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L’ancien patron de Credit Suisse, le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, a vu sa rémunération réduite après le scandale des filatures qui a secoué la banque, mais il aura tout de même perçu 10,7 millions de francs suisses (10 millions d’euros) en 2019, selon le rapport annuel publié mercredi.
Pour l’année écoulée, l’ancien patron du numéro deux du secteur bancaire helvétique a touché un salaire de base de 3 millions de francs suisses (2,8 millions d’euros), auquel se sont ajoutées plusieurs composantes variables, a détaillé le rapport.
Une partie de la part variable a été réduite à la suite de l’affaire de surveillance qui a éclaboussé la banque. Par rapport à l’année précédente, sa rémunération totale a baissé de 15%.
En février, M. Thiam a donné sa démission après une affaire à rebondissements qui avait démarré six mois plus tôt par des révélations dans la presse suisse sur la filature dont avait fait l’objet l’ancien directeur de la gestion internationale de fortune, Iqbal Kahn, après son départ pour la banque concurrente UBS.
En septembre, des journaux dominicaux avaient dévoilé une filature rocambolesque dans les rues de Zurich de cet ancien cadre de haut rang, pisté par une société de détectives privés.
Le mois suivant, le directeur opérationnel, Pierre-Olivier Bouée, avait donné sa démission, reconnaissant au terme d’une enquête interne avoir lui « seul » ordonné la filature, sans en informer sa hiérarchie, dans l’objectif de protéger les intérêts de la banque.
Il avait voulu s’assurer que l’ancien directeur de la gestion internationale de fortune ne cherchait pas à débaucher d’autres employés au profit de la concurrence, selon cette enquête interne, confiée à un cabinet d’avocats.
L’affaire avait rebondi en décembre lorsque la banque avait reconnu un second cas d’espionnage, concernant cette fois l’ancien directeur des ressources humaines, puis en février après des révélations dans la presse affirmant que la surveillance avait également visé l’organisation écologiste Greenpeace.
« M. Thiam a assumé la responsabilité de ces événements », et accepté une réduction de sa part variable, a écrit la banque dans son rapport de rémunération, qui a décidé de maintenir sa rémunération jusqu’à la fin de son contrat qui court jusqu’au 31 août.
La banque a tenu à reconnaître sa contribution à la restructuration de l’établissement, insistant sur le fait qu’il n’avait pas été directement impliqué dans ces filatures.
Il continuera à percevoir les rémunérations contractuelles jusqu’au 31 août 2020.

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