Les images de Bally Bagayoko tentant de calmer les tensions entre des jeunes manifestants et les forces de l’ordre lors du cortège parisien du 6 octobre ont fait le tour du monde. Le maire insoumis a pris la parole dans plusieurs médias pour raconter ce moment devenu viral.
Très engagé aux côtés des lycéens depuis le début de leur mobilisation, le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko est désormais devenu un symbole du soutien de la contestation française à travers le monde.
L’élu a été aperçu mardi 6 octobre dans la manifestation parisienne qui a réuni des milliers de personnes. Mais alors que des tensions ont commencé à apparaître entre des jeunes manifestants et les forces de l’ordre, l’édile LFI s’est dressé entre les deux groupes et a tenté de calmer la situation. « Arrêtez ! Reculez ! Arrêtez de pousser ! », a-t-il crié au milieu des bousculades et alors que les policiers avançaient vers les jeunes.
Une «icône de la révolte étudiante»
« Ils ont décidé de charger et de s’en prendre aux lycéens, dont la plupart n’ont montré aucune agressivité quelle qu’elle soit envers les agents de police », a raconté Bally Bagayoko à Reuters.
Cette image d’un élu de la République française au milieu des heurts n’a pas manqué de faire réagir au-delà de nos frontières. El Mundo décrit un homme devenu une « icône de la révolte étudiante » après ces bousculades. CNN parle d’un maire qui a « utilisé son corps comme bouclier pour protéger les étudiants de la police anti-émeutes. »
Auprès de CNN, Bally Bagayoko estime aussi que la police s’est « contenue » après l’avoir « identifié », bien qu’il ne portait pas son écharpe d’élu à ce moment-là. En regardant la vidéo virale, il a tenu à saluer également la façon dont les jeunes « n’ont pas répondu » aux pressions de la police. « Je ne me suis pas senti en danger », assure le maire insoumis auprès du média américain.
De Paris à Pékin, la vidéo fait le tour du monde
Les images ont été reprises également par le portail d’actualités brésilien G1, le média britannique BBC, le média digital argentin El Canciller, la télévision saoudienne Al-Arabiya ou encore la chaîne péruvienne Teledos.
«Les appels à la désescalade n’ont pas pris», déplore Bally Bagayoko
Finalement, après ce moment de tension, les forces de l’ordre ont décidé de disperser le groupe. « À un moment donné, il y a un jet de bombes lacrymogènes », se souvient Bally Bagayoko dans son entretien avec Reuters. « On est tous là, asphyxiés là-dedans. On se retrouve à avoir des policiers nationaux qui en fin de compte ont reculé, mais qui étaient à deux doigts en réalité d’en découdre avec les lycéens qui étaient présents », dénonce-t-il.
« Il y a ce côté agacé de constater que tous les appels à la désescalade en fin de compte n’ont pas pris, parce que ceux qui sont ici sont déterminés, ont envie d’en découdre avec ces lycéens qui sont mineurs pour une grande partie d’entre eux », poursuit Bally Bagayoko.
Là encore, les images du maire qui reçoit des gouttes de solution saline dans les yeux après avoir fait face aux gaz lacrymogènes ont fait le tour du monde. La vidéo de l’élu se faisant soigner a été reprise par le média italien La Stampa, la version anglaise d’Al Jazeera mais aussi la version chinoise de la BBC.
Même TMZ n’a pas raté le coche
Même le média américain TMZ, qui traite l’actualité des stars, a repris les images du maire sur X, accompagnées par ailleurs d’un émoji cœur.
Les photos et vidéos de ce moment ont aussi été reprises par des comptes sur les réseaux sociaux très populaires auprès des jeunes du monde entier, comme Pop Base, un compte X américain d’actualités et de divertissement, généralement sur la pop culture, les tendances du moment et les célébrités.
Nouvelle mobilisation attendue ce jeudi
Une nouvelle mobilisation, dite « acte IV », est attendue ce jeudi 8 octobre. Elle devrait réunir des lycéens, mais aussi des étudiants ou encore des personnels de l’Éducation nationale. Bally Bagayoko n’a pas encore annoncé s’il viendra à la rencontre des manifestants comme il en a l’habitude, ni où exactement il se rendra.
Avec médias





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