie des opportunités. Le conflit qui prend l’allure de ni guerre ni paix depuis quelques mois se joue à des milliers de kilomètres des capitales africaines. Pourtant, il commence à se mesurer dans les stations-service de Nairobi, les factures d’électricité de Johannesburg, les budgets alimentaires du Caire et les comptes publics des pays importateurs de pétrole. Le bras de fer entre les…
L’Afrique a longtemps eu le talent des grandes déclarations. Elle a adopté des visions, signé des traités, créé des institutions et multiplié les sommets. Elle a aussi appris, souvent dans la douleur, que l’unité politique ne suffit pas à produire l’intégration économique. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) change précisément la nature du débat. La question n’est plus seulement de savoir si l’Afrique veut commercer avec elle-même. Elle est désormais de savoir si elle est capable de transformer cette ambition en réalité quotidienne pour ses entreprises, ses industriels, ses agriculteurs et ses consommateurs. Le basculement est important. En juillet…
Les rideaux viennent de tomber sur la Coupe du monde 2026. Le sacre de l’Espagne referme un mois de compétition qui aura, une fois encore, captivé des milliards de téléspectateurs à travers le monde. Mais, au-delà des performances sportives et des statistiques, l’heure est venue de dresser un autre bilan : celui de la transformation progressive de la plus grande compétition de football de la planète en une immense machine économique, médiatique et politique. Car si le spectacle n’a jamais été aussi grandiose, une question s’impose : le football est-il encore au cœur de la Coupe du monde, ou n’en est-il plus que le principal prétexte ?
L’histoire économique est parfois marquée par des ruptures silencieuses. La réduction spectaculaire de l’aide publique au développement (APD) observée depuis 2025 est de celles qui redessinent durablement les rapports entre l’Afrique et ses partenaires. Ce qui semblait hier un ajustement budgétaire apparaît aujourd’hui comme un changement de paradigme. Par Mohamed Sneiba Les chiffres sont éloquents. Selon l’OCDE, l’APD des principaux pays donateurs est passée de 215,1 milliards de dollars en 2024 à 174,3 milliards en 2025, soit une chute de 23,1 %, la plus forte jamais enregistrée. Les États-Unis, premier bailleur mondial, ont réduit leur aide de 56,9 %, expliquant…
Le Sénégal traverse en 2026 l’une des périodes les plus délicates de son histoire politique récente. Au moment où l’économie devait entrer dans une nouvelle phase portée par l’exploitation du pétrole et du gaz, la rupture ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a fait émerger une crise de gouvernance dont les conséquences dépassent largement le champ politique. Désormais, la consolidation budgétaire est confrontée à un risque supplémentaire : celui d’une paralysie institutionnelle susceptible d’éroder la confiance des investisseurs, de ralentir les réformes et de renchérir le coût du financement de l’État.
La récente visite à Nouakchott de Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, qui intervient quelques semaines après celle du général Berrid, inspecteur général des FAR (Forces armées royales), confirme une tendance lourde : la relation entre Mauritanie et Maroc est devenue l’un des partenariats les plus dynamiques du nord-ouest africain. Longtemps cantonnée à une coopération diplomatique classique, cette relation s’est progressivement transformée en un axe économique, logistique et stratégique appelé à jouer un rôle majeur dans la recomposition régionale.
Le débat économique africain contemporain ravive une tension structurante : faut-il privilégier un État fort, stratège et interventionniste, ou s’en remettre aux mécanismes du marché ? Derrière cette alternative se joue une interrogation plus fondamentale : comment produire de la croissance tout en assurant la cohésion sociale dans des économies encore fragiles ? Depuis les indépendances, l’Afrique a expérimenté ces deux modèles. Dans les années 1960–1970, plusieurs États — du Ghana à l’Algérie — ont adopté des stratégies étatiques « totalitaires ». L’État contrôlait parfois plus de 60 % de l’activité économique formelle dans certains pays. Mais ces modèles ont souvent…
Le conflit entre les «coalisés» USA-Israël et l’Iran dépasse largement le cadre militaire régional. Il agit comme un révélateur brutal des fragilités de l’économie mondiale, et en particulier de celles de l’Afrique. À travers les marchés énergétiques, les flux commerciaux et les équilibres financiers, le Continent encaisse une onde de choc dont les effets sont à la fois immédiats et structurels. Le premier canal de transmission est sans surprise le pétrole. Toute tension au Moyen-Orient fait bondir les prix, et l’Afrique, majoritairement importatrice de produits pétroliers raffinés, en subit directement les conséquences. La hausse du baril se répercute sur les…
Le marché de capitaux constitue un élément incontournable de la finance mondiale. Il existe environ 42 000 sociétés cotées en bourse dans le monde, représentant une valeur de marché de 117 000 milliards de dollars en 2024. Cela donne une idée de la tendance à la centralisation excessive des échanges d’actions et d’obligations à long terme. Essentiels au financement des économies et dominés de longue date par les États-Unis, le Japon et l’Europe, ces marchés connaissent aujourd’hui une croissance des pays émergents (notamment en Asie), malgré une diminution du nombre d’entreprises cotées dans les économies avancées. Entre 2000 et 2021,…
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