Tous les articles qui parlent de France

AFRIMAG : Votre parcours personnel semble placé sous le signe du croisement culturel. Est-ce ce qui vous a conduit à vous intéresser à l'interculturalité ? Alexandre Wong : Je suis chinois par mon père et français par ma mère. Ce métissage a toujours représenté pour moi l'opportunité de ne pas rester prisonnier d'une identité figée et fermée. Pour autant, je ne me considère pas comme universel : je sais que j'appartiens à ces deux cultures, notamment à travers des expériences très concrètes. J'ai vu mes parents préparer des plats cantonais ou provençaux, et je continue moi-même à les cuisiner pour en retrouver le goût.

RSE, interculturalité et savoirs locaux : penser le développement à partir des territoires Philosophe, consultant et spécialiste de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de l'interculturalité, Alexandre Wong s'intéresse aux effets de la rencontre entre modèles de gouvernance, cultures et savoirs locaux. Dans cet entretien, il revient sur son parcours et s'interroge sur la manière dont les modèles contemporains de RSE peuvent se transformer au contact des réalités culturelles et territoriales africaines. Cet exercice s'inscrit dans la réflexion que je développe (Benoist Mallet Di Bento) autour de l'intelligence culturelle, des territoires et des relations entre cultures. Je propose ici un dialogue avec Alexandre Wong autour d'une question centrale : que se passe-t-il lorsque des modèles conçus dans un contexte culturel donné rencontrent d'autres systèmes de valeurs, de normes et de savoir-faire ?

Le chiffre résume le problème. En une génération, la part de la France dans le commerce africain est tombée de 15 % à 7,5 %, rappelle l'auteur. Une érosion qu'il refuse d'attribuer à la concurrence chinoise, turque ou indienne : pour lui, elle procède d'abord d'erreurs françaises accumulées. Paternalisme persistant, héritage mémoriel mal traité, engagements militaires dans l'impasse, politique d'aide épuisée et, au bout du compte, absence de récit positif capable de fonder une relation nouvelle.

Trente ans de terrain sur le continent n'ont laissé à Pascal Lorot aucun doute : le fossé entre l'Afrique réelle et l'image qu'en gardent les élites françaises s'est creusé au point de devenir béant. Dans Adieu Afrique. Histoire d'une rupture fatale (éditions Fayard), l'essayiste livre un diagnostic sévère de l'éloignement franco-africain, tout en refusant de considérer cette rupture comme définitive. Sa conviction : il reste possible de renouer, à condition de passer d'une relation de tutelle à un partenariat entre égaux.

Le compte à rebours est lancé. En dévoilant, le 20 juillet, sa nouvelle feuille de route industrielle, Eramet anticipe le changement de paradigme imposé par le Gabon. Le pays, deuxième producteur mondial de manganèse, entend mettre fin aux exportations de minerai brut à partir de 2029 afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par ses ressources minières.

À l'approche de l'interdiction des exportations de minerai brut annoncée par Libreville pour 2029, Eramet rebat ses cartes au Gabon. Le groupe français prévoit d'investir dans trois nouvelles unités de transformation du manganèse afin de renforcer sa présence industrielle et de s'ouvrir un accès à un marché encore embryonnaire mais stratégique : les matériaux destinés aux batteries des véhicules électriques.

Proparco, filiale du groupe Agence française de développement (AFD) dédiée au financement du secteur privé, a annoncé la nomination de Gonzague Monreal au poste de directeur du département Financements. Il rejoint simultanément le Comité exécutif de l’institution, marquant ainsi une étape majeure dans son parcours au sein de la banque de développement.

À 38 ans, Gonzague Monreal accède à l’un des postes les plus sensibles de Proparco. L’ancien patron de la division Institutions financières est nommé directeur du département Financements et fait son entrée au Comité exécutif. Une promotion qui intervient à un moment où les besoins de financement du secteur privé dans les pays émergents atteignent des niveaux historiques.

Les auditions des candidats ont permis de mesurer la diversité des parcours, des sensibilités et des propositions. Elles ont aussi révélé une question essentielle : au-delà des programmes présentés, quelle vision voulons-nous réellement porter pour la Francophonie du XXIᵉ siècle ?  

L’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie constitue un moment important pour l’avenir d’une organisation qui rassemble des peuples, des cultures et des continents. Cette élection intervient dans un contexte de profondes recompositions géopolitiques, d’accélération des mutations numériques, de transitions démographiques et climatiques, mais aussi de remise en question du multilatéralisme. Plus que jamais, la Francophonie est appelée à clarifier sa raison d’être et la contribution qu’elle souhaite apporter au monde.

Xavier Niel franchit une nouvelle étape dans la construction de son empire des télécommunications. Le 10 juillet, Vega, la holding d’investissement détenue par le groupe familial Niel, a signé un accord contraignant avec Emirates Telecommunications Group (e&) pour acquérir l’intégralité de sa participation dans Vodafone Group.

En rachetant les 16,2 % de Vodafone détenus par le groupe émirati e&, Xavier Niel s’apprête à devenir le premier actionnaire de l’opérateur britannique. Une opération de 4,4 milliards de livres sterling qui conforte son statut de poids lourd mondial des télécoms et lui ouvre une exposition accrue aux marchés africains, désormais au cœur de la stratégie de croissance de Vodafone.

Le timing ne doit rien au hasard. À peine un mois après la polémique née de l'exclusion de l'Afrique du Sud du sommet du G7 organisé en France, Cyril Ramaphosa a effectué, du 10 au 12 juillet, une visite officielle destinée à remettre les relations franco-sud-africaines sur de nouveaux rails.

Un mois après les tensions provoquées par l'absence de Pretoria au sommet du G7 organisé en France, Emmanuel Macron et Cyril Ramaphosa ont choisi de relancer leur partenariat. Au terme d'une visite officielle de trois jours à Paris du numéro 1 sud-africain, les deux dirigeants ont signé un nouvel accord stratégique, renforcé leur coopération économique et affiché une convergence sur les grands dossiers internationaux. Une séquence diplomatique qui marque un net réchauffement entre les deux capitales.

Proparco annonce la nomination d'Emmanuelle Riedel Drouin en qualité de directrice générale déléguée. Jusqu'ici directrice du département Financements et membre du comité exécutif depuis 2022, elle succède à Djalal Khimdjee et rejoint la direction générale aux côtés de Françoise Lombard, directrice générale, et de Jean-Baptiste Sabatié, directeur général délégué.

Proparco ouvre un nouveau chapitre de sa gouvernance avec la nomination d'Emmanuelle Riedel Drouin au poste de directrice générale déléguée. Forte de plus de 25 ans d'expérience dans la finance du développement et le financement du secteur privé, elle rejoint la direction générale de l'institution avec pour mission d'accélérer sa stratégie de croissance et de renforcer son impact dans les pays où elle intervient.

AFRIMAG : En 2024, vous avez été co-auteur du rapport d'information « Le français a encore son mot à dire. Propositions pour une francophonie multilatérale et coopérative. » Quelles étaient les principales recommandations et avez-vous eu le sentiment d'avoir été entendu ? Yan Chantrel : Il est important de rappeler que nous avions été missionnés par la Commission de la culture, de l'éducation, de la communication du Sénat et que ce travail a été fait avec l'ensemble des groupes. Il s'agissait de nourrir le Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts sous présidence française. Ce rapport a eu un premier impact aboutissant à de riches échanges avec le Gouvernement de l'époque. Mais nous partons du principe qu'il s'agit d'un travail sur le long terme et qu'un suivi est primordial pour que les recommandations deviennent des réalités.

Yan Chantrel est vice-président de la Commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport au Sénat. Il est également Président du Groupe d'études Francophonie et co-auteur d'un rapport sur la francophonie paru en octobre 2024. Parti travailler en 2011 au Québec, il souligne que cette expérience de vie « l'a ouvert à la diversité de la Francophonie qui est parfois perçue comme un concept abstrait en France.» Face à des menaces de coupes budgétaires affectant le budget de l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), il tire la sonnette d'alarme aux côtés de 70 parlementaires de sensibilités différentes.