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Enseignant à l’origine, Sneiba Mohamed est venu au journalisme en 1998. Ancien rédacteur en chef de l'Essor (Mauritanie), il a animé de 2007 à 2012 une chronique politique au quotidien "L’Authentique" et collabore avec plusieurs agences en ligne (dont Sahara Médias). Il a effectué plusieurs stages à l'Institut de la Banque mondiale et au CAPJC de Tunis.

Le débat économique africain contemporain ravive une tension structurante : faut-il privilégier un État fort, stratège et interventionniste, ou s’en remettre aux mécanismes du marché ? Derrière cette alternative se joue une interrogation plus fondamentale : comment produire de la croissance tout en assurant la cohésion sociale dans des économies encore fragiles ?   Depuis les indépendances, l’Afrique a expérimenté ces deux modèles. Dans les années 1960–1970, plusieurs États — du Ghana à l’Algérie — ont adopté des stratégies étatiques « totalitaires ». L’État contrôlait parfois plus de 60 % de l’activité économique formelle dans certains pays. Mais ces modèles ont souvent…

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Le conflit entre les «coalisés» USA-Israël et l’Iran dépasse largement le cadre militaire régional. Il agit comme un révélateur brutal des fragilités de l’économie mondiale, et en particulier de celles de l’Afrique. À travers les marchés énergétiques, les flux commerciaux et les équilibres financiers, le Continent encaisse une onde de choc dont les effets sont à la fois immédiats et structurels. Le premier canal de transmission est sans surprise le pétrole. Toute tension au Moyen-Orient fait bondir les prix, et l’Afrique, majoritairement importatrice de produits pétroliers raffinés, en subit directement les conséquences. La hausse du baril se répercute sur les…

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Le marché de capitaux constitue un élément incontournable de la finance mondiale. Il existe environ 42 000 sociétés cotées en bourse dans le monde, représentant une valeur de marché de 117 000 milliards de dollars en 2024. Cela donne une idée de la tendance à la centralisation excessive des échanges d’actions et d’obligations à long terme. Essentiels au financement des économies et dominés de longue date par les États-Unis, le Japon et l’Europe, ces marchés connaissent aujourd’hui une croissance des pays émergents (notamment en Asie), malgré une diminution du nombre d’entreprises cotées dans les économies avancées. Entre 2000 et 2021,…

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Cette véritable «révolution copernicienne» en matière de recouvrement repose sur une approche méthodique, alliant élargissement de l’assiette fiscale, amélioration de la collecte et lutte renforcée contre l’économie informelle. À cela s’ajoute une maîtrise accrue des dépenses publiques, notamment par la réduction progressive des exonérations fiscales et la rationalisation des dépenses de fonctionnement. L’objectif est clair : renforcer la transparence, améliorer l’efficacité budgétaire et inscrire les choix fiscaux dans une logique de soutenabilité à long terme, appuyée par des analyses régulières intégrées aux lois de finances.

Dans un contexte international marqué par le ralentissement économique, les tensions commerciales et l’incertitude géopolitique, la Mauritanie parvient à tirer son épingle du jeu sur le front des finances publiques. À contre-courant de la tendance mondiale, le pays enregistre une nette amélioration de ses recettes fiscales et douanières. Une performance qui n’a rien du hasard, mais résulte d’une profonde refonte de la stratégie de mobilisation des ressources internes, pilotée par le ministère des Finances et mise en œuvre par la Direction générale des Douanes (DGD) et la Direction générale des Impôts (DGI). Cette véritable «révolution copernicienne» en matière de recouvrement…

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En cette fin d’année 2025, les dernières prévisions sur l’économie mondiale se penchent, avec une prudence mesurée,  sur ce que sera 2026. S’il n’y a pas de réelles craintes de récession à l’échelle planétaire, les experts n’annoncent pas non plus de grands changements par rapport à 2025. La croissance du PIB réel mondial devrait rester modérée mais stable, à +2,8 % en 2025-2026. Les économies développées devraient connaître un léger ralentissement, la croissance passant de +1,8 % en 2025 à +1,7 % en 2026. En revanche, les économies émergentes devraient maintenir une croissance robuste de +4,1 % sur les deux années.…

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La «cohabitation» Diomaye-Sonko tient encore mais jusqu’à quand ? Porté à la présidence du Sénégal avec le score confortable de 54%, Bassirou Diomaye Faye, le candidat par défaut doit, incontestablement, ce succès éclatant à l’aura politique de son ami et ténor Ousmane Sonko «empêché» de se présenter par un Macky Sall qui était loin d’envisager le plan B du Pastef face au dauphin qu’il s’était choisi.

Au Sénégal, le slogan de la dernière campagne présidentielle, «Diomaye mooy Sonko,» a pris un sérieux coup de vieux à cause de la récente – et toujours actuelle – crise de légitimité politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si, au sein de la majorité présidentielle, et notamment du Pastef, on fait tout pour colmater les brèches et sauver les apparences d’un pouvoir bicéphale qui tient la barre, le processus de délégitimation politique du chef déclaré de l’Exécutif au profit du leader effectif du régime en place depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024 semble bien enclenché.

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Le communiqué publié par la Banque mondiale énonce les objectifs du CPF en mettant l’accent sur une «vision de développement à long terme de la Mauritanie telle qu’énoncée dans la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP 2016-2030),»elle-même étroitement alignée sur le troisième plan d’action quinquennal du gouvernement «conçu selon une approche centrée sur l’emploi.»

Le 26 novembre 2025, le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé un nouveau cadre de partenariat (CPF) avec la Mauritanie pour les exercices 2026 à 2030. La stratégie quinquennale dénommée «nouvelle stratégie de partenariat pour accélérer la diversification économique au service de la croissance et de l’emploi (EDGE) vise à accélérer la diversification économique pour favoriser la croissance et l’emploi. Elle se concentre donc de manière sélective sur quatre domaines de résultats clés : des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, des institutions renforcées et une gouvernance améliorée, des communautés mieux connectées et une population plus résiliente.

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«Le monde n’attend pas l’Afrique ; par conséquent, l’Afrique ne doit pas attendre le monde. » Par ces mots, Donald Kaberuka a donné le ton de la 9ᵉ Conférence Babacar Ndiaye, organisée en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Lors de la 9ᵉ Conférence Babacar Ndiaye à Washington, l’ancien président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a lancé un vibrant appel à la construction d’institutions africaines fortes, coordonnées et souveraines, capables de redéfinir la place du continent dans un monde en pleine fragmentation. «Le monde n’attend pas l’Afrique ; par conséquent, l’Afrique ne doit pas attendre le monde. » Par ces mots, Donald Kaberuka a donné le ton de la 9ᵉ Conférence Babacar Ndiaye, organisée en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington. Un appel à l’autonomie africaine L’ancien président de…

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