L’enseigne hôtelière suisse s’apprête à poser ses valises à Bonanjo, avec un palace de 214 chambres et suites. Mais derrière le futur Kempinski Shekinah Palace se cache une opération immobilière bien plus vaste, portée par l’homme d’affaires camerounais Rodolphe Simo Kam.
Après Brazzaville, Kempinski poursuit son offensive en Afrique centrale. À Douala, l’enseigne suisse doit exploiter le futur Kempinski Shekinah Palace Douala Bonanjo, dont la première pierre a été posée le 25 septembre 2026. Le complexe représente un investissement de 339,40 millions d’euros, soit 222,62 milliards de FCFA.
L’opération est toutefois loin d’être un simple projet hôtelier. Le développement est assuré par All Luxury Suites Group (ALS Group), dirigé par l’homme d’affaires camerounais Rodolphe Simo Kam. Kempinski Hotels interviendra, pour sa part, comme opérateur de l’établissement.
140 millions d’euros de dette
Le montage financier donne une idée de la taille du pari. Quelque 140,70 millions d’euros, soit 92,30 milliards de FCFA, doivent être mobilisés sous forme de dette senior, représentant 41,50 % du coût total du projet.
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), Afreximbank et BGFIBank figurent parmi les institutions associées au financement. BGFIBank Cameroun intervient notamment comme arrangeur et agent de financement. Le détail des engagements respectifs des prêteurs et des décaissements déjà réalisés n’est toutefois pas précisé.
À cette dette s’ajoutent 157,50 millions d’euros de fonds propres apportés par les associés, ainsi que 41,20 millions d’euros provenant notamment de ventes immobilières et d’autres ressources prévues dans le montage.
Un palace au milieu d’un complexe multifonctionnel
À Bonanjo, quartier administratif et d’affaires de Douala, l’hôtel ne sera que la pièce maîtresse d’un ensemble immobilier développé sur près de deux hectares. Le programme prévoit 214 chambres et suites, mais aussi 35 appartements hôteliers, environ 17 000 m² de bureaux, une salle de conférence de 2 000 places, des espaces commerciaux, cinq restaurants, cinq bars, une galerie d’art et 600 places de parking.
Autrement dit, ALS Group ne mise pas uniquement sur les nuitées. Le modèle économique repose également sur les bureaux, les appartements, le commerce, la restauration et l’événementiel. Sur les 339,40 millions d’euros mobilisés, 268,90 millions doivent financer les dépenses d’investissement. Les frais financiers sont estimés à 35,50 millions d’euros, tandis qu’environ 35 millions sont consacrés au développement du projet et au foncier.
Sept ans entre les premières études et le chantier
Le projet aura pris son temps. Les premières études remontent à juin 2019, selon le calendrier présenté par ALS Group. Kempinski a été sélectionné comme opérateur hôtelier en août 2020, avant l’obtention du permis de construire en décembre 2022.
En novembre 2025, ALS Group a confié la réalisation des travaux à China Machinery Engineering Corporation (CMEC). Le chantier, lancé en septembre 2026, doit s’étaler sur 36 mois, dont 31 mois de construction et cinq mois consacrés à l’équipement.
Le promoteur avance environ 3 000 emplois pendant la phase de chantier et 4 000 emplois directs et indirects à terme. Des projections qui restent, à ce stade, celles d’ALS Group.
Le pari du haut de gamme
Le complexe est destiné à se positionner sur le segment premium. Lors du lancement, Rodolphe Simo Kam a présenté le projet comme participant à sa vision d’un Cameroun appelé à devenir une « mine d’or touristique. »
Pour Kempinski, l’opération marque surtout une nouvelle étape dans son retour en Afrique centrale après Brazzaville. Le groupe suisse apporte son enseigne et son expertise d’exploitation ; l’investissement immobilier, le financement et le risque de développement restent, eux, entre les mains d’ALS Group et de ses partenaires.





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