Tous les articles qui parlent de Diplomatie économique

L'analyse systématique de 101 événements diplomatiques, économiques et sécuritaires survenus entre 2010 et 2026 révèle une asymétrie structurelle frappante. Le Maroc maintient un taux de coopération de 100 % avec l'ensemble du bloc sahélien (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad). L'Algérie, de son côté, affiche un taux global de 78 %, plombé par une rupture avec le Mali. Loin d'être un simple affrontement binaire, cette rivalité met en lumière deux modèles d'influence qui se concurrencent.

Longtemps cantonnée aux contentieux frontaliers et à la question du Sahara marocain, la rivalité entre le Maroc et l'Algérie a trouvé dans le Sahel en recomposition un nouveau champ de bataille géopolitique. Face au vide laissé par le retrait français et à la montée en puissance de la Russie, Rabat et Alger déploient des stratégies radicalement différentes. Entre l'offensive économico-diplomatique marocaine et le paradigme sécuritaire historique d'Alger, les États sahéliens apprennent désormais à instrumentaliser cette compétition à leur avantage. Il fut un temps où la rivalité entre le Maroc et l'Algérie se jouait principalement dans les couloirs de l'Union africaine ou sur la ligne de démarcation du Sahara marocain.

Le Bénin et le Maroc ont signé, mardi 21 juillet à Cotonou, quatorze accords de coopération à l'occasion de la 7ᵉ session de leur Commission mixte. Si le communiqué conjoint ne détaille pas le contenu de ces textes, les discussions entre les deux délégations ont couvert un large éventail de domaines, allant des échanges économiques et commerciaux à la promotion des investissements, en passant par la coopération universitaire, la culture, la mobilité des personnes et la concertation sur les grands dossiers régionaux et internationaux.

À l'issue de la 7ᵉ Commission mixte de coopération, tenue à Cotonou, le Bénin et le Maroc ont franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales. Quatorze accords ont été signés pour consolider un partenariat qui mise sur les investissements, la mobilité, l'enseignement supérieur et l'intégration économique régionale.

Les États-Unis franchissent une nouvelle étape dans leur offensive numérique en Côte d’Ivoire. En visite à Abidjan les 15 et 16 juillet, le Secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Frank R. Garcia, a annoncé que le gouvernement ivoirien avait accordé son autorisation définitive à Starlink pour commercialiser ses services d’internet haut débit dans le pays.

À l’occasion de sa première tournée africaine depuis sa prise de fonctions, le Secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines, Frank R. Garcia, a dévoilé à Abidjan une série d’accords stratégiques dans les secteurs du numérique, de la santé, de l’éducation et de la logistique. Une séquence qui illustre la volonté des États-Unis de renforcer leur présence économique en Côte d’Ivoire, à travers plusieurs centaines de millions de dollars d’investissements.

Alors que le système international s'enlise dans ce que certains politologues qualifient de «monde multiplexe» (Achariya A2017) ; une configuration sui generis où la puissance militaire demeure concentrée tandis que la gouvernance mondiale se fragmente, le Maroc s'est progressivement imposé comme un «pivot systémique» de premier ordre.

En relisant un article d’un de mes professeurs feu Abdelhaï LAABI,(Les fonctions internes de la détente dans les systèmes politiques du triangle euro-arabo-africain : l’image oubliée de l’interdépendance Nord-Sud, Etudes internationales n 1 1980), il m’est venu l’idée d’étudier l’impact non pas de la détente mais cette fois des conflits post-guerre en Ukraine sur les acteurs du Sud de la Méditerranée et voir comment des pays comme le Royaume du Maroc naviguent les soubresauts du système international.

De Ninive à l’ère contemporaine, la concentration de richesse a toujours structuré pouvoir et vulnérabilité. Ninive - puissante capitale de l'Empire assyrien située dans l'actuel nord de l'Irak, sur la rive du Tigre face à Mossoul - tirait sa puissance du commerce, de la conquête et de la centralisation ; ses routes reliaient la Mésopotamie (actuel Irak), la Méditerranée et l’Anatolie (actuelle Turquie). Ses palais, jardins et infrastructures témoignaient du génie civil et technique de l’époque, illustrant comment la maîtrise industrielle et artistique pouvait soutenir la puissance d’une civilisation. Les sources bibliques racontent que cette ville a pu se réorienter vers le bien commun, offrant une métaphore intemporelle : la richesse, sans orientation guidée par la sagesse, est fragile et peut se retourner contre ceux qui la détiennent

Après le Togo, en mars dernier, c’est au tour du Bénin de signer, en ce mois de juillet, un partenariat de coopération militaire avec Moscou, officiellement destiné à lutter contre le terrorisme. Un accord qui facilite l’accès des navires militaires russes aux ports béninois et qui ouvre des perspectives économiques. Et l’ambassadeur russe au Bénin, Igor Evdokimov de rappeler que "contrairement aux États occidentaux qui parasitent les richesses du continent africain, la Russie offre un modèle de coopération basé sur le respect de la souveraineté et la prise en compte inconditionnelle des intérêts de chacun." Un narratif qui sied au contexte actuel.

Tandis que les puissances occidentales réévaluent leur rôle en Afrique de l’Ouest, la Russie s’impose comme un acteur incontournable. Entre accords militaires, partenariats énergétiques et soutien politique, Moscou tisse une toile d’influence dans le Sahel, redéfinissant les équilibres régionaux. Tour d’horizon d’une offensive diplomatique assumée