Le Conseil d’administration de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Sucre (FIMASUCRE) a validé, le 14 octobre 2026 à Rabat, le programme de la campagne agricole 2026-2027. Une feuille de route ambitieuse, portée par un contexte hydrique enfin favorable et des investissements massifs, qui vise à améliorer durablement la productivité de la filière et les revenus des agriculteurs.
L’interprofession du sucre a des raisons d’être optimiste. Les barrages alimentant les cinq périmètres sucriers affichent un taux de remplissage moyen de 67 %, contre 32 % à la même période l’an dernier. Un répit hydrique qui permet d’envisager sereinement la nouvelle campagne, dont les plantations de canne à sucre ont démarré le 20 août 2026, suivies des semis de betterave le 15 septembre.
Une campagne de tous les records
Le programme arrêté par le Conseil porte sur une superficie totale de 63 000 hectares consacrée aux plantes sucrières. Il comprend 60 000 hectares de betterave à sucre — répartis entre le Doukkala (18 500 ha), le Tadla (15 500 ha), le Gharb (15 000 ha), le Loukkos (6 000 ha) et la Moulouya (5 000 ha) — et 3 000 hectares de nouvelles plantations de canne à sucre dans le Gharb (2 000 ha) et le Loukkos (1 000 ha). Une dynamique qui devrait générer plus de 3 milliards de dirhams de retombées économiques pour les régions concernées.
L’État et COSUMAR au chevet des producteurs
Le Conseil a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs, à commencer par l’État, qui accorde une aide de 70 dirhams par tonne de canne à sucre et de 80 dirhams par tonne de betterave. S’y ajoutent la subvention des engrais et l’annulation des dettes des agriculteurs sinistrés du Gharb et du Loukkos, des mesures financées par l’État et le Groupe COSUMAR pour un montant global de 425 millions de dirhams. Le Conseil a également exprimé sa pleine solidarité avec les agriculteurs touchés par les inondations survenues dans ces deux régions lors de la campagne précédente.
Dans le cadre du modèle d’agrégation, COSUMAR a mobilisé près de 800 millions de dirhams pour garantir l’approvisionnement des agriculteurs en intrants (semences, engrais et produits phytosanitaires), et mis à leur disposition plus de 120 conseillers agricoles pour un encadrement technique de proximité.
La mécanisation et le digital au service de la compétitivité
Les membres de la Fédération ont convenu d’une feuille de route visant à améliorer la productivité et à accroître la production nationale. Celle-ci prévoit notamment la poursuite de la mécanisation des cultures sucrières, COSUMAR ayant consacré 120 millions de dirhams au renforcement et au renouvellement du parc de matériel agricole, conjuguée à la révision des incitations du Fonds de Développement Agricole, afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre.
L’interprofession entend également introduire de nouveaux équipements pour la plantation de la canne à sucre et le désherbage de la betterave, renforcer la recherche et développement, poursuivre les essais de betterave de printemps et accélérer la digitalisation des cultures grâce aux drones, à la plateforme « ATTAISSIR » et aux techniques d’irrigation intelligente. Enfin, près de 270 millions de dirhams ont été mobilisés pour accompagner la modernisation des usines.
Un enjeu de souveraineté alimentaire
Le Conseil a insisté sur la nécessité d’assurer la pérennité de la filière sucrière, au regard de son rôle stratégique dans le développement des régions et de sa contribution à la production du sucre, produit essentiel pour les ménages comme pour l’industrie agroalimentaire. Les membres de la Fédération ont enfin salué le soutien constant des départements ministériels concernés, en particulier du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, ainsi que de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER).
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