La Banque africaine de développement (BAD) renforce sa présence sur les marchés asiatiques. Le mercredi 28 octobre, l’institution panafricaine a levé 2 milliards de dollars hongkongais (HKD), soit environ 255 millions de dollars, à travers une obligation sociale de cinq ans à échéance novembre 2031. Une opération plus modeste que son emprunt de référence en dollars américains d’une semaine plus tôt, mais qui illustre une stratégie de diversification des sources de financement et des bases d’investisseurs.
Un deuxième passage à Hong Kong
La BAD a placé cette obligation sociale de 2 milliards de HKD, remboursable le 6 novembre 2031. Le prix d’émission a été fixé le même jour à 15 h 31 (heure de Hong Kong), à un coupon et un rendement de 4,143 %, au pair. C’est la deuxième opération publique de la banque sur le marché hongkongais cette année, sous la forme d’une obligation dite « Wonton », un instrument libellé en dollars hongkongais destiné aux émetteurs internationaux souhaitant toucher les investisseurs de la place.
En mars, la BAD avait déjà mobilisé 3 milliards de HKD sur une maturité de trois ans et trois mois, assortie d’un taux de 2,615 %. Cette fois, le montant est inférieur, mais la banque allonge nettement la durée de son financement sur ce marché.
Un carnet d’ordres à relativiser
L’opération a suscité des intentions de souscription supérieures à 3,4 milliards de HKD, de quoi ramener la marge de rémunération à zéro point de base au-dessus du taux de référence HIBOR mid-swaps, contre trois points annoncés à l’ouverture du carnet.
Ce niveau de demande mérite d’être nuancé. Sur le total des intentions, 2,05 milliards de HKD provenaient des banques chefs de file elles-mêmes. Il faut donc distinguer l’intérêt global affiché de la demande émanant des investisseurs extérieurs au syndicat.
La répartition des titres confirme le caractère très localisé du placement. Les investisseurs hongkongais ont absorbé 97 % de l’émission, le solde revenant au reste de l’Asie. Les trésoreries bancaires se sont taillé la part du lion, avec 91 % des allocations, les gestionnaires d’actifs se partageant les 9 % restants. HSBC et Standard Chartered ont piloté l’opération, dont le règlement est prévu le 6 novembre.
Le dollar américain reste la valeur sûre
Cette incursion hongkongaise intervient dans le sillage d’une opération autrement plus importante. Le 21 octobre, la BAD avait levé 2,5 milliards de dollars américains à travers un emprunt à échéance janvier 2030, assorti d’un coupon de 4,875 % et d’un rendement de 4,933 %. Le carnet d’ordres avait alors atteint 4,8 milliards de dollars, avec une contribution des chefs de file limitée à 50 millions d’intentions. À la différence du placement hongkongais, l’émission avait bénéficié d’une base d’investisseurs répartie entre l’Europe, les Amériques et l’Asie.
Deux opérations, deux logiques. Les émissions de référence en dollars permettent à la banque de mobiliser des volumes importants auprès d’un éventail géographique large. Les placements en monnaies asiatiques lui offrent, en parallèle, des relais de financement et d’élargissement de ses possibilités de refinancement.
La finance durable en toile de fond
Labellisée sociale, l’obligation hongkongaise s’inscrit dans le cadre de financement durable de la BAD, la deuxième émettrice d’obligations sociales parmi ses pairs multilatéraux. L’opération lui permet de conjuguer diversification géographique, allongement des maturités et mobilisation de capitaux associés à des objectifs sociaux.
Reste à savoir si ce marché, encore largement dominé par les investisseurs locaux et les trésoreries bancaires, offrira un jour à la banque une base de souscripteurs plus diversifiée. Pour l’heure, Hong Kong fonctionne comme un relais complémentaire, non comme une alternative aux grandes émissions internationales en dollars.











