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Enseignant à l’origine, Sneiba Mohamed est venu au journalisme en 1998. Ancien rédacteur en chef de l'Essor (Mauritanie), il a animé de 2007 à 2012 une chronique politique au quotidien "L’Authentique" et collabore avec plusieurs agences en ligne (dont Sahara Médias). Il a effectué plusieurs stages à l'Institut de la Banque mondiale et au CAPJC de Tunis.

L’histoire économique est parfois marquée par des ruptures silencieuses. La réduction spectaculaire de l’aide publique au développement (APD) observée depuis 2025 est de celles qui redessinent durablement les rapports entre l’Afrique et ses partenaires. Ce qui semblait hier un ajustement budgétaire apparaît aujourd’hui comme un changement de paradigme. Par Mohamed Sneiba Les chiffres sont éloquents. Selon l’OCDE, l’APD des principaux pays donateurs est passée de 215,1 milliards de dollars en 2024 à 174,3 milliards en 2025, soit une chute de 23,1 %, la plus forte jamais enregistrée. Les États-Unis, premier bailleur mondial, ont réduit leur aide de 56,9 %, expliquant…

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Les fondamentaux des finances publiques demeurent fragiles. La dette publique reste élevée, oscillant autour de 75 à 80 % du PIB selon les dernières estimations, tandis que le déficit budgétaire continue d’évoluer entre 5 et 6 % du PIB. Les besoins annuels de financement dépassent 2 500 milliards de FCFA, dans un environnement international marqué par des taux d’intérêt durablement élevés. Le service de la dette absorbe désormais près du quart des recettes fiscales, réduisant considérablement les capacités de l’État à financer ses priorités économiques et sociales.

Le Sénégal traverse en 2026 l’une des périodes les plus délicates de son histoire politique récente. Au moment où l’économie devait entrer dans une nouvelle phase portée par l’exploitation du pétrole et du gaz, la rupture ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a fait émerger une crise de gouvernance dont les conséquences dépassent largement le champ politique. Désormais, la consolidation budgétaire est confrontée à un risque supplémentaire : celui d’une paralysie institutionnelle susceptible d’éroder la confiance des investisseurs, de ralentir les réformes et de renchérir le coût du financement de l’État.

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Les chiffres traduisent cette montée en puissance. Le Maroc figure désormais parmi les principaux partenaires commerciaux africains de la Mauritanie. Les échanges bilatéraux dépassent plusieurs centaines de millions de dollars par an, tirés par les exportations agroalimentaires, les matériaux de construction, les produits manufacturés et les services. Les investissements marocains sont visibles dans des secteurs clés : banques, assurances, télécommunications, immobilier, pêche et distribution.

La récente visite à Nouakchott de Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, qui intervient quelques semaines après celle du général Berrid, inspecteur général des FAR (Forces armées royales), confirme une tendance lourde : la relation entre Mauritanie et Maroc est devenue l’un des partenariats les plus dynamiques du nord-ouest africain. Longtemps cantonnée à une coopération diplomatique classique, cette relation s’est progressivement transformée en un axe économique, logistique et stratégique appelé à jouer un rôle majeur dans la recomposition régionale.

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Le débat économique africain contemporain ravive une tension structurante : faut-il privilégier un État fort, stratège et interventionniste, ou s’en remettre aux mécanismes du marché ? Derrière cette alternative se joue une interrogation plus fondamentale : comment produire de la croissance tout en assurant la cohésion sociale dans des économies encore fragiles ?   Depuis les indépendances, l’Afrique a expérimenté ces deux modèles. Dans les années 1960–1970, plusieurs États — du Ghana à l’Algérie — ont adopté des stratégies étatiques « totalitaires ». L’État contrôlait parfois plus de 60 % de l’activité économique formelle dans certains pays. Mais ces modèles ont souvent…

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Le conflit entre les «coalisés» USA-Israël et l’Iran dépasse largement le cadre militaire régional. Il agit comme un révélateur brutal des fragilités de l’économie mondiale, et en particulier de celles de l’Afrique. À travers les marchés énergétiques, les flux commerciaux et les équilibres financiers, le Continent encaisse une onde de choc dont les effets sont à la fois immédiats et structurels. Le premier canal de transmission est sans surprise le pétrole. Toute tension au Moyen-Orient fait bondir les prix, et l’Afrique, majoritairement importatrice de produits pétroliers raffinés, en subit directement les conséquences. La hausse du baril se répercute sur les…

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Le marché de capitaux constitue un élément incontournable de la finance mondiale. Il existe environ 42 000 sociétés cotées en bourse dans le monde, représentant une valeur de marché de 117 000 milliards de dollars en 2024. Cela donne une idée de la tendance à la centralisation excessive des échanges d’actions et d’obligations à long terme. Essentiels au financement des économies et dominés de longue date par les États-Unis, le Japon et l’Europe, ces marchés connaissent aujourd’hui une croissance des pays émergents (notamment en Asie), malgré une diminution du nombre d’entreprises cotées dans les économies avancées. Entre 2000 et 2021,…

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Cette véritable «révolution copernicienne» en matière de recouvrement repose sur une approche méthodique, alliant élargissement de l’assiette fiscale, amélioration de la collecte et lutte renforcée contre l’économie informelle. À cela s’ajoute une maîtrise accrue des dépenses publiques, notamment par la réduction progressive des exonérations fiscales et la rationalisation des dépenses de fonctionnement. L’objectif est clair : renforcer la transparence, améliorer l’efficacité budgétaire et inscrire les choix fiscaux dans une logique de soutenabilité à long terme, appuyée par des analyses régulières intégrées aux lois de finances.

Dans un contexte international marqué par le ralentissement économique, les tensions commerciales et l’incertitude géopolitique, la Mauritanie parvient à tirer son épingle du jeu sur le front des finances publiques. À contre-courant de la tendance mondiale, le pays enregistre une nette amélioration de ses recettes fiscales et douanières. Une performance qui n’a rien du hasard, mais résulte d’une profonde refonte de la stratégie de mobilisation des ressources internes, pilotée par le ministère des Finances et mise en œuvre par la Direction générale des Douanes (DGD) et la Direction générale des Impôts (DGI). Cette véritable «révolution copernicienne» en matière de recouvrement…

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En cette fin d’année 2025, les dernières prévisions sur l’économie mondiale se penchent, avec une prudence mesurée,  sur ce que sera 2026. S’il n’y a pas de réelles craintes de récession à l’échelle planétaire, les experts n’annoncent pas non plus de grands changements par rapport à 2025. La croissance du PIB réel mondial devrait rester modérée mais stable, à +2,8 % en 2025-2026. Les économies développées devraient connaître un léger ralentissement, la croissance passant de +1,8 % en 2025 à +1,7 % en 2026. En revanche, les économies émergentes devraient maintenir une croissance robuste de +4,1 % sur les deux années.…

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La «cohabitation» Diomaye-Sonko tient encore mais jusqu’à quand ? Porté à la présidence du Sénégal avec le score confortable de 54%, Bassirou Diomaye Faye, le candidat par défaut doit, incontestablement, ce succès éclatant à l’aura politique de son ami et ténor Ousmane Sonko «empêché» de se présenter par un Macky Sall qui était loin d’envisager le plan B du Pastef face au dauphin qu’il s’était choisi.

Au Sénégal, le slogan de la dernière campagne présidentielle, «Diomaye mooy Sonko,» a pris un sérieux coup de vieux à cause de la récente – et toujours actuelle – crise de légitimité politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si, au sein de la majorité présidentielle, et notamment du Pastef, on fait tout pour colmater les brèches et sauver les apparences d’un pouvoir bicéphale qui tient la barre, le processus de délégitimation politique du chef déclaré de l’Exécutif au profit du leader effectif du régime en place depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024 semble bien enclenché.

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Le communiqué publié par la Banque mondiale énonce les objectifs du CPF en mettant l’accent sur une «vision de développement à long terme de la Mauritanie telle qu’énoncée dans la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP 2016-2030),»elle-même étroitement alignée sur le troisième plan d’action quinquennal du gouvernement «conçu selon une approche centrée sur l’emploi.»

Le 26 novembre 2025, le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé un nouveau cadre de partenariat (CPF) avec la Mauritanie pour les exercices 2026 à 2030. La stratégie quinquennale dénommée «nouvelle stratégie de partenariat pour accélérer la diversification économique au service de la croissance et de l’emploi (EDGE) vise à accélérer la diversification économique pour favoriser la croissance et l’emploi. Elle se concentre donc de manière sélective sur quatre domaines de résultats clés : des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, des institutions renforcées et une gouvernance améliorée, des communautés mieux connectées et une population plus résiliente.

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