Une nouvelle journée nationale instaurée par le Roi Mohammed VI vient enrichir le calendrier commémoratif du Royaume. Associée aux évolutions diplomatiques autour de la question du Sahara, cette date traduit la volonté des autorités marocaines d’inscrire une séquence importante de l’histoire récente du pays dans la mémoire collective nationale.

RABAT – Le Maroc célèbre, ce 31 octobre 2026, la première édition de la Fête de l’Unité (Aïd Al Wahda), une nouvelle journée nationale instaurée par le Roi Mohammed VI et intégrée au calendrier des fêtes officielles du Royaume.
Cette commémoration intervient dans un contexte marqué par plusieurs évolutions diplomatiques autour de la question du Sahara occidental. Pour les autorités marocaines, le choix de cette date vise à consacrer un moment considéré comme important dans l’évolution du dossier et dans les efforts déployés par le Royaume pour défendre son intégrité territoriale.
Au-delà de sa dimension symbolique, cette nouvelle célébration s’inscrit dans une démarche visant à inscrire les évolutions politiques et diplomatiques récentes dans le récit historique national.
Une date à forte portée symbolique
Le choix du 31 octobre fait référence à l’adoption, à la même date en 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies relative à la question du Sahara occidental.
À Rabat, cette résolution a été accueillie comme une avancée diplomatique significative et interprétée par les autorités marocaines comme une évolution favorable à leur initiative d’autonomie. Elle est intervenue après plusieurs années d’activité diplomatique marquées notamment par l’ouverture de représentations consulaires dans les provinces du Sud et par le soutien exprimé par plusieurs États au plan marocain d’autonomie.
L’instauration d’une fête nationale à cette date traduit ainsi la volonté des pouvoirs publics d’ancrer cet épisode dans la mémoire collective du pays, aux côtés d’autres grandes commémorations nationales, telles que la Fête de l’Indépendance et l’anniversaire de la Marche Verte.
La portée de cette résolution doit toutefois être replacée dans le cadre du processus politique conduit sous l’égide des Nations Unies. Si elle constitue une référence importante dans la lecture marocaine des évolutions diplomatiques, la recherche d’une solution politique durable à la question du Sahara occidental demeure inscrite à l’agenda international.
Une séquence diplomatique en évolution
Cette première célébration intervient dans un contexte de recomposition des positions internationales autour de la question du Sahara occidental.
Au cours des dernières années, plusieurs capitales ont exprimé leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, présentée par Rabat comme une base de règlement du différend. Ces évolutions diplomatiques ont contribué à renforcer la position internationale du Maroc sur ce dossier.
Dans le même temps, les discussions au sein des instances multilatérales se poursuivent, notamment dans le cadre des Nations Unies, où les efforts de recherche d’une solution politique mutuellement acceptable restent au cœur du processus.
Pour plusieurs observateurs, ces évolutions témoignent d’une recomposition progressive des équilibres géopolitiques dans l’espace maghrébin et sahélo-atlantique. Les dimensions économiques, sécuritaires et énergétiques occupent désormais une place croissante dans les relations entre les pays de la région et leurs partenaires internationaux.
Cette évolution confère à la question du Sahara une dimension qui dépasse le seul cadre territorial et diplomatique, en la reliant aux enjeux de coopération régionale, de développement et de stabilité.
Une célébration portée par les institutions
L’instauration de la Fête de l’Unité s’inscrit dans une démarche institutionnelle engagée à la suite de son annonce par le Cabinet royal en novembre 2025. Les dispositions réglementaires nécessaires à son intégration dans le calendrier des jours fériés ont ensuite été examinées et approuvées par les instances gouvernementales compétentes.
À l’occasion de cette première édition, plusieurs initiatives institutionnelles viennent accompagner la commémoration.
Le Roi Mohammed VI a notamment accordé une grâce royale à des personnes condamnées, dans le cadre des mesures traditionnellement annoncées à l’occasion de certaines grandes célébrations nationales.
De son côté, Bank Al-Maghrib a émis une pièce commémorative de 250 dirhams en argent dédiée à la Fête de l’Unité. Cette émission numismatique participe à la dimension institutionnelle de l’événement et constitue un support matériel de sa mémoire.
Ces initiatives illustrent la manière dont les institutions publiques accompagnent l’inscription d’une nouvelle date dans le calendrier commémoratif national.
Les provinces du Sud au cœur des enjeux de développement
La célébration du 31 octobre offre également l’occasion de mettre en perspective la place des provinces du Sud dans les politiques publiques de développement territorial.
Ces régions occupent une position importante dans les stratégies nationales relatives aux infrastructures, aux énergies renouvelables, à l’économie bleue et au renforcement des échanges avec l’Afrique subsaharienne.
Au cours des dernières décennies, plusieurs projets d’aménagement et d’investissement ont été engagés dans ces territoires, notamment dans les domaines portuaire, routier, énergétique et économique.
Pour les autorités marocaines, ces investissements s’inscrivent dans une vision de développement territorial visant à renforcer l’attractivité économique des provinces du Sud et leur intégration dans les grands corridors commerciaux reliant le Maroc à son environnement africain et atlantique.
La commémoration constitue ainsi une occasion de rappeler les enjeux économiques et sociaux associés à ces territoires, au-delà de leur dimension politique et diplomatique.
Une nouvelle étape dans la construction du récit national
Au-delà de son caractère commémoratif, la Fête de l’Unité illustre la manière dont les États façonnent leurs références collectives en intégrant certains événements contemporains au patrimoine symbolique national.
Pour les autorités marocaines, cette célébration vise à renforcer les marqueurs de cohésion nationale autour de l’intégrité territoriale du Royaume. Elle traduit également l’importance accordée à la dimension mémorielle dans la conduite de l’action publique et dans la présentation des évolutions diplomatiques du pays.
Pour les observateurs, l’institution de cette nouvelle journée nationale témoigne aussi du rôle croissant des symboles et des commémorations dans la construction du récit politique et historique des États.
Avec cette première édition, le 31 octobre s’installe ainsi comme un nouveau rendez-vous du calendrier commémoratif marocain, à la croisée de l’histoire nationale, des enjeux institutionnels et des évolutions diplomatiques autour de la question du Sahara occidental.


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