Tiakola, Angelo Gopée, A’Salfo : les grandes figures de l’industrie musicale seront à Cotonou les 12 et 13 novembre prochains, pour la troisième édition du Salon des industries musicales d’Afrique (SIMA). Artistes, producteurs, dirigeants de plateformes, investisseurs et décideurs culturels : deux journées de débats, de rencontres professionnelles et d’échanges sur les nouveaux modèles économiques, la monétisation, l’influence et l’avenir des industries musicales africaines. Tour d’horizon des temps forts et des figures attendues.
Deux initiatives majeures pour structurer l’industrie
Cette édition sera marquée par deux temps forts inédits.
Le premier est le Sommet panafricain sur l’intelligence artificielle et le droit d’auteur, organisé avec la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC). Sous l’impulsion du Bénin, cette rencontre entend apporter une réponse collective aux bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle générative dans les industries créatives.
Selon les estimations des organisateurs, 22 milliards d’euros de revenus des créateurs pourraient être menacés sur cinq ans. Face à ce risque, les participants travailleront à une position africaine commune sur des questions essentielles : la transparence dans l’utilisation des données, le consentement des créateurs et la souveraineté culturelle.
Les travaux devraient aboutir à la « Déclaration de Cotonou », un document de position que le Bénin ambitionne de porter devant l’Union africaine en 2027, puis de défendre sur la scène internationale.
Autre temps fort, le lancement officiel, le 12 novembre, du premier réseau des femmes dans l’industrie musicale en Afrique subsaharienne. L’initiative vise à renforcer la visibilité, la représentation et les opportunités professionnelles des femmes, dont la contribution au secteur reste insuffisamment reconnue. Présentation d’une étude sur la place des femmes dans l’industrie musicale nigériane, perspectives du réseau, mise en relation des professionnelles et programme pilote d’accompagnement figurent au programme.
Les grands décideurs de l’industrie à Cotonou
Le SIMA 2026 réunira également plusieurs figures influentes de l’écosystème musical international.
La première arrivée en Afrique de Live Nation, géant mondial de l’organisation et de la promotion de spectacles, compte parmi les temps forts de cette édition. Angelo Gopée, directeur général de Live Nation France et du Midem, le grand rendez-vous international de l’industrie musicale, participera à un panel consacré au spectacle vivant, un levier de développement économique et de rayonnement des territoires.
La monétisation des musiques africaines, sujet très attendu, sera au cœur des échanges, avec la présence de l’artiste Tiakola, de Marc-André Niang (Warner Music) et d’Elvis Adidiema (Sony Music), qui confronteront leurs expériences à celles des sociétés de gestion collective.
Sur le plan institutionnel, le ministre béninois de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, ouvrira les réflexions sur les modèles de développement des industries créatives, aux côtés de la Fondation BOAD.
D’autres interventions sont attendues, dont celle de l’avocate d’affaires Amanda Uzoagba au panel « Tech × IA », consacré aux mutations technologiques de l’industrie musicale africaine. La productrice Binetou Sylla apportera son regard sur les métiers de l’ombre et leur contribution à la chaîne de valeur musicale.
Des artistes au cœur des enjeux économiques et sociaux
Plusieurs artistes de premier plan sont annoncés : A’Salfo, Tiakola, Suspect 95, Hiro et Singuila.
Au-delà de leurs performances, certains participeront aux réflexions sur l’avenir du secteur. Tiakola interviendra lors d’un « Industry Highlight » consacré à la monétisation des musiques en Afrique francophone, juste avant le panel dédié à cette question.
Autre sujet fort : la santé mentale dans les industries musicales. Suspect 95 et Pit Baccardi échangeront sur cette question encore peu abordée, pourtant essentielle dans les parcours des artistes et des professionnels de la musique.
Formation, innovation et opportunités d’affaires
Le programme ne se limite pas aux conférences et aux panels. Des masterclass et des sessions thématiques approfondiront plusieurs sujets stratégiques : la musique à l’image, la musique comme instrument de stratégie d’influence des pays, les mécanismes de viralité, ainsi que la propriété et la gestion des catalogues musicaux (droits, métadonnées, codes ISRC).
Le lancement au Bénin de « Boost by SIMA », programme intensif et certifiant dédié aux métiers clés de l’industrie musicale, viendra enrichir cette édition. Porté par le SIMA, il vise à renforcer les compétences et à accompagner la professionnalisation des acteurs de l’écosystème musical béninois.
Des rencontres B2B avec des programmateurs sont prévues pour favoriser les collaborations et transformer les échanges en opportunités concrètes.
Cotonou, carrefour des décisions de l’industrie musicale africaine ?
Avec cette troisième édition, le SIMA affiche une ambition qui dépasse celle d’un rendez-vous de célébration : réfléchir aux mécanismes de création, de protection et de redistribution de la valeur générée par les talents du continent.
Les 12 et 13 novembre, Cotonou entend s’imposer comme une vitrine des musiques africaines, mais aussi comme un espace de dialogue, de négociation et de décision pour l’avenir d’une industrie.





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